BLANC DE BALEINE
dissolution précipite par une abondance d’eau pure, en une poudre blanche, qui est le blanc de fard. De plus l’oxide de bismuth entre dans les pommades qui servent A colorer en noir les cheveux. -
Ce métal, connu dans le commerce sous le nom d’étain de glace , s’emploie à faire le blanc de fard. « Le parfumeur doit l’acheter en cristaux bien prononcés, afin qu’il soit purifié d’arsenic. Lorsqu’on le prend en lames, il faut les choisir larges, d’un blanc-jaunâtre, et faire fondre ce métal au creuset, en le soumettant à une assez forte chaleur, afin de le dégager d’un reste d’arsenic. » Son emploi offre des dangers que nous signalerons au mot Fard.
BLANC D’ARGENT. — C’est le nom donné au plus beau blanc de plomb. C’est une substance dangereuse employée dans la préparation des cosmétiques.
Blanc de baleine ou sperma-céti, cétine. — Matière solide, d’un blanc éclatant, formée par la réunion de petites écailles luisantes, qui est contenue dans une huile grasse qui entoure le cerveau du cachalot et de quelques autres poissons ; on ne la trouve pas dans la baleine, quoique, par l’erreur des premiers naturalistes, elle lui ait emprunté son nom.
Le blanc de baleine fond à 45 degrés, et entre en ébullition à 360.11 est insoluble dans l’eau, mais soluble dans l’alcool, l’éther, les huiles fixes et volatiles. Il entre dans la fabrication des plus belles bougies, et la parfumerie l’emploie dans.un grand nombre de pommades et de pâtes cosmétiques.
Il faut choisir cette substance en belle écaille, blanche et transparente, inodore, insipide, cassante, onctueuse et douce au toucher.
Le blanc de baleine, jaunissant à l’air, et devenant acide et rance, doit être conservé bien enveloppé.
Falsifications. — La cire, le gras de cadavre, le suif et l'acide margarique sont les substances avec lesquelles on falsifie -le blanc de baleine.
La cire communique au blanc de baleine une blancheur mate , et le rend moins friable, moins iamelleux. Le mélange de deux matières dans l’éther forme un nuage laiteux.
Le mélange avec le gras de cadavre entre en fusion vers 28 degrés au lieu de 45. La présence du suif n’échappe point à l’odorat; enfin, l’acide margarique donne au blanc de baleine une légère teinte jaunâtre.
Blanc de fard, combinaison d’acide azotique et d’oxide de bismuth (sous-azotate de bismuth,) employée pour blanchir la peau. Ce blanc a l’inconvénient de rendre la peau rugueuse, et de noircir par le contact des émanations sulfureuses. Il a même donné lieu à des accidents d’empoisonnement. Voy. Fard. Dans l’origine-, le blanc de fard adopté par les femmes grecques, était une terre argileuse de Chio ou de Samos, mêlée à une terre calcaire et délayée dans du vinaigre ; il présentait alors moins de dangers.
BOIS. — On désigne vulgairement par ce nom la substance compacte et solide qui compose la racine,'la tige et les branches des arbres et arbrisseaux.
Suivant ses diverses qualités, le bois est pour l’homme une matière précieuse qu’il emploie à une infinité d’usages : les uns sont plus durs et plus denses, et ce sont d’ordinaire ceux dont la croissance est plus lente ; les autres s’altèrent plus lentement à l’air ou dans l’eau; d’autres se distinguent par leur ténacité, leurs veines colorées, leurs propriétés tinctoriales, médicales, etc. Nous n’avons à parler ici que des bois employés en parfumerie.
Ces bois sont d’autant plus estimés qu’ils possèdent
plus de propriétés. En effet, ils réunissent souvent l’odeur, la saveur, la solidité et la finesse du tissu, et sont susceptibles de recevoir le plus beau poli ; c’est ainsi qu’ils peuvent être employés simultanément par l’ébéniste, le marqueteur, le tabletier, le parfumeur, le distillateur, et quelquefois aussi, quoique rarement, dans l’art de guérir. Citons quelques espèces de ces bois.
1° Bois d’aloès. Lé bois d’aloès, dit J. Garnier, n’a rien de commun avec la plante connue sous le nom ’aloès, et qui fournit le suc d’aloès, employé comme purgatif, ni avec l’alo'es pite, variété d’agave, dont on extrait depuis quelques années une filasse employée pour les cordages et la confection de quelques ouvrages de sparterie, etc. On a donné à ces bois le nom de bois d’aloès, que parce qu’ils ont tous une saveur amère, analogue à celle du suc qui porte ce nom. Ce bois est célèbre en Orient sous les noms de bois d’aloès, bois de calambac, d’agalloche et bois d’aigle. Sa classification scientifique est encore un objet de discussion pour les naturalistes, et les voyageurs qui le décrivent semblent ne pas s’entendre sur les différentes variétés. Nous di rons.donc qu’on donne dans le commerce le nom de bois d’aloès à des bois qui ont des propriétés analogues, mais qui doivent appartenir à des arbres différents qui croissent dans l’Inde, en Chine, au Japon, en Gochinchine, dans la presqu’île de Malaca, etc.
Les bois d’aloès sont durs, compactes, résineux, d’une couleur jaspée, .luisante, plus ou moins brune, d’une saveur très-amère, d’une odeur douce et agréable. Il faut briser le . bois pour sentir son parfum délicieux dans toute sa pureté. Vus à la loupe, la plupart présentent dans les parties rompues, une multitude de tubes capillaires longitudinaux. Quelques morceaux offrent en outre des excavations qui sont remplies par une résine roussàtre et odorante. Ils sont ordinairement en petits
morceaux de 12 à 15 centimètres, qui ont quelquefois l’aspect cendré. Ajoutons qne le bois d’aloès brûle en répandant une odeur de benjoin qu’on peut relever et rendre plus durable au moyen d’autres parfums.
On en fait, dit-on, un assez grand usage en Orient ; mais en Europe les parfumeurs en possèdent fort peu. Toutefois et bien qu’il soit de tous les bois le plus rare et le plus précieux, il est loin de se vendre au prix de l’or, comme on dit qu’il se vend'dans l’Inde, à la Chine et au Japon. Les Orientaux le font brûler dans des cassolettes percées de trous ; une fumée suave qui s’en échappe embaume les appartements.
2° Bois de bbésil, ou bois d’Inde, brésillet, bois- de Fernambour. Il provient du Cœsulpinia echinata, arbre du Brésil, delà famille des ligumeuses. Il est pesant, dur, compacte et d’un rouge brumâtre ; sa couleur foncée augmente beaucoup au contact de l’air. Il est employé quelquefois en parfumerie pour colorer des fards communs, des savons, des pûtes, etc.
3” bois de gaïac, qu bois saint. Il est fourni par le guamcum, officinale, famille des rutacées, qui croit à Saint-Domingue et dans les autres Antilles. Il est compacte, dur, résineux, d’une odeur tant soit peu aromatique, d’un goût amer et tant soit peu âcre. Il est plus lourd que l’eau, et sa dureté est telle qu’il émousse les instruments avec lesquels on essaie de le couper. L’aubier lui donne à l’extérieur l’aspect du buis. Son intérieur est jaune, noirâtre, et quelquefois verdâtre. Quoique résineux, il brûle avec difficulté. Il entre souvent dans la composition de liqueurs ou d’élixir odontalgiques.
Le bois de gaïac est ordinairement en bûches droites dont la grosseur varie. Il est tantôt avec son aubier, et tantôt sans aubier. On préfère qu’il soit dans ce dernier cas. On imite le gaïac en faisant une décoction de ga-
rance sur le platane, ou une solution de gomme gutte ou
de-safran sur l’orme.
4“ Bois de genévrier, fourni par le genévrier commun, uniperus communie, famille des conifères, arbrisseau qui croit en Europe, dans les lieux incultes. Son bois exhale en brûlant une odeur aromatique, et il serait susceptible d’entrer dans plusieurs préparations de parfumerie destinées aux cassolettes.
5° Bois de palissandre, violet, ou bois de violette. Il est de couleur violette, susceptible d’un poli très-brillant, et répandant une odeur assez agréable, dont on faisait autrefois grand usage pour les poudres de couleur. On ne îonnaît pas bien la nature de l’arbre auquel il appartient, parce qu’il n’arrive en Europe que débité ; quelques-uns pensent que c’est Jacaranda mtmosœfolia, de la famille des Bignoniées. Cet trbre croit dans les forêts de la Guyane et dans les îles de l’Amérique du Sud, d’où il est importé surtout par les Hollandais ; on le nomme aussi, mais à tort, Bois de Ste-Lucie.
6° Bois de rose. Le bois de rose est ainsi appelé à cause de son odeur et de sa couleur. Il est fourni, dit Blanqui, par plusieurs arbres qui ont des patries différentes : le liseron à balai des Canaries, le liseron à bouquets des Antilles, un Erithal et un balsamier de fa Jamaïque ; le licaïs de Cayenne, et aussi, dit-on, par un arbre inconnu de la Chine. François Masson, qui a découvert le liseron des Canaries, nous apprend qu’il a deux décimètres de diamètre ; la couleur et l’odeur de ce bois qui rappellent la fleur dont il porte le nom et le beau poli qu’on lui donne, font de ce bois un des plus recherchés. Il est sans aubier, recouvert d’une écorce mince, serrée, compacte, d’un grain fin, d’une couleur rouge pâle ou jaunâtre, veiné de rouge vif ou noir. Il est en général plus ou moins creux. Le commerce en apporte maintenant en assez grande quantité pour satisfaire aux
commandes. On l’emploie dans la parfumerie, la tabletterie, la marqueterie, etc.
Le bois de rose, qui porte aussi le nom de bois de Rhodes, venait autrefois de Rhodes, de Chypre et de quelques autres îles de l’Archipel grec. C’est aussi un liseron qui le produit ; mais il ressemble plus à une racine qu’à toute autre partie de l’arbre. Il est poreux, contourné,, ayant de 3 à II décimètres de diamètre, et une écorce un peu fongueuse, d’un gris rougeâtre. Ce bois est dur, pesant, d’un jaune fauve ou couleur feuille morte, plus foncé au centre qu’à la circonférence et à couches concentriques très-serrées. Sa saveur est amère; il est huileux sous la scie et s’enflamme avec facilité. Ses usages sont les mêmes que ceux du bois de rose ordinaire. Le Levant fournit encore plusieurs espèces de bois de rose dont l’origine est inconnue. Quelques parfumeurs en retirent par la distillation une huile essentielle qui a l’odeur de l’essence de rose.
7° Bois de Sainte-Lucie. Du prunus mahaleb, famille des amygdalées. « Cet arbre tire son nom du village de Sainte-Lucie, département des Vosges, où sa culture constitue, pour les habitants, une industrie assez productive. Il croît dans toutes les parties tempérées de l’Europe.
11 est gris-rougeâtre, bien veiné, d’un beau grain et d’une pesanteur moyenne. On a coutume avant de le livrer au commerce, de le laisser enfoui pendant quelque temps sous terre, afin de développer ses propriétés odorantes et de le rendre plus facile à travailler. »
8° Bois de Sassafras, Laarus sassafras, c’est une espèce du genre Laurier, qui se trouve dans l’Amérique du sud, dans la Floride et la Caroline. G’est un arbre de
12 à 14 mètres qui réussit dans nos contrées, mais n’y atteint que 7 à 8 mètres. Le bois du sassafras nous arrive d’Amérique en bûches irrégulières, d’un gris de fer, recouvertes d’une écorce légère, cassante et rougeâtre.
L’un et l’autre ont une saveur âcre, brûlante et exhalent une odeur aromatique analogue à celle du fenouil; celte odeur est due à une huile volatile qui s’y trouve en trèsgrande quantité. En parfumerie, on emploie la rapure du sassafras ; mais comme elle perd son parfum avec le temps il ne faut râper le sassafras qu’à mesure de besoins.
9° Bois de santal. C’est le nom donné dans le commerce à trois sortes de bois qui nous sont apportés des Indes. On distingue le Santal citrin, le Santal blanc, et le Santal rouge, « Le Santa/citrin est un bois pesant, compacte, ■ à fibres droites : sa couleur est d’un jaune fauve, sa saveur est amère et son odeur semble être un mélange de musc, de citron et de rose. On extrait' par la distillation, une huile volatile d’une odeur trèsforte. Le Santal blanc ne diffère du précédent que par sa couleur plus pâle et son odeur plus faible. Le Santal rouge est un bois solide, dense, pesant, à fibres tantôt droites, tantôt ondées et imitant les vestiges des nœuds ; il n’a aucune odeur sensible ; sa saveur est légèrement astringente et austère. » Le Santal citrin est à peu près le seul employé comme parfum. En Orient, le santal est très-recherché. On le brûle dans des cassolettes ; les chinois le mêlent à la colle de riz pour faire leurs bougies ' parfumées, et ils l’emploient même à la construction de cercueils. En Europe, le bois de santal n’est guère utilisé que pour la fabrication des coffrets, boîtes de parfumeries, etc.
BOUCHE. — On désigne sous ce nom cette partie du visage qui forme l’orifice de la cavité buccale, et qui comprend le bord libre des lèvres, leurs commissures, la ligne sinueuse qui les - sépare. La grande mobilité de toutes ces parties, les changements que les passions* les différentes émotions de l’àme leur font éprouver, exercent sur ,1a physionomie une action qu’il est intéressant d’étudier. La "bouche, dit Lebrun, est la partie
qui,de tout le visage,marque le plus particulièrement les mouvements du cœur. Lorsque l’âme se plaint, la bouche s’abaisse sur les côtés ; lorsqu’elle est contente, les coins de la bouche s’élèvent en haut ; lorsqu’elle a de l’aversion, la bouche se pousse en avant et s’élève par le milieu. Lavater est allé plus loin quand il a dit d’une manière absolue qu’on remarque toujours un parfait accord entre les lèvres et le caractère; qu’elles soient fermes, qu’elles ■soient molles et mobiles, le caractère est toujours d’une trempe analogue. La bouche est l’interprète et le représentant de l’esprit et du cœur, et dans son état de repos, et dans la variété de ses mouvements, un monde de caractères; elle est éloquente jusque dans son silence! Quel objet d’admiration! s’écrie Lavater, quel miracle sublime parmi tant de miracles qui composent mon être ! Non-seulement ma bouche respire le souffle de la vie, et s’acquitte des •fonctions que j’ai en commun avec la brute, elle sert encore à former le langage; elle parle, elle parlerait même en ne s’ouvrant jamais !
. « Une bouche resserrée, dont la fente court en ligne droite, et où le bord des lèvres ne parait pas, est l’indice du sang-froid, d’un esprit appliqué, ami de l’ordre, de l’exactitude, de la propreté. Si, au contraire, elle remonte en même temps aux deux extrémités, elle suppose un fonds d’affectation, de prétention et de vanité ; peut-être aussi un peu de malice, le résultat ordinaire de la frivolité. Des lèvres charnues ont toujours à combattre la frivolité et la paresse. Bien développées, mais bien proportionnées, régulièrement serpentées au milieu, elles sont incompatibles avec la bassesse ; elles répugnent à la fausseté et à la méchanceté ; tout au plus pourra-t-on leur reprocher un peu de penchant à la sensualité. Une lèvre inférieure qui se creuse au milieu n’appartient qu’aux esprits enjoués. Regardez attentivement un homme gai dans le moment où il va produire une saillie,
le centre de sa lèvre ne manquera jamais de se baisser
et de creuser un peu. »
Nous ne pousserons pas plus loin l’exposé de ces observations empruntées à Lavater, observations généralement vraies, mais qui, dans un trop grand nombre de cas, sont sujettes à de fréquentes rectifications. Et puis, ce désir de vouloir interpréter constamment le naturel, le caractère et les individus d’après la conformation de leurs traits n’est pas sans offrir un véritable danger: non-seulement, — si tant est que la physionomie est le miroir de l’ame, — l’éducation, la volonté peuvent avoir complètement modifié un naturel vicieux, mais encore une instruction incomplète, une observation ignorante pourraient entraîner certains esprits dans des jugements téméraires, et bien peu de personnes sont douées de ce tact exquis qui put permettre à Lavater de reconnaître si souvent l’existence de passions dont l’avenir apporta la révélation. Craignons de porter un œil trop hardi dans ce monde qui nous est inconnu, et ne nous abandonnons pas à cet entraînement qui faisait dire alors à Lichtenberg : « Jamais on n’a fait plus d’efforts que de nos jours pour violer l’asile de la pensée et les plus secrets mouvements du cœur. »
Les soins hygiéniques-de la bouche consistent à laver cet organe le matin en se levant, et après les repas : on peut employer à cet usage l’éau fraîche ou tiède, additionnée de quelques gouttes d’eau de Cologne, d’eau de Botot, etc. Les substances qui servent à préparer les eaux pour la bouche sont particulièrement le cresson, le cochiearia, la menthe, le gaïac, la pyrèthre, qui ont la propriété de raffermir les gencives et de masquer les mauvaises odeurs. — Pour le complément de cet article, voy. le mot dents.