‹ Guide pratique du pisciculteurChapitre 6 sur 31 · PREMIERE PARTIE. il · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE. il

artificielle des poissons était possible et sérieuse dans l'application, nul doute que la publication de leurs rapports aurait provoqué la curiosité des personnes qui, par récréation ou par intérêt, s'occupent de la pêche. Elles se seraient mises à l'œuvre ; l'impulsion ainsi donnée aurait avancé d'un demi-siècle la mise en pratique de la fécondation artificielle des œufs de poisson.

Néanmoins, nous devons le dire à la louange de plusieurs savants étrangers, amis des sciences naturelles autant que désireux de concourir à la propagation des moyens qui permettent de produire une nourriture saine et à bon marché, plusieurs s'occupèrent activement et avec persistance du nouvel art.

En 1750, Jacobi, non-seulement avait découvert les premiers principes de la fécondation, mais il avait fondé en Allemagne trois piscifactures, Tune à Hambourg, Pautre à Hobenhausen, et la dernière à Nostolem. Cette dernière donna des résultats si importants que l'Angleterre crut devoir récompenser l'inventeur et l'installateur, en lui accordant une pension.

Il serait superflu de faire ici l'historique détaillé de la pisciculture. La question pratique qui fait l'objet de notre modeste travail n'y gagnerait rien ; seulement, qu'il nous soit permis de dire un mot de la part que notre pays a prise récemment dans le progrès de cette nouvelle science.

En France, les premières expériences sur la fécondation artificielle ne datent que de 1842. C'est à cette

époque que Remi, simple pécheur des Vosges, commença ses premiers essais. L'isolement dans lequel il se trouvait, le manque presque absolu de moyens suffiraient pour donner à ses travaux toute la valeur d'une invention originale. Plus tard, Remi s'associa Gehin pour la mise en pratique du repeuplement des cours d'eau qu'ils exploraient comrao pécheurs, et leurs travaux seraient peut-être restés longtemps ignorés si, en 1848, à la suite d'une communication do M. de Quatrefages tendant à faire appliquer les procédés de Jacobi, une réclamation n'avait été faite en faveur de Remi.

Deux commissions composées d'hommes scientifiques furent nommées, et leur rapport aurait été oublié, si M. Coste, le savant professeur d'embryogénie au collège de France, ne l'avait pas appuyé de sa haute autorité, après avoir compris quelle grande ressource alimentaire pouvait être pour le pays la mise en pratique de la pisciculture intelligente et raisonnée.

Grâce à l'influence qu'exercent sur les esprits non prévenus la conviction éloquente et lo savoir profond, M. Coste obtint du gouvernement, pour Remi et Gehin, une juste récompense de leur découverte. Peu d'années après, le savant professeur obtenait la création de l'établissement de pisciculture de Huningue, véritable fabrique d'un produit que la contrefaçon n'atteint pas et qui fait sourire encore les incrédules.

Placé sur le Rhin et sous la direction d'ingénieurs habiles, cet établissement n'a pas cessé depuis sa fondation de distribuer chaque année, tant en France

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