‹ Guide pratique du parfumeurChapitre 61 sur 159 · NITRE · texte numérisé non relu

NITRE

Le bon musc se dissout aux 3?4 dans l’eau ; il ne présente aucun corps dur sous le doigt ; il colore le papier en brun rougeâtre.

MYRRHE. — Gomme résine qu’on emploie sous la forme de larmes ou en grains rougeâtres ou jaunes, et qui possède une odeur aromatique très-agréable. Tirée d'Arabie, où vient l’arbre qui la porte, son goût est un peu amer, et cependant les Arabes en ont presque toujours dans leur bouche, convaincus que cet usage les préserve de beaucoup de maladies. La myrrhe est connue de toute antiquité. Considérée comme un de nos plus doux parfums, les Juifs la brûlaient en l’honneur de Dieu, et on l’employait pour les embaumements. Ce fut un des présents que les trois rois mages apportèrent au divin Enfant à Bethléem. Dans nos pays, la myrrhe, regardée comme tonique et excitante, sert en fumigations. On la substitue quelquefois à l'encens, étant d’un prix moins élevé ; mais son odeur lui est inférieure.

NITRE. — Nom donné en chimie au salpêtre. C’est un sel composé d’acide nitrique et de potasse, se décomposant par la chaleur, sans couleur, d’une saveur fraîche, piquante, amère, et activant la combustion du charbon auquel on le môle. Le nitre se forme continuellement dans les lieux exposés aux émanations des animaux et dont les murs sont revêtus de substances salifiables, telles que la chaux, la soude, la potasse, et la magnésie : ainsi les écuries, étables, caves, les habitations humides èt sombres, etc. On le trouve encore dans la tige de certaines plantes qui croissent près des habitations ou dans les champs fumés, telles que la pariétaire, la mercuriale, la buglosse, la ciguë, le grand soleil, etc. On extrait le nitre par le lessivage des substances auxquelles il est mêlé et par la concentration des lessives, où

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il se cristallise. On l’emploie dans diverses compositions d’encens.

ODEURS. — Sensation que produisent sur l’odorat les émanations des corps.

Il n’est pas aussi aisé qu’on le suppose, de définir exactement ce qu’on entend par odeur d’un corps. Pour les uns, dit le professeur Beclard, les odeurs sont une sorte de mouvement vibratoire des corps so propageant comme un fluide impondérable, et transmis à la membrane muqueuse olfactive. Pour d'autres, les odeurs sont des particules impalpables des corps, des vapeurs, ayant assez d’analogie avec les gaz odorants. Cette dernière opinion, la plus généralement adoptée, est aussi celle qui parait la plus vraisemblable. Certaines substances odorantes perdent, en effet, avec le temps, leur odeur ; et, avec leur odeur, les parties volatiles auxquelles cette odeur était attachée. Là diminution dans le poids des matières odorantes exposées au contact de l’air, quelque faible qu’elle soit, tend aussi à le démontrer. — Des quantités extrêmement minimes de matières odorantes suffisent pour réveiller, sur la membrane muqueuse des fosses nasales, la sensation de l’odeur. L’expérience de tous les jours le démontre. Du papier qui a contenu du tabac ou du musc s’imprègne des parties odorantes volatiles de ces subtances, conserve pendant des mois ou des années leur odeur caractéristique, et réveille la sensibilité de la muqueuse olfactive. En diluant une substance odorante avec de l’eau, jusqu’à ce qu’elle soit devenue inappréciable pour l’odorat, on peut estimer ainsi à quelle dose elle cesse d’être odorante. On peut également introduire un volume donné de gaz odorant dans un volume donné d’air atmosphérique et essayer le mélange à l’odorat, jusqu’aux limites extrêmes de la sensibilité olfactive. On pourrait, de cette manière, grouper en série les

ODEURS

gaz et les liquides odorants, et dresser une sorte de table des odeurs, d’après leur degré d’énergie sur la membrane olfactive, qui vaudrait bien la plupart des classifications proposées en ce genre. L’hydrogène sulfuré est encore sensible à l’odorat dans un mélange d’air atmosphérique, qui n’en contient que les deux millionièmes de son volume. L’organe de l’odorat est un réactif plus sensible que ceux de la chimie ; l’homme reconnaît encore par l’odorat la présence de certains corps, placés à dessein dans l’air, alors que les réactifs de la chimie sont impuissants à les déceler. Ne nous étonnons pas, dès lors, si la plupart des altérations de l’air déterminées par la présence des matières odorantes sont encore enveloppées d’obscurités, si le parfum des fleurs, et si beaucoup d’autres odeurs ne peuvent pas être mises en évidence d’une manière positive, à l’aide des moyens dont la science dispose. L’air est le véhicule des corpuscules odorants qui s’y soutiennent par leur moindre pesanteur spécifique. D’après les expériences de Huyghens et de Papin, une rose placée sous le récipient d’une machine pneumatique privée d’air, a conservé son odeur pendant quinze jours.

« Les philosophes de l’antiquité, qui étaient en même temps physiciens et littérateurs, n’avaient pas oublié de faire l’analyse de la sensation de l’odorat. Aristote distinguait dans les odeurs le doux, le gras,- l’acide, l’austère, l’acerbe et le fétide. Longtemps cette division imparfaite fut celle adoptée par tous les physiciens ; mais le célèbre Linné ayant remarqué que les émanations des corps étaient difficiles à classer d’après cette division d’Aristote, distingua les odeurs en ambrosiaques, odoriférantes, aromatiques, fortes ( ail et bouc.), vénéneuses et nauséabondes : Saussure a ajouté l’odeur piquante. Lorry s’est aussi occupé des odeurs, qu’il a divisées en cinq classes : camphrées, éthérées, vireuses ou narcotiques, acides et

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