COTON FULMINANT
tion de Facide nitrique. Quand cet effet se produit, il |fatit se hâter de mettre le tout dans l'eau pour arrêter une action qui perdrait bientôt tout le coton.
En se servant d'acide sulfurique à 66 degrés, et en ayant soin d'introduire le coton dans le mélange d'aicide et de sel par petites doses à la fois,, je n'ai jamais éprouvé l'inconvénient rapporté ci-dessus. | Une autre cause d'insuccès, bien plus fréquente fsans doute, se rencontre lorsque l'acide est trop concentré, et lorsque l'azotate de potasse et le coton sont trop ou trop peu secs.
| Lorsque l'acide est très-concentré et que les autres substances sont très-sèches, le mélange devient trèsi actif, le coton qu'on y introduit est, à la véri 16, fulminant au plus haut degré, mais il perd la propriété de jse dissoudre dans l'éther et l'alcool. Si, au contraire, jFacide est un peu trop faible, et les substances un peu ihumides, le coton obtenu est non-seulement peu fulminant, susceptible de se prendre en masse et trèsdifficile à laver, mais de plus il ne se dissout qu'incomplètement dans le mélange d'éther et d'alcool ; et cette solution en séchant laisse une pellicule peu transparente, souvent même opaque.
7° Précautions à prendre dans la fabrication du coton-poudre.
Le coton fulminant doit etri préparé à l'air libre, 'ou sous la hotte d'un laboratoire ayant un bon tirage, si l'on ne veut pas être incommodé par les vapeurs délétères qui se dégagent pendant la réaction.
Comme le coton fulminant s'enûamme à la tempé-
2o6 PHOTOGRAPHIE SUR COLLODIO!*.
radure de +170 degrés environ, et qu'il pourrait produire des explosions dangereuses, il sera prudent de n'en préparer que 5 grammes au plus à la fois, comme nous l'avons indiqué. Pour le faire sécher, on évitera de le placer dans le voisinage de substances en ignition. La meilleure manière de faire sécher le coton-poudre, c'est de l'exposer en plein soleil, ou de le suspendre au moyen d'un crochet à une ficelle tendue en l'air, où il pourra sécher spontanément. Quand on est pressé, on fait chauffer de l'eau jusqu'à ébullition, on éloigne ensuite du feu le vase qui la renferme, on le recouvre d'une assiette de 'porcelaine sur laquelle on dispose le coton fulminant. La chaleur transmise par cette espèce de bain-marie, produira en peu de temps et sans aucun danger la dessiccation du coton.
8° Découverte du coton fulminant.
L'invention du coton -poudre ne remonte pas audelà de 1846, et elle est due à M. Schonbein, chimiste distingué de Baie. Mais pendant qu'il conservait d'une manière jalouse le secret de cette préparation, M. Boettger, de Francfort, parvint à trouver le moyen d'obtenir du coton fulminant (1). 11 en est toujours ainsi,
(1) Il serait plus juste de restituer à ses véritables inventeurs la découverte du coton-poudre. Les mystérieuses réticences de M. Schonbein, ses dénégations peu loyales lorsqu'il a vu son prétendu secret devenu public, les travaux ultérieurs de M. Boettger, son associé, rien de tout cela n'a suffi pour enlever, aux yeux des savants, le mérite de cette invention à M. Braconnot, chimiste de Nancy, qui, dès 1832, avait trouvé la xyloUine; M. Pelouze, savant très-connu, avait aussi repris, en 4838, l'étude de ce corps, et en avait fait l'objet d'un sa-
aussitôt qu'une découverte nouvelle est annoncée,, un grand nombre de personnes, mues par la curiosité ou par l'amour du gain, font d'ardentes recherches dans le même but, et finissent par l'atteindre et le perfectionner. Le tout est de faire le premier pas et de lancer le public dans une direction nouvelle. L'histoire de la photographie apporte chaque jour une nouvelle preuve de ce fait.
Préparation.
1° Dans un flacon à col étroit, on met :
Ether sulfurique à 66° 100 gram.
Coton fulminant 2 —
Si le coton a été bien préparé, il ne tardera pas à être dissous et formera avec l'éther un coilodion simple, semblable à celui des pharmaciens. Mais cela arrive rarement, et le plus ordinairement la dissolution du coton n'a lieu que d'une mamère imparfaite dans l'éther aussi conceritré.
2° On met dans un autre flacon plus petit :
Alcool à 40° (1) 50 gram.
Iodure de potassium réduit en poudre 1.5
vant mémoire publié dès cette époque. On sait, du reste, que le coton- , poudre n'a pas réalisé tout ce qu'on s'en promettait comme force balistique. ' [Note du traducteur.)
(1) Nous aimerions mieux de l'alcool à 36°, par la raison que l'iodure de potassium est trop peusoluble dans les alcools concentrés.
[Note du traducteur.)
258 PHOTOGRAPHIE SUR COLLODIO!*.
Lorsque la dissolution est faite, on la verse dans le flacon qui contient le collodion. La solution alcoolique * d'iodure de potassium rend le collodion photographi- j que, et de plus elle complète la dissolution du coton fulminant, dans le cas où elle ne se serait pas faite ! dans réther seul.
Le collodion photographique, lorsqu'il est bien réussi, doit avoir une couleur d'un jaune citron pâle. On le laisse au repos pendant environ douze heures, afin qu'il s'éclaircisse et on le décante dans un autre flacon, avant de l'employer à collodionner les glaces.
OBSERVATIONS
1° De quelques propriétés du collodion photographique.
Un grand nombre d'agents altèrent le collodion photographique. La lumière le rougit en mettant en liberté de l'iode ; le contact de l'air le rougit aussi, parce qu'il détermine une oxydation de réther et de l'alcool qui entrent dans sa composition. La présence d'une petite quantité d'alcali» dans le collodion détermine une sorte de perturbation, une altération spontanée d'une nature particulière, qui nuit beaucoup à ses qualités photogéniques.
Le collodion préparé avec les proportions que nous avons indiquées, est généralement assez fluide, assez~ coulant pour s'étendre uniformément sur une lame de verre ; il est assez épais pour y abandonner une pellicule très-adhérente que l'on peut soumettre aux divers liquides sensibilisateurs, révélateurs, etc., sans craindre de la déchirer. La quantité d'iodure qu'il
! renferme, dans le rapport d'environ 1 : 100, est trèsconvenable pour produire une couche susceptible de recevoir une image, sans une opposition trop criarde | entre les lumières et les ombres. Lorsque le collodion ! contient plus d'éther ou moins d'alcool que la dose prescrite plus haut, il est plus siccatif, et en s'évaporant il laisse une pellicule plus épaisse ; si, au contraire, il renferme beaucoup d'alcool, il sèche moins vite, la couche est moins solide ; mais elle est plus sensible à la lumière et elle s'étend d'une manière bien plus uniforme sur la glace, principalement en été où l'évaporation de l'éther est très-prompte. Enfin, si l'éther et l'alcool ne sont pas assez concentrés, s'ils contiennent de l'eau, le collodion a une tendance ià se gercer sur le verre, et il y adhère peu solidement.
2° Inconstance du collodion.
Le coton fulminant n'est pas toujours soluble au même degré, à chaque fois qu'on le prépare; d'un autre côté l'éther et l'alcool varient continuellement en degré et en pureté ; il est donc impossible d'obtenir à coup sûr un collodion qui conserve toujours des propriétés identiques. Mais il est facile de remédier à cette inconstance du collodion.
3° Moyen de remédier à l'inconstance du collodion.
Premier cas. — Lorsque le coton-poudre n'est pas très-soluble dans le mélange d'éther et d'alcool, il faut naturellement forcer la dose pour obtenir un collodion d'une suffisante consistance ; et si, malgré cela, le collodion est encore trop clair, on pourra toujours
augmenter sa densité en ajoutant une nouvelle quantité de coton-poudre. Cependant, comme après chaque nouvelle addition de coton-poudre, il faut attendi dre quelque temps que la dissolution soit complète, ; il sera plus avantageux de préparer à l'avance un ! collodion très-épais, dont on se servira pour corriger!: au besoin l'excès de fluidité du collodion photographique. A cet effet on met dans un flacon de verre à col étroit :
Ether à 66° 90 gram.
Alcool à 40° 10 —
Coton fulminant 3 —
On laisse réagir ce mélange pendant quelques; heures, en agitant plusieurs fois le flacon pendant cet intervalle. On obtient ainsi un collodion très-épais, comme celui de la pharmacie. Lorsque le collodion sera devenu bien clair au repos, on le décante dans un autre flacon spécial que Ton conserve nermétiquement bouché. L'addition de 5 à 10 pour cent.de ce collodion au collodion photographique trop fluide, suffira ordinairement pour donner à ce dernier une consistance convenable.
Second cas. — Si, au contraire, le collodion est trop épais, le remède est tout aussi facile. 11 suffira de l'étendre en y ajoutant de 5 à 10 pour cent de son cevolume d'éther. L'alcool pourrait également servir à \ allonger le collodion, mais on ne doit jamais l'ajouter en trop forte quantité ; sans cela le collodion devient trop mou et sans consistance, en sorte qu'au moment de la sensibilisation, il se détache facilement de la glace et se mêle au bain d'argent.
0 Moyen de conserver au collodion 'photographique le même degré d'ioduration.
Soit que Ton ajoute au collodion photographique, u collodion pharmaceutique pour le rendre plus pais, soit qu'on rétende avec de Téther ou de l'aldoI, ou, avec un mélange de ces deux substances pour ì rendre plus fluide, la quantité relative d'iodure u'il contient est nécessairement diminuée , et Ton nit par courir le risque de ne plus obtenir une néative parfaite avec ce collodion. Ainsi, dans un cas )mme dans Fautre, il faut ajouter au collodion une uantité proportionnelle d'iodure.
On met pour cela dans un petit flacon :
Alcool à 40° 100 gram.
Iodure de potassium porphyrisé. 4 — On agite le liquide pour faciliter la dissolution du % Cette dissolution renferme une quantité d'iodure e potassium quadruple de celle que contient le col- >dion photographique. Ainsi, pour trois volumes de Dllodion épais, ou d'éther et d'alcool ajoutés à la liueur photographique, il faudra ajouter un volume iulement de cette solution alcoolique d'iodure de poiissium, pour rétablir dans le collodion la même proortion relative dlodure qu'il contenait primitiveîent.
0 Caractères où l'on reconnaît la proportion df iodure dans le collodion.
L/aspect que prend la glace collodionnée dans le
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bain sensibilisateur est un indice certain de la juste proportion d'iodure mélangée au collodion. Lorsque la glace prend une couleur d'un blanc légèrement opaque et complètement uniforme, on est assuré d'une bonne réussite. Mais si, au contraire, la glace, au sortir du bain d'argent, présente un blanc mat de por-i celaine fortement opaque, c'est un indice que le col-! lodion renferme un excès d'iodure. Dans ce dernier cas, l'image se forme lentement, et elle est facilement attaquée par les liquides fixateurs. Une couleur bleuâtre transparente accuse un défaut excessif d'iodure,: qui empêche l'épreuve de bien venir, parce qu'elle ne peut pas prendre d'une manière bien sentie les différentes teintes des clairs-obscurs.
Dans le cas où il y a excès d'iodure, on ajoute à la préparation, du collodion épais et un mélange d'alcool etd'éther. Si, au contraire, le collodion est tropj pauvre en iode, on y ajoute de l'alcool ioduré, duj collodion épais et de l'éther, suivant les règles indiquées pins haut, pour le rétablir à peu près dans son état normal.
6° Altération spontanée du collodion photographiqueet moyen d'y remédier.
C'est un fait démontré et admis en photographie, que le collodion une fois ioduré, ou rendu photographique, ne conserve pas longtemps son énergie pho-i togénique, sans qu'on puisse préciser avec certitude les causes de l'altération qu'il éprouve. En effet, on ai beau fermer très-hermétiquement les flacons qui le; contiennent et prendre toutes les précautions possibles, ;
îomme de le tenir à l'abri de la lumière et dans un 3ndroit frais, rien ne peut empêcher son altération spontanée.
11 ne faut pas cependant exagérer les conséquences 'de cet inconvénient du collodion, et ce ne doit pas être ;un motif de découragement pour l'opérateur, puisqu'il est très-facile d'y remédier. Le collodion, quelque modification qu'il éprouve, ne subit jamais une altération assez profonde pour ne pas être ramené à peu près à sa sensibilité primitive, en y ajoutant, suivant les circonstances, du collodion plus épais, de l'éther, de l'alcool, de l'iodure, un alcali ou un acide, etc.
Ordinairement le collodion photographique prend, avec le temps, une teinte rouge, et sa sensibilité diminue. L'addition de 3 à 4 gouttes d'ammoniaque liquide par 100 grammes de collodion suffit souvent pour lui rendre toute sa promptitude photogénique. Toutefois, si on vient à dépasser la dose convenable d'ammoniaque, on pourrait en neutraliser l'excès en ajoutant un peu d'acide iodhydrique ou d'acide chlor-
hydrique (1). .
Mais le meilleur moyen d'obvier aux inconvements qui résultent de l'altération spontanée du collodion photographique, est de le préparer par petites doses à la fois, au fur et à mesure des besoins ; ou bien encore de n'iodurerle collodion que peu d'instants avant de s'en servir. A cet effet on tient en réserve une petite
(1) Nous devons dire que toutes les fois que nous ayons cherché à ramener le collodion au moyen d'une addition d'ammomaque , quelque minime qu'elle fût, nous avons toujours échoué: le collodion s'est troublé et a été perdu. L'auteur exprime/du reste, à peu près le même avis plus haut, page 258. {Vot* du traducteur.)
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provision de solution alcoolique d'iodure de potassiui que l'on ajoute au collodion normal, lorsqu'on vei le rendre photographique. Il faut cependant averti 1 operateur que cette solution alcoolique se décompos spontanément à la longue, mais beaucoup moins vit que le collodion ioduré. Il se forme dans cette solo Jon un acétate de potasse qui, mélangé au collodion diminue sa ténacité et sa sensibilité. Il suit de là qu,j alcool lui-même ne doit pas être ioduré trop long, temps avant de s'en servir pour iodurer le collodion et quii convient également de n'en préparer qu'une petite quantité à la fois (1).
Avec ces précautions, l'opérateur pourra toujours avoxr du collodion photographique qui n'aura pas le temps de subir les changements et les altérations spontanés qui lui enlèvent sa sensibilité au bout de quelque temps de service.
7° Décanter et filtrer le collodion.
Nous avons dit que le collodion doit être abandonné au repos pour s'éclaircir et qu'on doit ensuite simplement le décanter. Jecrois en efTet qu'onpeut se dispenser de filtrer le collodion, parce quii est essenuïlement volatil et que son extrême légèreté ne permet Pas aux substances étrangères qu'il pourrait contenir,
lia,!!r.r.uSa f rffCe 0U de reSt6r susPenduès dans le hquide ; elles tombent toutes au fond du vase, et l'on peut amsi décanter la plus grande partie du liquide
[Mte du traducteur.)
dans un grand état de limpidité et de transparence (1). Si, par un excès de précaution, on voulait filtrer le collodion, il faudrait avoir soin de recouvrir l'entonnoir avec une feuille de verre un peu plus large que l'ouverture de cet entonnoir, pour empêcher l'évaporation de l'éther. Le collodion, filtré ou décanté, doit tëtre conservé dans un flacon parfaitement fermé par lun bon bouchon de liège. Les bouchons de verre [ajustés à Téméri adhèrent avec une telle force par suite de la dessiccation du collodion, qu'on est parfois obligé de couper le col du flacon au moyen d'une lime ou lavec un charbon allumé, pour pouvoir l'ouvrir (2).
8° Collodion ioduré par Viodure d'ammoniaque.
L'iodure d'ammonium peut être substitué à rio- : dure de potassium dans la préparation du collodion 'photographique, il présente même quelque avantage dans les circonstances où l'on veut préparer un collodion sans alcool, pour l'obtenir plus résistant et plus tenace, comme celui dont on a besoin pour les épreuves positives directes destinées à être transporta Quoi qu'en dise l'auteur, le collodion ne devient jamais complètement limpide qu'à l'aide de la filtration , et comme il se forme I chaque jour un léger dépôt dans le collodion, il sera prudent de le filtrer au oommencement de la journée. [Note du traducteur.)
(2) Nous avoris toujours conservé le collodion dans des flacons touchés àl'eméri, et jamais nous n'avons eu à nous plaindre de l'inconvénient signalé par l'auteur, ni de recourir aux remèdes extrêmes qu'il indique et qui entraînent la perte da flacon. Ce serait, dans tous les cas, une grande imprudence que d'essayer d'ouvrir le flacon avec un charbon allumé ; on risquerait ainsi d'enflammer le collodion.
[Note du traducteur.)
Guide du Photographe. 23
tées sur toile cirée. Mais dans les autres cas, l'ioduri d'ammonium ne doit pas être préféré à celui de pc tassium, parce qu'il ne donne pas une plus grandi sensibilité au collodion, et que d'ailleurs il produi des négatives beaucoup moins intenses.
9° Action des iodures à différentes bases.
De* même que l'iodure d'ammoniaque, les iodurej de cadmuim, de zinc et de fer, ne semblent pas acc^ lérer la formation de l'image, plus que ne fait l'ioi dure de potassium, et les résultats ne sont en rien pluparfaits, quant à l'effet produit. Lorsqu'on ajoute dt ces iodures à un collodion préparé à l'iodure de potassium , l'image devient plus intense, par la seule raison qu'on a augmenté la quantité d'iodure ; mais elle ne se forme ni avec plus de promptitude ni avec plus de perfection. Lorsque la base de l'iodure est trèsi forte, la décomposition que subit cet iodure dans le bain sensibilisateur étant plus profonde, la formation de l'iodure d'argent sensible doit être plus parfaite, et c'est là sans doute ce qui a fait généralement préférer l'iodure de potassium à tous les autres iodures pour la préparation du collodion (1).
(1) Quoi qu'en dise l'auteur, nous donnons la préférence à l'iodure de cadmium, dont la base pins faible décompose moins promptement le collodion. Il suffirait que ce sel eût été indiqué par le savant M. Laborde pour en faire reconnaître les avantages , mais ils sont tellement palpables, -que nous ne comprenons pas comment ils ont pu être niés par quelques auteurs. Ainsi, l'iodure de cadmium est parfaitement soluble dans l'éther, ce qui dispense d'introduire dans le collodion la quantité d'alcool nécessaire pour dissoudre les autres iodures et notamment celui de potassium. D'un autre côlé, le collodion ioduré, ou cadmium, ne se colore qu'après un temps très-long, et sous
10° Causes qui influent sur la sensibilité du collodion.
On ne peut pas attribuer à telle ou telle substance i sensibilité du collodion photographique ; mais les auses qui lui donnent cette propriété, sont : ! 1° Sa plus ou moins grande ténacité/ car il est Touvé qu'un collodion moins tenace et plus peraéable, est aussi plus propre à la réduction de Fioure d'argent, sous l'influence de la lumière et des liuides révélateurs;
• 2° L'état différent d'acidité ou d'alcalinité que peut Présenter parfois le collodion. Il suffit, en effet, d'une jose tout-à-fait homéopathique d'acide ou d'alcali !our faire passer le collodion de son maximum de !3nsibilité à un défaut absolu de sensibilité, et vice \ersâ. Il m'est arrivé un jour d'ajouter mal à propos gouttes d'ammoniaque liquide à 1 00 grammes d'un Dllodion peu sensible, et cette addition l'a rendu >ut-à-fait insensible. Mais, en ajoutant à ce collodion [ gouttes d'acide chlorhydrique, j'ai été fort surpris |e voir qu'il avait repris une sensibilité exquise, [fon collodion, essayé aux réactifs, n'accusait aucune sspèce d'alcalinité avant l'addition de l'acide chlorhyirique. Cela prouverait donc qu'il n'est pas absolument nécessaire que le collodion soit alcalin pour être însible, comme quelques auteurs prétendent l'avoir prouvé ;
ois les autres rapports, le collodion ainsi composé nous parait coniTver toutes ses qualités crune manière bien plus stable.
(Note du traducteur.)
3° Enfin, ce qui peut encore contribuer à la sensibilité du collodion, c'est d'avoir soin de sensibiliser les glaces dans une obscurité complète, en ayant soin de couvrir la lumière de la bougie, ou de la petite lampe qui éclaire l'atelier, avec un globe de verre jaune foncé ou avec du papier d'une couleur antiphotogénique; c'est aussi d'introduire la glace encore humide dans le bain sensibilisateur ; de procéder immédiatement à l'exposition, et de développer l'image aussitôt que le collodion a été impressionné. Si on néglige quelqu'une de ces précautions, le meilleur collodion ne sera pas plus sensible qu'un collodion mé-! diocre, mais employé avec un soin scrupuleux.
11° Collodion instantané.
Bien qu'il soit très-désirable qu'on arrive à obtenir! un collodion instantané, il faut pourtant avouer que, jusqu'ici, on n'a pas encore trouvé le moyen de produire de bonnes épreuves négatives instantanées. Le j collodion le plus délicatement sensible ne donne que des épreuves défectueuses, avec des effets heurtés d'ombres et de lumières, si la pose n'est pas un peu prolongée.
12° Collodion bromure.
On sait que le brome forme avec l'argent une combinaison analogue à celle produite par l'iode avec le même métal, mais la première de ces combinaisòns a sur l'autre l'avantage d'être presque également décomposée par les rayons diversement colorés. C'est pour cela qu'on a proposé, avec une sorte d'enthou- j siasme, de substituer le bromure à l'iodure d'argent,