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DIMANCHE 21 MAI

RIVE DROITE

C’est sur la rive droite, par la porte de Saint- Cloud, au Point du Jour, que les troupes françaises sont entrées dans Paris.

Cette porte fut franchie, dans l’après-midi, par quatre compagnies de marins, bientôt suivies du corps entier commandé par le général Douay.

Voici les circonstances qui ont le plus favorisé cette opération militaire et évité à notre armée les pertes qu’elle eut éprouvées en donnant l’assaut qui devait avoir inévitablement lieu quelques jours plus tard par la brèche déjà rendue praticable :

Depuis la prise du fort d’Issy, les batteries de

Montretout balayaient le Point du Jour et le rendaient intenable pour les gardes nationaux , qui durent quitter ce poste et se cantonner derrière le viaduc.

Vers quatre heures de l'après-midi, un piqueur du service municipal de Paris, M. Jules Ducatel, monta sur les remparts, agita un mouchoir blanc attaché au bout de sa canne et fit signe aux soldats de s’avancer ; quatre compagnies de marins, commandées par le capitaine de vaisseau Trêves, étaient de garde dans la tranchée voisine. Ce capitaine s’approcha avec quelques hommes et apprit de M. Ducatel que la porte n’était point gardée et que les troupes pouvaient entrer dans Paris sans coup férir.

Les quatre compagnies passèrent sur une poutre le fossé des fortifications et, se jetant dans la ville, commencèrent une vive fusillade qui fit croire aux fédérés qu’un nombreux corps d’armée venait d’entrer.

Pendant ce temps, M. Ducatel fut conduit à Sèvres devant le général Douay ; il y subit un interrogatoire, après lequel le général se transporta au Point du Jour et donna l’ordre à de nouvelles troupes de soutenir les compagnies déjà engagées.

Ces divers mouvements absorbèrent le surplus de la journée; la nuit vint, les troupes formant le corps d’armée du général Douay s’étendirent le long des remparts, ouvrirent les portes voisines et s’avancèrent ensuite jusqu’au Trocadéro , en se massant en forces suffisantes, afin d’éviter d’être coupées.

RIVE GAUCHE

L’armée de Versailles apprit bien vite l’entrée dans Paris.

Dés que le général de Cissey, qui se trouvait sur la rive gauche, en fut prévenu, il donna l’ordre à ses soldats d’enlever rapidement la porte de Sèvres ; cet ordre fut exécuté aussitôt avec beaucoup d’élan ; et la porte, dont une des chaînes avait été brisée, ne résista que faiblement.

Au moment de cette entrée, la nuit était déjà avancée; les soldats se dirigèrent vers l’Ecole-Militaire et la cernèrent.

Le lendemain, aux premières lueurs du jour,

quelques fédérés voulurent sortir, mais ils se trouvèrent prisonniers; l’armée les enveloppait.

Ensuite, l’Ecole fut occupée sans une grande résistance.

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