ÉLIXIR DE LONGUE VIE
Alofts.40 grammes.
Agaric blanc.4 —
Gentiane.4 —
Safran.4 —
Rbubai-be.4 —
Cannelle.4 —
Zedoaire.4 —
Thériaque.4 —
Quinquina.4 —
Sucre.30 —
Alcool à 21°.2 kilogrammes.
Préparer par macération, et ajouter à la fin l’aloès, la thériaque et le sucre. Dose : 8 à 25 grammes le matin à jeun, comme tonique amer.
Pour les élixirs dentifrices, voyez ce mot:
EMBAUMEMENTS. — Préparations que l’on fait subir aux cadavres pour les préserver de la putréfaction et des attaques des insectes.
Les anciens avaient recours aux procédés de l’embaumement pour conserver les corps des familles nombreuses ; ils se plaisaient, dit B.ambosson, à vivre au milieu de leurs ancêtres, de leurs parents et des amis qu’ils avaient perdus songeant sans effroi, à venir à leur
EMBAUMEMENTS.
tour occuper une place dans le caveau sacré. Peut-être aussi les législateurs de l’Egypte avaient-ils en vue l’hygiène publique en prescrivant l'embaumement. Les personnes qui ont cru trouver dans les émanations de cadavres putréfiés la cause de la peste n’ont pas manqué d’attribuer aux Égyptiens de l’antiquité cette intention qui, pourtant, est sans fondement.
L’art de l’embaumement a moins d’importance aujourd’hui qu’il n’en avait autrefois ; cependant il est de ces êtres privilégiés, célèbres par leurs travaux, dont on voudrait léguer aux siècles futurs jusqu’à la dernière enveloppe du génie : on rencontre dans la vie privée des affections fortes qui, surmontant la délicatesse des idées modernes, font désirer ardemment de conserver le corps et les traits d’une personne aimée qui repose dans les ombres de la mort.
Les procédés d’embaumement ont varié chez les différents peuples : on croit que les Perses enveloppaient les corps dans de la cire fondue, et que les Scythes les enfermaient dans des sacs de peau ; les Éthiopiens conservaient leurs cadavres dans de la gomme, substance très-commune dans leur pays ; on a dit aussi qu’ils les conservaient dans du verre ; mais cela n’est pas vraisemblable. On ne pourrait, sans dénaturer complètement les formes, couler du verre fondu sur une matière animale, altérable à une température moins élevée.
G’est l’Egypte qui porta le plus loin l’art de l’embaumement: une innombrable multitude de corps d’hommes et d’animaux peuplent encore un grand nombre de puits, de vastes galeries souterraines, les immenses grottes creusées dans l’intérieur des montagnes, et les caveaux nombreux de la plaine des Momies , tombeaux des habitants de l’antique Memphis.
A différentes époques, on a, par divers procédés, obtenu des résultats analogues et même supérieurs à ceux
EMBAUMEMENTS.
îles Égyptiens, du moins sous le rapport (le la conservation des formes et des apparences de la vie. Ainsi Ruysch, au moyen d’injections dont le secret est mort avec lui, rendait aux cadavres la coloration et l’apparence vitales en même temps qu’il les conservait. On dit que Pierrele-Grand, visitant le musée de ce savant, embrassa un jeune enfant embaumé qui semblait lui sourire.
L’embaumement par les aromates et les astringents, emprunté aux Égyptiens, a été généralement adopté. Tous les écrivains qui se sont occupés de la conservation des corps en ont parlé. Penicber, dit le docteur Murat, auteur d’un traité sur les embaumements, en a surtout donné, une description très-soignée. Dionis a indiqué la marche qu’il a suivie dans l’embaumement de Mesdames les dauphines. Dans les fouilles faites pendant la révolution dans les caveaux deSaint-Denis, les corps de Henri IV, de Turenne, de Louis XIV, etc., ayant été trouvés intacts, le lecteur nous saura peut-être quelque gré de lui faire connaître les différentes substances dont on s’est servi pour embaumer ce dernier. Nous le choisissons avec intention, parce que la conservation de sa dépouille devait être plus difficile. On se rappelle, en effet, que les jambes de ce prince ont été affectées de gangrène dans les derniers jours qui ont précédé sa mort, et qu’il a cessé de vivre à l’âge de soixante-dix-sept ans. La . poudre dont on s’est servi a été faite avec vingt-six parties de tan, aloès, myrrhe, asphalte, une partie de chaque ; racines de souchet, d’iris de Florence, de valériane, d’aristoloche ronde, de gentiane, d’angélique, d’impéraloire, de gingembre, quatre parties; laudanum, poivre noir, petit cardamomum, feuilles de scordium, d’absinthe, de thym, de marrube blanc, d’hyssope, trois ' parties ; benjoin, storax, encens, sandaraque, tacamahaca, deux parties ; écorces d’oranges, sommités de marjolaine, lavande, pouliot, girofle et cassia-lignea, une
EMBAUMEMENTS.
partie. Le corps ayant été bien -vidé, épongé, lavé avec l’alcool et étuvé d’huile.de lavande, on a passé sur toutes les régions une couche de baume du Pérou, puis on a rempli les cavités, et appliqué à l’extérieur une assez grande quantité de la poudre composée dont nous venons de parler. Le corps enveloppé dans une toile cirée a été renfermé dans un cercueil de plomb. On était dans l’usage, autrefois, quand on avait appliqué la toile cirée, de charger un peiutre de tracer et de colorer sur cette enveloppe la figure de la personne que l’on venait d’embaumer.
Dans ces derniers temps, on a employé, dans les embaumements, du sublimé ou de l’arsenic ; mais ces substances présentaient un inconvénient grave, celui de permettre de dissimuler le crime sous l’apparence d’honneurs rendus à un cadavre, dans le cas d’empoisonnement par ces substances ; c’est pour cela qu’une ordonnance du 31 octobre 1846 a interdit l’emploi de l’arsenic et de ses composés dans les embaumements.
Voici les procédés les plus répandus aujourd’hui pour l’art des embaumements.
1° Le •procédé G annal. « La substance que ce chimiste a définitivement adoptée (1833) après plusieurs autres essais, est le sulfate simple d’alumine, qu’il fait dissoudre dans l’eau, dans les proportions d’un kilogr. de ce sel pour 500 grammes d’eau. On met à nu la carotide ; puis, avec la pointe du scalpel, on fait à cette artère une légère incision par laquelle on injecte une quantité suffisante de la solution alumineuse; l’injection terminée, on ferme la plaie par un point de suture. Ainsi préparé, le cadavre n'est plus susceptible d’éprouver la fermentation putride au contact dé l’air; il s’y dessèche, au contraire, plus ou moins rapidement, suivant l’intensité du courant d’air et suivant la saison. Pour assurer la conservation indéfinie des corps, il faut néanmoins éviter de les dé-
EMBAUMEMENTS.
poser dans un lieu humide, et les enfermer dans des caisses convenables, garnies de coton imbibé d’huiles essentielles aromatiques.
2° Le procédé du docteur Tranchina, de Naples, qui date de 1835. « Il consiste dans l’injection par l’artère carotide gauche, au moyen d’une seringue, d’une solution d’un kilogr. d’arsenic coloré avec un peu de minium ou de cinabre dans 10 kilogr. d’esprit-de-vin ; s’il y a des signes d’un commencement de putréfaction des intestins, il faut, à l’aide d’un trois-quarts, introduire le même liquide dans la cavité abdominale : par ce procédé, un cadavre peut être maintenu pendant plus de deux mois sans odeur ni altération ; ensuite il se dessèche, durcit, prend une couleur obscure, et se maintient dans cet état pendant de longues années. Toutefois, les inconvénients graves qui résultent de l’emploi des préparations arsenicales l’ont fait prohiber en France.
« Les autres substances le plus communément employées aujourd’hui pour l’embaumement des corps sont le sublimé corrosif ou deutochlorure de mercure ( procédé ordinaire), le persulfate de fer (procédé Braconnol), le deutoclilorhydrate d’étain (procédé Tauillieb), l’acide pyroligneux ou vinaigre de bois, enfin le chlorure de zinc et le sulfite de soude : ce dernier procédé, mis en pratique depuis 1846 par M. Suquet, est appliqué avec le plus grand succès à la conservation des sujets soumis à la dissection.
« Quand on voudra conserver le cœur à part, on devra d’abord en remplir les cavités de coton ou d’étoupe ; le tout sera ensuite plongé dans une solution alcoolique de sublimé pendant cinq à six jours. Après ce temps, on retirera le cœur, qui sera essuyé et recouvert d’une couche de vernis roüge ; on le.laissera se dessécher à l’air pendant quelques jours avant de l’enfermer dans une capsule de plomb ou d’argent. »
Poudre pour les embaumements.
Touilre
de noix de galle.
10 kilogr.
de tan .....
1,000 gramm.
de sel marin. . .
de nitrate de potasse
de lavande . . .
de sauge ....
de thym ....
de menthe poivrée.
d’aloès succotrin .
de benjoin. . • .
de myrrhe. . . .
de gingembre . .
de girofle ....
de muscade . . .
de poivre noir . .
ENCENS. — Gomme résine aromatique et qui, en brûlant, exhale une vapeur parfumée. L’encens, qui nous vient d’Afrique et d’Arabie, coule.d’une sorte de genévrier particulier à ces contrées. Celui qui vient de l’Inde, plus fin que le précédent, vient de l’arbre nommé boswellia ; on le cueille en larmes jaunes, arrondies et plus grosses que les grains d’encens d’Afrique.
L’encens d’Afrique, dit Payen, est en lames jaunâtres' et en fragments irréguliers plus ou moins rougeâtres. Les premières sont oblongues ou arrondies, la plupart d’un petit volume, peu fragiles, à cassure terne et cireuse. Elles se ramollissent sous la dent comme le mastic ; mais elles diffèrent de cette gomme-résine par leur opacité ; d’ailleurs, elles lui ressemblent beaucoup et sont douées d’une saveur aromatique un peu âcre, et d’une odeur analogue aux odeurs réunies de la résine du pin et'de la résine tacamaque. Les petits morceaux rougeâtres que l’on désigne aussi sous le nom de marrons, se ramollissent facilement sous les doigts ; ils ont une saveur et une odeur plus fortes que les larmes; ils sont souvent mêlés de débris d’écorce, et contiennent une quantité