‹ Guide pratique des malades aux eaux de Vichy [electronic resource]Chapitre 15 sur 39 · MIS · texte numérisé non relu

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qu'à l'égard de celles du foie, c'est-à-dire résolutive et reçonstitutive par excellence, avec cette différence toutefois que les résultats de guérison, toutes choses égales d'ailleurs, en ce qui concerne la rate spécialement, sont moins nombreux et plus difficiles à obtenir que dans les maladies du foie.

jVJais ce qui nuit surtout à la résolution complète des engorgements de la rate,, ce sont les retours fréquents et plus ou moins prononcés, des accès de fièvre. J'ai vu ces accès faire reparaître, à la fin de la cure, des engorgements que les eaux avaient complètement dissipés. C'est pourquoi il ne faudra pas craindre d'administrer les préparations de quinquina aux fébricitants, en même temps que les eaux ; il faudra aussi qu'elles soient prises principalement en boisson, attendu que les bains favorisent en général le retour des accès.

Si cependant la fièvre ne revient pas, il est à peu près certain que l'engorgement qui en est la suite, s'il n'est ni trop ancien, ni trop volumineux, disparaîtra par l'effet des eaux, avec plus de facilité que ceux qui dépendent de toute autre cause.

Ce qu'il y a de remarquable ici, comme dans la plupart des malades qui viennent à Vichy, c'est que l'état général s'améliore encore, bien, que la rate reste dans le même état d'engorgement.

Il est admis aujourd'hui que l'engorgement de Ja rate est dû au sang qui s'est déposé dans les interstices de cet organe pendant la durée des accès. Le docteur Beau pense que le sang, altéré par l'infection paludéenne, frappe d'atonie et de relâchement le tissu contractile de la rate, l'élément vasculo-aréolaire, ainsi que la membrane d'enveloppe. Quant à l'élément glandulaire, il est comme fondu dans le tissu induré. Ce mode d'altération indique naturellement tous les avantages qu'on peut retirer de l'emploi des eaux de Vichy, attendu qu'en facilitant la circulation du sang, elles favorisent en même temps son retour dans le torrent de la circulation générale.

Le traitement dans les obstructions de la rate, comme dans les maladies du foie, doit être prolongé et modéré pour que les eaux puissent pénétrer plus profondément et agir avec plus d'efficacité, de même que s'il s'agissait d'un état cachectique.

Ces engorgements, comme ceux du foie, s'accompagnent presque toujours d'hydropisie ascites et d' œdème plus ou moins considérable ; il existe aussi parfois du côté de la peau une teinte terreuse et ictérique ; et la marche après les repas augmente toujours les douleurs spléniques. Il est rare, du reste, que cet engorgement ne coïncide pas avec celui du foie, par suite de la solidarité qui existe entre ces deux organes.

Causes. — Les causes de la maladie de la rate sont encore peu connues ; néanmoins, on ne peut révoquer en doute les effets produits sur cet organe par les accès de fièvre intermittente, le séjour dans des localités marécageuses et l'influence des pays chauds ; cette altération se fait remarquer surtout à la suite des fièvres provenant des pays où cette maladie est endémique, comme l'Afrique, la Rochelle, ou les environs de Rome.

Les malades de cette catégorie ne doivent pas ignorer que, d'après la connexité et les rapports intimes qui existent entre la rate, le foie et l'estomac, les causes qui influent sur ces derniers organes doivent agir sur elle d'une manière plus ou moins fâcheuse. Ils devront donc s'appliquer à éviter toutes les causes qui, comme nous l'avons vu plus haut, peuvent affecter ces organes, celles surtout qui sont de nature à rappeler les accès de fièvre, s'ils veulent, après avoir fait usage des eaux, soutenir ou rendre complète la guérison obtenue. Ils auront soin également de porter une ceinture de flanelle pour maintenir la rate, et de manger peu à chaque repas.

L' observation suivante démontrera mieux encore ce qu'on peut espérer de la puissance des eaux dans cette maladie.

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