SUITE DE FIÈVRES INTERMITTENTES
Observation. — M. C***, âgé de vipgt-six ans, après un séjour de cinq ans en Afrique, était tombé malade depuis dix-huit mois, par suite de diarrhées ou de fièvres intermittentes ; les accps avaient cessé depuis six mois environ avant son arrivée à Yichy, le 15 juillet 1847. Ce malade présente, à son entrée à l'hôpital, un embonpoint satisfaisant ; mais son ventre est trèsvolumineux, par suite d'un engorgement considérable de la rate, qui déborde les fausses côtes de quatre à cinq travers de doigt. Cette partie du ventre est très-douloureuse à la pression ; la marche et la respiration en sont également gênées. Son estomac étant très-fatigué, il boit pendant les quinze premiers jours à la source de l'Hôpital, et le reste du temps à la Grande-Grille ; la dose d'eau est élevée progressivement jusqu'à six verres par jour, avec un bain. Après un repos de quelques jours, vers les deux tiers du traitement, ce malade quitte Yichy, le 23 août, après avoir obtenu une grande amélioration. Le volume du ventre est bien diminué, mais on sent encore la rate indurée en dehors des fausses côtes ; cette région n'est plus douloureuse à la pression ; la marche et la respiration sont tout à fait libres, et l'état général est on ne peut plus satisfaisant.
L'année d'ensuite, je recevais de son médecin la lettre suivante :
« C***, traité à Yichy pour une hypertrophie considérable de la rate, contractée sous le climat d'Afrique, est revenu complètement guéri, et sa guérison s'est maintenue jusqu'à ce jour, 20 mai 1848. »
Le résultat des guérisons est ici moins satisfaisant que dans les maladies du foie, puisque, sur une moyenne de cent malades, la proportion est de trente-sept guéris, quarante-cinq soulagés et dix-huit restés dans le même état.