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LA GARE D’AUTEUIL

Se rappelle-t-on cette gare originale, ayant l’aspect d’une serre, construite sur un remblai à l'extrémité du viaduc, où l’été, tous les dimanches, un véritable siège était entrepris par les Parisiens en promenade. Cette station, aujourd’hui, n’est plus qu’une ruine informe ; la gare s’est écroulée sous les projectiles qui sont venus s’abattre sur elle par milliers ! rien n’est resté debout, tout s’est effondré, tout est démoli.

Les environs de cette gare sont aussi dans un état affreux ; les restaurants, les cafés et tous les établissements qui l’avoisinaient ont disparu ; leurs

ruines ne permettent même pas de distinguer les endroits où ils se trouvaient.

L’intérieur d’Auteuil, à part quelques quartiers, n’est point extrêmement abîmé.

La villa Montmorency et quelques propriétés de la rue de La Fontaine, ont beaucoup souffert ; le marché a reçu une grande quantité de projectiles, mais n’a que sa toiture endommagée.

Aucun incendie n’a eu lieu dans cet arrondissement, quoique les fédérés eussent fait des préparatifs pour détruire et faire sauter tout Auteuil ; les rues étaient minées, une provision de pétrole avait été amenée dans chaque maison ; le pays devait être anéanti pendant l’entrée des troupes régulières; mais toutes ces épouvantables combinaisons durent être abandonnées. L’armée de Versailles fit son entrée et les fédérés se replièrent en désordre sur Paris , oubliant d’accomplir leur œuvre de destruction.

L’AVENUE DE NEUïLLY

Photographié par Pierrrc Petit,

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