‹ Guide pratique du diagnostic bactériologique des maladies microbiennesChapitre 20 sur 89 · ENSEMENCEMENTS · texte numérisé non relu

ENSEMENCEMENTS

Que l’on se serve de baume ou de gelée, il esl inutile de fermer la cellule à l'aide d'un cadre de Bitume de Judée , de Maskenlack ou de cire à cacheter dissoute dans l’alcool. Le baume comme la gelée soudent fortement, par le refroidissement, les deux verres ensemble. S’il y avait un excès de baume ou de gelée dépassant outre mesure la lamelle, on l’enleverait en frottant le verre à l’aide de l’ongle recouvert d’un linge fin trempé dans l’alcool.

64. Ensemencement des cultures. — On prend un des tubes préparés dont nous avons indiqué la composition (6, 7), et l’on procède de la façon suivante :

Tenant d’une main le fil de platine chargé d’une parcelle de la substance à ensemencer et de l’autre le tube choisi, maintenu obliquement incliné, on débouche ce tube dans cette position. On fait rapidement des stries en promenant le fil de platine à la surface de la gélatine, de la gélose, etc., puis on rebouche le tube et on le place dans l’étuve maintenue à la température favorable qui est ordinairement de 37° (température du milieu intérieur chez l’homme).

La position inclinée du tube a pour but de s’opposer, dans la limite du possible, à l’introduction des germes flottant dans l’air pendant le court espace de temps que le tube reste débouché.

65. E nsemencement sur plaque. — On se servira des tubes à ouverture étroite cl dont l’intérieur est revêtu d’une couche mince de gélose gélalinée ou glycérinée

MÉTHODES GÉNÉRALES D’EXAMEN

suivanl le Procédé Roux '9). On peut délayer une petite parcelle de la substance à examiner dans quelques gouttes d’eau stérilisée par l’ébullition puis refroidie, ou bien prendre la substance à ensemencer à la surface d’un tube à culture ordinaire, avec une petite quantité du liquide de culture. On promène ce liquide, fondu par une douce chaleur, dans l’intérieur du tube de manière à l’étendre sur une surface aussi étendue que possible, afin d’isoler les différentes colonies qui s'y développeront par un séjour de quelques heures à l’étuve. Nous avons indiqué comment se fait l’examen des colonies reconnaissables à leur forme, leur couleur, etc. (1).

66. Inoculations aux animaux. — Il est rarement nécessaire d’y avoir recours. Dans le diagnostic du Tétanos (228), on peut cependant être forcé d’employer ce moyen. On se servira de la Seringue de Straus (11) après avoir rasé ou coupé les poils et cautérisé la surface dénudée avec l’extrémité d’une baguette de verre fortement chauffée. Cette opération se fera sur la souris ou le cobaye, l’animal étant convenablement immobilisé et maintenu par un aide.

67 . Notions générales sur la Morphologie des Bactéries : indications cliniques que l'on peut en déduire. — Les principales formes de Bactéries que 1 on rencontre dans les produits pathologiques chez, l’homme sont distinguées, dans le langage vulgaire , par les noms suivants, qui n'ont rien de scientifique :

(1) Voyez la Troisième Partie.

MORPHOLOGIE DES DACTERIES. 57

a. Microcoqces (appelés aussi à tort « Coccus » ou « Cocci » (fig. 17, a). — Ce sont des grains arrondis, isolés. Ils n’ont rien de caractéristique, un grand nombre de bactéries affectant cette forme lorsqu’elles sont encore jeunes. Les microcoques ne sont pas généralement considérés comme pathogènes.

b. Diplocoques. — Ce sont des microcoques associés deux à deux (fig. 17, A), en forme de 8. Ils sont rarement patho-

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Fig. 17. — Principaux types de Bactéries :

a microcoques ; — b, diplocoques; — c, bacilles (avec ou sans spores); — d, vibrions ; — c staphylocoques f, streptocoques ; — y, spirilles (avec ou sans cils) ; — /i, streptobacille (très fort gro$si*$rmcnt ; — figure demi-schématique).

gènes, à 1 exception de ceux qui présentent une forme spéciale comme le Gonocoque (que nous figurerons plus loin), le Pneumocoque et le Pneumobacille (ces derniers caractérisés par la capsule transparente qui les entoure).

c. Bacilles et « Bacterium » proprement dit (fig. 17, c). — Ce sont des bâtonnets plus ou moins allongés, renflés quelquefois à leurs extrémités par des spores. Ce groupe renferme des microbes spécifiques , très pathogènes. Cependant beaucoup de bacilles sont simplement saprogènes. Lorsqu'ils sont réunis sous forme de chaînes

MORPHOLOGIE DES BACTERIES.

(fig. 17, h) on les désigne sous le nom de Streptobacilles.

cl. Bacilles recourbés ou en forme de virgule, spirilles (fig. 17, cl). — Ces bacilles sont souvent aussi dangereux que les bacilles droits ( microbe du Choléra) : ils forment des chaînes en fausses spirales. — Les spirilles allongées (fig. 17, cj ) sont en général simplement saprogènes.

e. Staphylocoques (fig. 17, e). — Ce sont des microcoques associés ou réunis en forme de grappe : ils sont maintenus ainsi réunis par une substance visqueuse qui les enveloppe, mais paraît moins résistante que la véritable capsule. Ce sont des microbes très pathogènes (pus).

f. Streptocoques (fig. 17, f). — Ce sont des microcoques réunis sous forme déchaîné onde chapelet : ils sont pathogènes et producteurs de pus comme les précédents.

Les autres formes ( Proteus , Tétragènes, Sarcines, etc.), qui sont moins communes et d’ordinaire simplement saprogènes, seront décrites et figurées lorsqu il en sera question dans les chapitres suivants.

11 en sera de même pour les Microbes qui n appartiennent pas au groupe des Bactéries et ne sont pas des végétaux, mais des animaux inférieurs du groupe des Protozoaires.

Dans la troisième partie nous donnerons la classification véritablement scientifique des Bactéries pathogènes, qui sont désignées sous leur nom vulgaire dans le cours de cet ouvrage.

DEUXIÈME PAIU'IE

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