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DE L'ENGORGEMENT DE LA RATE AVEC DIATHÈSE OU CACHEXIE PALUDÉENNE

Comme maladie générale, dans les affections de la rate compliquées ou non d'engorgement du foie, on remarque presque toujours, pour peu que cet organe soit engorgé depuis un certain temps, des épanchements séreux plus ou moins considérables du ventre ou des extrémités inférieures. Ce phénomène accompagne et caractérise presque toujours cet état, auquel on donne le nom de cachexie paludéenne, caractérisée par une pâleur universelle, anémique, d' un jaune-paille, traînant une vie languissante, dont les traits du visage indiquent qu'un principe destructeur circule avec le sang. Dans cette diathèse, les fonctions sont particulièrement abais-

sées dans leur dynamisme physiologique ; il y a aussi une viciation générale des humeurs, une altération profonde de la nutrition, avec diminution de la Iplasticité du sang, perte des globules rouges et augmentation des globules blancs, altération qu'on a désignée sous le nom de leucocythémie. Cet état s'accompagne le plus ordinairement d'abondantes hémorrhagies passives, sous-cutanées ou nasales ; les hémorrhagies, chez ces malades , sont la conséquence d'une altération du sang produite par l'élaboration vicieuse de ce liquide par le foie et la rate malades ; les membranes muqueuses de la bouche et des gencives sont molles et à peine colorées; il existe également un dérangement plus ou moins apparent des fonctions digestives, d'où résulte, secondairement aussi, cette altération du sang avec toutes les conséquences pathologiques dont nous venons de parler ; c'està-dire que tous ces malades sont faibles, languissants, amaigris, digérant mal, essoufflés par le plus léger exercice, perdant beaucoup de sang par la plus légère piqûre.

L'opinion générale des médecins est que., dans ces sortes d'affections, là où le lymphatisme scorbutique domine, l'usage des alcalis doit être plus nuisible qu'utile. Mes observations, sous ce rapport, sont en opposition complète avec ce que les chimistes ont avancé, et contraire aux idées de la majorité des médecins. C'est une

erreur qui ne doit plus s'appliquer aujourd'hui au mode d'action des eaux minérales alcalines de Vichy, dont la thérapeutique doit être complètement débarrassée. Cette opinion, que les eaux sont contraires, peut être vraie toutes les fois que la détérioration de la constitution est le produit direct d'un travail morbide du tempérament lymphatique congénital ; mais il n'en est pas de même, comme nous allons le voir par l'observation suivante, à laquelle nous pourrions en ajouter beaucoup d'autres, lorsque cet état morbide général est le résultat du séjour dans un climat malsain, de digestions incomplètes, d'aliments de mauvaise nature , de souffrances organiques dépendantes d'une maladie, ou d'un gonflement porté à un degré plus ou moins élevé de la rate, du foie ou du système ganglionnaire, comme aussi de fièvres intermittentes rebelles -qui ont amené cette débilité de l'organisme. Ce n'est pas l'emploi des toniques pharmaceutiques, le quinquina, le quassia et les amers de toute sorte, ni le fer, qui formeront les globules du sang et qui répareront, de cette façon, les pertes que l'organisme a faites ; c'est avec une alimentation convenable que l'on rendra au malade ce que l'on est convenu d'appeler les forces vitales ; mais pour1 que les agents pharm aceutiques puissent modifier les organes et améliorer les fonctions dont le but est l'hématose, il faut avant tout disposer et réveiller

les forces vitales organiques de l'appareil digestif, que très-peu d'eaux minérales ont la propriété de reconstituer au même degré que les eaux de Vichy, ce que le quinquina, le quassiaou le fer n'auraient jamais pu faire. Cet état palustre peut exister également sans que l'individu ait jamais eu le plus petit accès de fièvre. Dans toutes ces circonstances, les eaux alcalines de Vichy, ferrugineuses ou autres, rétablissent les forces vitales, bien loin de les diminuer, en modifiant l'état morbide, en réveillant l'ensemble des fonctions digestives et assimilatrices. C'est ainsi qu'elles font disparaître, en agissant sur les forces vitales, les taches sanguines et la faiblesse générale, quelle que soit d'ailleurs la cause déterminante de cet état diathésique. De mêmeaussi, c'est le remède altérant spécifique, le plus favorable pour détruire les effets toxiques de ce ferment miasmatique paludéen, dont la présence dans le sang, quelque minime qu'elle soit, empêche constamment le retour complet des malades à un état parfait de santé. Les eaux agissent, dans ces cas, de la même manière que les végétaux frais dans le scorbut, ou les préparations mercurielles ou iodurées dans d'autres affections.

Observation. — M. V***, âgé de vingt-huit ans , constitution lymphatique, a été atteint plusieurs fois do fièvres intermittentes, pendant un séjour de cinq ans en Afrique. A la suite de ces fièvres,

larate s'engorge, le ventre augmente de volume et de la sérosité ne tarde pas à s'y manifester, de telle sorte que le malade finit insensiblement par ne plus pouvoir boutonner ses habits. La durée de la maladie, l'usage des médicaments, l'influence du climat ayant détruit sa santé, M. Y*** rentre en France et arrive à Vichy en 1848, dans un état très-fâcheux. Pendant sa cure, qu'il fait très-péniblement, à la dose de trois à quatre verres d'eau par jour et un bain tous les deux jours, il est pris, vers le douzième jour du traitement, d'hémorrhagie passive, qui se déclare à travers une ulcération légère d'une glande cervicale en suppuration. C'est avec la plus grande peine qu'on vient à bout d'arrêter le cours du sang, qui s'échappait à chaque instant, malgré l'application des moyens hémostatiques les plus énergiques ; la quantité de sang perdue pouvait être évaluée à un demi-litre environ.

Remis de cet accident, ce malade, plein d'énergie morale, reprenait les eaux, mais en boisson seulement, lorsque huit jours après il est pris de nouveau d'hémorrhagie nasale ; le sang rendu cette fois pouvait être évalué à un litre, et ce n'est qu'après avoir pratiqué le tamponnement qu'on parvient enfin à se rendre maître de l'écoulement. Cette hémorrhagie nasale s'était déclarée une autre fois, deux mois avant de quitter l'Afrique.

Toutes ces pertes de sang rendaient la position du malade de plus en plus grave : néanmoins, et malgré ma recommandation de cesser tout traitement, après des résultats aussi fâcheux, M. V*** ne se décourage pas : il prend encore les eaux pendant quinze jours, puis il quitte Vichy pour retourner dans sa famille, après avoir bu les eaux pendant trente-cinq jours, dans la position la plus critique, laissant par conséquent peu d'espoir de guérison. Cependant, il nous arrive de nouveau à Vichy au mois de juin 1849, dans l'état suivant : maigreur générale, face blême, terreuse, subictérique, traits tirés et amaigris, fièvre lente, cent pulsations par minute, langue naturelle, gencives molles à peine colorées, ventre douloureux, rate volumineuse occupant les deux tiers de l'hypocondre gauche, ascite considérable, jambes infiltrées, taches hémorrhagiques disséminées sur cette partie du corps ; selles régulières, appétit médiocre. « lies eaux, nous dit ce malade, m'ont fait le plus grand bien ; je ne pouvais pas digérer l'année dernière, et depuis lors, mes digestions sont passables, c'est pourquoi je reviens. » L'hémorrhagie nasale avait reparu six mois après avoir quitté Vichy.

Le lendemain de son arrivée, le 27 mai 1849, M. V*** boit les eaux de l'Hôpital, qu'il élève jusqu'à la dose de huit verres par jour, et prend un bain tous les deux jours.

Le 6 juin, dix jours après, mieux sensible : les forces se réveillent. Le 15, amélioration encore plus grande : le ventre diminue ; l'appétit est bon et les digestions faciles. Enfin, M. V*** quitte Vichy après trente-huit jours de traitement, dans un état très-satisfaisant ; la rate, les sérosités et les plaques hémorrhagiques ont considérablement diminué.

Ce malade revient encore en 1850, pour faire une troisième cure, toujours dans des conditions meilleures, et, en 1851, son médecin nous écrit de Tours, le 2 mai, que M. Y*** « a obtenu une guérison complète, malgré la détérioration de sa santé, avant d'avoir fait usage des eaux de Vichy. »

Engorgement de la matrice.

Il arrive presque toujours que les engorgements de la matrice ou du col se forment d'une manière lente, progressive et insensible, ce qui fait que souvent les femmes ne s'aperçoivent de cette maladie que longtemps après qu'elle s'est déclarée. D'autres fois, des douleurs plus ou moins vives viennent signaler le début de l'affection; mais quelle est sa nature, comment s'opèrent ces sortes d'engorgements? La réponse n'est pas toujours facile ; je citerai, à ce sujet, l'opinion émise par M. le professeur Andral. « Tous les engorgements, dit cet auteur,

sont formés par une matière concrète déposée dans les mailles et les interstices du tissu malade, laquelle est formée par le sang. »

La nature de l'affection nous indique évidemment que c'est à l'action des fondants et des résolutifs qu'il faudra s'adresser pour la combattre ; et, sous ce rapport, les eaux de Vichy remplissent pleinement cette indication ; il faudra seulement que l'application en soit faite dès l'apparition des signes de l'engorgement, sans attendre qu'une dégénérescence cancéreuse ou squirrheuse se soit déjà manifestée. La quantité d'eau administrée devra être assez élevée pour saturer complètement l'acidité des humeurs ; mais comme l'estomac pourrait se fatiguer, j'ai pensé qu'on pouvait prévenir cet inconvénient par l'usage des lavements, lesquels, s'ils sont gardés, agissent comme des bains internes et procurent des effets d'une grande puissance.

La guérison des engorgements est toujours subordonnée à l'ancienneté ainsi qu'à l'étendue du mal ; c'est pourquoi ceux qui sont récents et de nature purement inflammatoire se réduiront plus facilement que ceux qui datent d'un grand nombre d'années, ou qui se sont développés sous une influence diathésique cancéreuse ou squirrheuse, lesquels sont généralement réfractaires l'action des eaux. Cependant il n'est pas rare d voir les malades de cette catégorie obtenir quelque soulagement, et, souvent aussi, un arrêt de

développement dans la marche de la maladie.

Causes. — Parmi les causes qui peuvent développer les engorgements de la matrice, les plus nombreuses paraissent se rattacher à la cessation ou à la diminution du flux menstruel. C'est alors que les femmes menacées d'engorgement se plaignent de malaises, de pesanteurs, avec chaleur Vers la matrice ; c'est aussi vers cette époque que les règles, après avoir cessé depuis plusieurs mois, reparaissent souvent, avec plus ou moins d'abondance, sous l'influence des eaux de Yichy. A cette cause d'engorgement par suppression du flux sanguin, on doit ajouter les grossesses nombreuses, les accouchements laborieux, l'abus des rapports sexuels, les avortements pénibles, les chutes, les efforts, ou les commotions qui portent leur aetion sur la matrice, enfin les inflammations aiguës directes.

Les nombreuses guérisons d'engorgement du col delà matrice obtenues à Yichy s'expliquent par la nature alcaline des eaux ; car on a remarqué, de tout temps, que la soude avait la propriété d'activer la circulation de la veine porte et du système abdominal ; de là ressort évidemment la modification avantageuse opérée à Vichy, sur le flux menstruel douloureux ou languissant, ainsi que sur les engorgements qui en sont la suite la plus fréquente.

Engorgement des ovaires.

i'Si l'engorgement a son siège dans les ovaires, et qu'il dépende d'une violente inflammation ou d'un état congestionnel, on pourra compter aussi sur des effets plus ou moins salutaires. Mais si ces tumeurs tiennent à des liquides épanchés dans l'intérieur de ces organes, à des hvdropisies enkystées, à une dégénérescence squirrheuse, à des polypes, il est évident que les eaux de Vichy ne pourront avoir aucune efficacité, ou du moins que cette efficacité sera fort douteuse.

Il faut, en général, pour que des maladies aussi graves offrent quelques chances de succès, prolonger l'usage des eaux et y revenir plusieurs années de suite, sans se décourager par la longueur du traitement ; parce que les remèdes, dans les maladies de cette nature, ne peuvent agir qu'autant qu'ils sont administrés avec modération, mais aussi pendant, un temps plus ou moins long.

Causes. — Parmi les causes prédisposantes des inflammations ou engorgements qui peuvent se développer dans les ovaires, on a signalé particulièrement la lecture des livres qui portent les idées sur des sujets lascifs ; un mariage vivement désiré et non accompli; l'avortement répété ; la cessation de la sécrétion laiteuse ; l'excès ou la privation des rapports sexuels.

Disons encore ici que ce n'est qu'en s'observant bien sur les causes qui auront pu contribuer à les rendre malades, que les femmes trouveront, après avoir fait usage des eaux, la consolidation des effets plus oumoins salutaires qu'elles auront pu recueillir. (Voir sur cette maladie l'observation qui s'y rapporte, au chapitre Lavements.)

Les observations statistiques, concernant les maladies de la matrice ou des ovaires, n'ayant pu être contrôlées d'une manière exacte, nous devons nous abstenir d'en faire mention ici, dans la crainte de ne pas être dans le vrai.

De la goutte.

L'effet des eaux minérales de Vichy contre l'affection goutteuse a été considéré jusqu'à présent de diverses manières : les uns approuvent leur emploi, les autres le condamnent. Étranger à ces deux opinions qui ont régné pendant longtemps, je vais essayer, par l'analyse des phénomènes physiologiques et pathologiques qui caractérisent cette maladie, ainsi que par l'examen approfondi des moyens qui, jusqu'à présent, ont obtenu le plus de succès dans son traitement, de détruire cette incertitude désespérante pour les malades, et de reconnaître enfin ce que ces. théories ont de fondé, abstraction faite des faits

favorables ou nuisibles fournis à l'appui de chaque opinion en particulier.

Je passerai rapidement, puisque je n'ai pas à traiter ici de la goutte, sur la nature, les causes et les symptômes de cette affection, pour mieux approfondir les conclusions que nous devons en tirer concernant les résultats du traitement.

Cependant, quelques considérations générales sur les causes et la nature de la goutte doivent précéder cet exposé, afin d'éclairer l'opinion des malades sur la valeur du traitement alcalin. A cet effet, je dirai, avec beaucoup d'autres médecins, que la goutte n'est point une maladie locale qui, établie sur un point, parcourt toutes ses périodes sans laisser aucun germe capable d'en provoquer le retour, mais bien une affection générale qui, à une époque ordinairement périodique, se porte tantôt sur un point, tantôt sur un autre, pouvant, dans sa mobilité, affecter tous les organes, bien que son siège de prédilection soit les petites articulations des pieds ou des mains, et, en particulier, le gros orteil. C'est dire que cette maladie joue le rôle de toutes les affections que nous appelons constitutionnelles, telles que la scrofule, la syphilis.

Nature. — La nature de la goutte est et sera toujours difficile à préciser. Est-elle inflammatoire, comme la pneumonie? Non, car les antiphlogistiques ne la guérissent pas. Est-ce une maladie spécifique qu'on puisse isoler, comme la

syphilis, le virus vaccin? Pas davantage. Est-ce une affection nerveuse? La réponse sera tout aussi négative, lorsque l'analyse des organes atteints, au moment de l'accès, indique que ce sont les tissus fibreux et les vaisseaux capillaires de la périphérie du point malade qui seuls sont affectés.

En résumé, la seule opinion qu'on puisse se former à ce sujet, c'est que la goutto dépend d'une affection générale, rémittente, aiguë ou chronique, liée à un état particulier inconnu ; à un vice dans le sang, héréditaire ou acquis ; ou bien encore à une modification de la nutrition, à une surabondance de sucs nutritifs, à une sorte de diathèse azotée, disposition particulière, comme le dit le célèbre Barthez, de la constitution à produire un état spécifique goutteux dans les solides et les humeurs, dont la nature nous est inconnue.

M. le professeur Andral, dans son Cours de pathologie interne, publié par M. A. Latour, s'exprime ainsi au sujet delà goutte : « Nous adoptons les opinions des médecins, qui consistent à considérer la nature de la goutte comme double, en quelque sorte, et formée de deux éléments : l'un inflammatoire, ayant son siège dans le tissu fibreux ; l'autre plus général, résidant dans le sang altéré par la présence de l'acide urique, qui vient se déposer autour des articulations. »

La coexistence de l'acide urique avec la goutte

a été remarquée, d'ailleurs, par tous les auteurs ; Sydenham, Morgagni ont dit aussi que la goutte engendrait des calculs rénaux. Mais ce qu'il y a de remarquable sous ce rapport, c'est que la majeure partie des goutteux sont, en naissant, en même temps graveleux ; de même, on a vu des parents goutteux donner naissance à des enfants graveleux, et des parents graveleux à des enfants goutteux.

Ce qu'il y a de positif dans toutes ces opinions, c'est que la goutte donne lieu à un travail morbide, affectant spécialement les articulations des pieds, et a comme caractère essentiel de déposer au pourtour des jointures une matière saline d'urate de soude. Désirant connaître la composition exacte des tophus, j'ai remis, à cet effet, à M. le docteur Becquerel des concrétions tophacées retirées des pieds d'un goutteux ; ces produits, analysés au Muséum d'histoire naturelle par M. Térièle, chimiste distingué, ont donné pour résultat :

Ura te de soude 80,75

Acide urique 13,97

Phosphate de soude traces.

Chlorure de sodium Id.

Matières organiques, azotées Id.

Parties grasses solubles dans l'éther 05,28

Total 100,00

On remarque aussi que les sueurs sont trèsacides, et les urines très-chargées d'acide

urique, acide qui augmente dans cette maladie de soixante-neuf à cent douze millièmes, ce qui fait presque le double ; il est donc permis d'admettre, jusqu'à ce que des faits ou des théories plus positives viennent prouver le contraire, que la diathèse goutteuse réside dans un état spécifique particulier de l'organisme, accompagné de la prédominance d'un excès d'acide urique dans les humeurs, sans quoi on ne pourrait se rendre compte delà formation des dépôts tophacés d'acide urique. Ce qu'il y a de remarquable, en outre, c'est qu'il existe des substances qui provoquent la goutte, et que ces substances sont celles précisément qui fournissent au sang les matériaux qui peuvent produire cet excès d'acide, tandis que d'autres ne se prêtent nullement à l'excrétion de ce produit. Dans le premier cas, se trouvent les aliments azotés et les liqueurs alcooliques, et dans le second, les végétaux, le colchique, les feuilles de frêne et les boissons alcalines.

Causes. — Quant aux causes de la goutte, nous voyons bien les conditions au milieu desquelles elles se développent le plus ordinairement ; mais il n'est pas rigoureusement possible de les indiquer d'une manière certaine, attendu que l'observation journalière vient souvent donner un démenti formel aux hypothèses que l'on a émises. C'est pourquoi, pour ne pas nous perdre dans une énumération trop vague des

causes déterminantes, nous dirons, après avoir admis comme point essentiel la prédisposition individuelle, que l'usage d'une nourriture trop succulente, fortement annualisée, l'abus des boissons alcooliques, les excès dans les plaisirs de l'amour, par l'affaiblissement qu'ils impriment au système nerveux, les travaux de l'esprit, une vie sans exercice, des veilles prolongées, les passions violentes et les chagrins, sont les principales causes ou conditions qui font éclore le germe du principe goutteux, ou bien qui l'engendrent chez les personnes qui, en venant au monde, n'en portaient point les éléments primitifs dans le sang. On donne à cette dernière espèce le nom de goutte acquise, tandis que la première est appelée goutte congéniale ou héréditaire .

Ce qui tendrait à prouver que ce sont là en partie les causes véritables de l'affection goutteuse, c'est qu'on ne voit pas de goutteux chez les pauvres, car ceux qui se nourrissent de pain d'orge sont peu sujets à cette infirmité. Brown, à ce propos, a dit, avec raison, que les enfants des riches héritent de la goutte avec la fortune ; mais s'ils sont déshérités, ils ne l'auront point, à moins qu'ils ne la gagnent en s' exposant aux causes qui la produisent. D'après ce que nous venons de voir, trois choses, en résumé, peuvent donner la goutte : la table, les plaisirs et l'oisiveté. Les médecins anglais prétendent qu'en

Angleterre il n'existe pas une seule famille patricienne qui ne soit entachée de goutte. Les officiers de marine sont plus sujets à cette affection que les officiers del'armée de terre ; cela tient sans doute à la différence du régime et de l'exercice qui existe entre les deux armées.

Sydenham n'admet la goutte chez les femmes qu'autant qu'elles sont âgées, et qu'elles ont quelque chose de mâle dans leurs habitudes. Ce célèbre médecin, goutteux lui-même pendant trente ans et calculeux, ce qui le plus souvent n'est que l'expression de la matière goutteuse, déclare, après avoir admis l'hérédité, que les excès dans le boire et le manger et la fainéantise, sont les causes les plus nombreuses.

Cette affectionne se manifeste guère que vers l'âge de quarante ans, alors que le corps est arrivé à la fin de sa croissance. Les enfants et les eunuques n'en sont point atteints ; elle est beaucoup plus rare chez les femmes que chez les hommes, en raison probablement de leur sobriété. Cette dernière considération explique également l'absence de la goutte chez les habitants des pays chauds, à laquelle il faut joindre l'influence des transpirations abondantes que la chaleur du climat provoque continuellement ; lesquelles favorisent la sortie de l'acide urique : ce qui explique la rareté de la goutte chez les peuples qui prennent habituellement des bains de vapeur, comme les Orientaux.

On a admis, en outre, comme causes du vice goutteux, dont la nature, il faut l'avouer, a gardé le secret, certaines dispositions physiques : il fallait, par exemple, disait-on, avoir la tête grosse et de l'embonpoint, une graisse molle et humide ; une constitution pléthorique, succulente, ainsi que disait Stahl. Mais, comme il n'est pas rare de voir des personnes maigres en être affligées, cette opinion ne peut être fondée.

Formes. — On divise la goutte en goutte aiguë et en goutte chronique.

La première est appelée inflammatoire, articulaire^ régulière ou fixe, à. cause de la régularité qu'elle met à parcourir toutes ses périodes. Les accès ou attaques ont une durée qui varie de quelques jours à un mois ou six semaines ; ils ne paraissent, dès le commencement, qu'à de longs intervalles, un an et quelquefois plus tard.

Mais si les accès se répètent plus souvent, ils cessent d'être aigus pour passer à la seconde forme, et prendre le nom de goutte chronique. Dans ce cas, les douleurs apparaissent une ou deux fois par an, mais ordinairement, au bout d'un certain temps, les attaques se rapprochent, davantage ; dès lors, les articulations affectées deviennent faibles ou mieux sensibles ; l'empâtement, qui autrefois disparaissait entièrement après l'accès, ne se dissipe plus aussi complètement; les attaques sont moins douloureuses,

mais elles durent plus longtemps, et ne laissent souvent qu'un ou deux mois de répit, ordinairement pendant l'été. Il arrive aussi que chez quelques personnesles douleurs ne disparaissent jamais entièrement : c'est alors qu'on voit se former autour des articulations ces concrétions tophacées, dont nous avons rapporté plus haut l'analyse, concrétions qui déforment les pieds et les mains, usent les tissus en les entourant de leur dépôt, et qui, après avoir rendu les mouvements articulaires difficiles, finissent bientôt par amener l'ankylose ou la soudure des articulations malades.

La goutte chronique a une graïade tendance à se déplacer, en se portant d'une articulation sur une autre; on l'appelle alors goutte irrégulière. Mais si elle abandonne les articulations pour se porter sur un des organes intérieurs du corps, la tête, la poitrine, le cœur, le foie, les reins, l'estomac ou les intestins, ainsi que l'utérus chez les femmes ; dans tous les cas elle prend le nom de goutte viscérale ou goutte remontée. Elle se manifeste alors par des douleurs aiguës violentes sous forme de crampes, et les organes affectés sont tenus dans un état permanent d'irritation nerveuse.

Il existe encore une autre forme de goutte chronique, appelée goutte larvée ou masquée; celle-ci a des caractères plus difficiles à saisir que les précédentes : elle n'a point de siège fixe ;

quelquefois le malade est pris tout à coup d'uue douleur vive dans un des organes dont nous venons de parler. Mais si cette douleur subite coïncide avec un accès de goutte articulaire, et que celui-ci diminue pendant que le déplacement s'opère, la nature de la maladie sera facile dès lors à saisir, car il est à peu près certain qu'on aura affaire à une goutte larvée ou masquée. D'autres fois, elle apparaît subitement, sans que rien dévoile sa véritable nature. C'est pourquoi il ne faut jamais perdre de vue le principe goutteux dans toutes les affections qui se déclarent spontanément chez les individus nés de parents goutteux ou atteins de goutte acquise.

Je dois ici compléter cette instruction, en indiquant les symptômes principaux qui caractérisent une attaque de goutte régulière, afin qu'on puisse la distinguer du rhumatisme simple articulaire. Cette attaque ou accès commence ordinairement par un malaise général : insomnie, inquiétudes, ennui, irritabilité de caractère. Au bout de quelques jours, il se développe, pendant la nuit, sur l'une des articulations du pied, le plus souvent sur le gros orteil, une douleur rongeante, tensive, brûlante, avec gonflement de la partie malade. Le mal peut rester pendant toute l'attaque sur la même articulation ; on la voit aussi souvent se déplacer pour se porter subitement sur l'articulation du membre opposé. La fièvre qui se déclare dans les premiers

jours est toujours en rapport avec l'intensité de l'accès, qui se calme vingt-quatre heures après, vers le lever du soleil, grâce à une abondante sueur, pour reparaître ensuite pendant la nuit.

Dans cet intervalle, les urines sont rares, enflammées, épaisses et sédimenteuses ; l'appétit se perd, l'estomac est gonflé, le ventre est resserré ; le malade éprouve de la pesanteur et des inquiétudes dans les différentes parties du corps. Cet état dure jusqu'à ce que la maladie se trouve emportée par la transpiration , par des urines abondantes ou d'autres évacuations. Tels sont les symptômes que l'on remarque le plus ordinairement dans l'état aigu et régulier de la goutte. S'il se prolonge, si les accès deviennent irréguliers, la maladie prend alors, comme nous l'avons dit plus haut, le nom de goutte chronique.

CONSIDÉRATIONS SPÉCIALES SUR LE MODE D ACTION DES EAUX DE VICHY DANS LE TRAITEMENT DE LA GOUTTE.

Avant d'examiner cette action spéciale, il convient, je pense, de jeter un coup d' œil rapide sur les divers moyens employés pour guérir l'affection goutteuse, ceux du moins qui ont joui jusqu'à présent d'une certaine réputation. C'est ainsi que les médecins de toutes les époques ont été d'avis d'employer :

Premièrement, pour le traitement général :

les sudorifiques et les diurétiques, puis les altérants, c'est-à-dire les médicaments qui, administrés à des doses faibles, ont la propriété de changer d'nne manière insensible, et sans provoquer d'évacuations successives, l'état des solides et des liquides du corps. Les purgatifs, dit Sydenham, amoindrissent la transpiration; de là, dit-il, les récidives fréquentes chez les goutteux qui se purgent souvent. Ce célèbre médecin se consolait d'avoir la goutte, en disant que G'était la maladie des gens d'esprit et des grands seigueurs, et que les sots n'y étaient pas exposés.

Secondement, pour traitement local, sur la partie malade, comme simples calmants : les liniments camphrés et opiacés, l'extrait de belladone, le chloroforme, les fumigations aroma-tiques ou bien avec les feuilles de tabac ou de laurier-cerise, les topiques émollients laudanisés ; l'application de la flanelle, du taffetas ciré, des peaux de cygne ou de lapin, etc.

Après avoir énuméré l'ensemble de tous les moyens admis comme base de traitement pour guérir la goutte, il est important d'examiner à présent si les eaux de Vichy ne réunissent pas les conditions essentielles pour arriver au même résultat, si elles ne renferment pas, en un mot, les propriétés générales attachées aux médicaments antigoutteux employés anciennement.

1° Comme sudorifiques. Nous avons vu

qu'elles favorisent considérablement la transpiration cutanée, bien mieux encore que la bourrache, le sureau, la salsepareille ou le gaïac, que l'on emploie journellement dans ce but.

2° Comme diurétiques. Ces eaux provoquent une accélération de la sécrétion urinaire, plus fortement que lenitre et le chiendent, que l'on fait prendre habituellement aux goutteux.

Quant au colchique, qui constitue la partie active des pilules de Lartigue, du sirop de Boubée ou de la liqueur de Laville, ce médicament n'agit qu'à titre de sédatif ou de calmant.

Mais il ne faut pas perdre de vue que son action, comme celle de tous les remèdes de ce genre, n'est que palliative et purement temporaire, laissant, comme l'avait déjà observé Scudamaure, après avoir fait disparaître l'accès, le germe de la maladie dans le corps, ce que ne fait pas l'eau de Vichy, qui agit en détruisant directement le vice ou principe goutteux. Ce remède ne s'adresse qu'à l'accès goutteux et non à la spécificité morbide goutteuse.

3° Quant à la médication altérante, la seule qui puisse avoir une valeur réelle dans le traitement de la goutte, les eaux de Yichy ne laissent rien à désirer sous ce rapport, car elles renferment une réunion de médicaments spéciaux qui ne permettent pas de révoquer en doute cette action thérapeutique. Il suffira, à cet égard, de jeter un coup d'oeil sur les élé-

Hients constitutifs des eaux, pour voir que les substances qu'elles renferment sont journellement employées comme d épuratives , à l'effet de corriger les vices constitutionnels, tels sont l'iode, l'arsenic, le brome, le manganèse et le fer, et cela dans les proportions précisément les plus favorables à ce mode d'opérer, c'est-à-dire à faibles doses : c'est ainsi qu'elles déterminent cette modification vitale qui se traduit par des changements plus ou moins persistants de circulation et de dépuration imprimés au sang, ainsi qu'à nos humeurs viciées. Mais ici l'agent le plus important dans cet ordre de médicaments est, sans contredit, le bicarbonate de soude, avec cette différence toutefois qu'il n'agit pas seulement par une action spécifique, comme le mercure sur le virus syphilitique, mais aussi par son action chimique. Les alcalis, disent MM. Trousseau et Pidoux, occupent la première place dans la médication dépurative altérante, car ils modifient le sang, et, par suite, nos organes et nos humeurs ; ils l'atténuent sans excitation préalable, comme les antiphlogistiques, avec cet avantage que les effets produits sont bientôt assimilés ou éliminés par les sécrétions naturelles. Ces divers phénomènes de l'action des alcalis nous démontrent également que le traitement de la goutte par les eaux de Vichy n'est pas un traitement perturbateur ni irritant, qu'il ne peut, par conséquent, la déplacer ni la faire

avorter d'emblée, ainsi que quelques médecins l'ont avancé sans preuves, en disant qu'il faut respecter la goutte, et se bien garder de l'attaquer quand elle vous vient par les pieds ou lés mains. Tout ceci prouve de la manière la plus positive que les malades ne peuvent être exposés à aucun danger par ce mode de traitement, la soude étant un agent de dépuration qui débarrasse le sang des matériaux impurs ou nuisibles qu'il contient.

Il faudra seulement, pour que l'action soit assez énergique, que l'alcalinité des humeurs soit suffisamment marquée. Ce phénomène, étant bien constaté, donnera la preuve que l'eau a pénétré partout, et que l'acide urique des humeurs goutteuses a été complètement détruit.

La nature favorable des eaux de Vichy pour le traitement de cette affection étant mise hors de doute par l'analyse des phénomènes physiologiques que nous venons de parcourir, voyons maintenant ce qu'il convient de faire pour retirer de ce moyen de guérison le meilleur résultat possible. Or, comme les goutteux qui se rendent à Vichy sont généralement atteints de goutte chronique, il est essentiel dans ces cas que les eaux leur soient administrées pendant longtemps, même après la saison, avec des intervalles de repos, car l'économie cesse d'être impressionnée par un même agent thérapeutique, comme aussi l'état physiologique se lasse, et le

corps n'est plus réparé par l'usage d'un seul et même aliment continué indéfiniment. Il est à considérer également que les remèdes, dans les affections constitutionnelles ou invétérées, n'agissent efficacement qu'autant qu'ils sont pris en petite quantité et continués pendant longtemps ; sans quoi on pourrait s'exposer à perdre tous les avantages qu'on aurait retirés de la cure. Les malades ne doivent pas oublier non plus que la goutte tend toujours à reparaître, de même que toutes les maladies qui tiennent à la constitution ; seulement il ne faut pas abuser des eaux, ainsi que le font la plupart des malades, sans réfléchir qu'un remède assez puissant pour guérir peut aussi être très-puissant pour faire du mal. Mais malheureusement, et malgré toute la sévérité du traitement, les malades ne doivent pas toujours espérer une guérison radicale, pas plus qu'on ne peut compter sur le changement complet d'une mauvaise constitution, d'un vice congénital ou d'une cause morbide incessante que l'on apporte en naissant : on peut bien la modifier , l'atténuer dans sa manière d'être , mais jamais la transformer complètement. Cependant, mes observations démontrent que les personnes qui ont fait usage des eaux de Vichy peuvent, en général, compter sur un grand soulagement dans l'intensité des symptômes, ainsi que sur l'éloigncment des accès, dont l'intervalle est quelquefois de plusieurs amiées, sans

que le malade éprouve les plus légères douleurs. Il faut dire aussi que les eaux alcalines préservent souvent, mais que cet avantage se perd plus ou moins vite avec le temps, et plus encore par l'inconduite des malades. D'autres fois ces eaux échouent complètement, parce qu'il y a des personnes qui sont plus ou moins rebelles à ce moyen de guérison, mais elles en retirent toujours un effet favorable à la santé. Ce sont là seulement des exceptions à la règle générale. Quoi qu'il en soit, nous devons ajouter que le traitement de la goutte par les alcalis n'est pas nouveau, puisque Van Swieten, Corbone, Falconnet et bien d'autres médecins en faisaient usage de leur temps, avant même qu'on eût découvert l'excès d'acide urique dans les humeurs des goutteux. On conçoit dès lors l'emploi judicieux du bicarbonate de soude, qui a pour effet d'entraîner cet acide par les urines à l'état d'urate de soude, combinaison saline qui forme la majeure partie des dépôts tophacés; mais comme ce sel n'est soluble qu'autant que la soude est en excès, de là la nécessité, pour l'entraîner au dehors par les urines ou la transpiration, d'employer les eaux de Vichy d'une manière presque constante.

Les alcalins, dit Barthez (Traité des maladies goutteuses), doivent occuper la première ligne dans ces maladies, et le quinquina dans l'état de faiblesse qui succède aux attaques ainsi que les

eaux martiales ; pour résoudre les concrétions goutteuses, il conseille l'usage prudent des douches d'eaux thermales sur les parties affectées, où l'on fait en même temps, dit-il, de douces frictions.

Quelques conseils préalables me paraissent devoir être donnés aux malades qui arrivent à Yichy. Dans le cas où ils se trouveraient sous l'influence d'une goutte larvée ou remontée, il faudrait rappeler la goutte sur une des extrémités inférieures, par le moyen des révulsifs sinapisés. Dans tous les cas il faut aller bien doucement, avec le traitement, dans la crainte, ce qui arrive quelquefois, que le premier effet des eaux ne réveille la fluxion goutteuse. D'autre part, si un accès venait à se déclarer pendant la cure, ce qui arrive assez souvent, on pourrait continuer, mais avec modération, en buvant les eaux seulement, et ne prendre des bains que lorsque l'attaque serait entièrement dissipée et l'inflammation des parties malades apaisée, afin de ne réveiller ni d'entretenir la douleur des parties souffrantes. Il y a plus d'avantages, sans aucun doute, à prendre les eaux pendant le calme des accès que pendant la période d'acuité. Néanmoins, le traitement peut être continué, sans aucun danger ni crainte de rétrocession du principe goutteux.

Cette apparition des accès ne doit pas effrayer les malades, car elle est due souvent à l'excita-

tion produite par les eaux, surtout quand elles sont prises sous forme de bains. Dans ce cas, le traitement sera continué en boissons ; on diminuera les bains sans les cesser complètement, à moins que l'estomac des malades ne soit trop irrité, ou bien que les eaux ne soient pas tolérées, ce qui est rare, car cette tolérance est surtout remarquable parmi les goutteux.

Après les accès dont nous venons de parler, qui généralement sont de courte durée, on voit presque toujours se dissiper les accidents goutteux, tels que l'état œdémateux des pieds et des jambes, la rigidité, la contracture des articulations ou des tendons musculaires, ainsi que le sentiment de douleur que fait éprouver la flexion dans les divers mouvements articulaires ; en sorte que beaucoup de malades, qui, en arrivant marcbaient avec une peine extrême, ont pu quitter Vicby sans secours aucun, fléchissant librement et sans douleur des articulations qui auparavant étaient presque inflexibles. Toutefois, je n'ai pu remarquer, il faut le dire, des effets aussi salutaires sur les concrétions tophacées. Anciens, ces produits de la goutte chronique sont peu accessibles à l'influence alcaline, surtout quand ils sont parvenus à souder les articulations depuis longues années.

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