‹ Guide theorique et pratique du photographeChapitre 29 sur 107 · COLLODION BROMURE · texte numérisé non relu

COLLODION BROMURE

pour obtenir plus d'harmonie et plus d'exactitude relative dans la reproduction des objets diversement colorés. Mais les espérances qu'on avait conçues d'abord, ne se sont pas réalisées dans la pratique; on a jbientôt reconnu que le bromure d'argent, employé seul, est incapable de donner une bonne épreuve, suffisamment venue ; l'image qu'il produit est toujours confuse, monotone et sans vigueur.

On a proposé alors un terme moyen qui consiste à ajouter un bromure à l'iodure de potassium dans la préparation du collodion, pour obtenir les dégradations de teintes voulues, et pour reproduire en même i temps les objets revêtus de couleurs qui n'exercent iqu'une très-faible influence sur l'iodure d'argent. Les produits que l'on obtient par ce procédé ne semblent pas, toutefois, présenter un résultat supérieur à celui que donne l'iodure seul, à cause de la plus grande lenteur du bromure d'argent à se décomposer, sous l'influence de la lumière. Quoique nous nous soyons borné à prescrire l'addition du bromure dans la préparation de l'albumine, nous ne condamnons pas ceux qui font usage de bromure dans le collodion. En effet, comme l'action du bromure d'argent dans le collodion ne nuit en aucune façon, et n'apporte aucun obstacle à l'impressionnement de l'iodure d'argent, on peut conjecturer qu'il y a toujours plus de probabilités de succès en se servant des bromures (1).

({ ) L'adjonction des bromures nous paraît surtout avantageuse toutes les fois qu'il s'agira de reproduire des vues, des paysages, en un mot tous les objets dans lesquels les couleurs sont très -différentes sous le rapport photogénique. C'est là le seul moyen d'égaliser les teintes, et en supposant, ce qwi n'est pas démontré, qu'il en résulte un léger

13° Solidité de la couche collodionnée et moyen de l'augmenter.

La solidité de la pellicule que le collodion aban-j donne surla glace, est loin d'être comparable à celle! d'une couche d'albumine ; elle laisse beaucoup à dé-i sirer, et c'est pour cela que Ton a proposé de recou-^ vrir la couche collodionnée qui porte Fépreuve négative, d'un vernis destiné à la rendre plus solide et! à la préserver des accidents qui peuvent facilement la compromettre lors du tirage des positives. Il y a un moyen d'augmenter la ténacité du collodion, au ! point de n'avoir pas besoin de le vernir après le développement de l'image ; il consiste à introduire quel- ! ques fragments de gutta-percha dans le collodion photographique (1).

Bien que la gutta-percha ne semble pas attaquée par le collodion, il s'en dissout, toutefois, dans le liquide, une quantité suffisante pour communiquer à la pellicule qu'il laisse sur la glace , la solidité I voulue.

retard dans la production des images, on en sera plus que dédommagé j par la perfection évidente des résultats obtenus. M. l'abbé Laborde, qui est pour nous une des plus grandes autorités en photographie, recommande l'emploi des bromures dans le collodion ioduré. Il en est de même de M. Yan Monckhoven. [Note du traduct.)

(1) Suivant nous, l'addition de gutta-percha ne produit aucun effet sensible dans le collodion ; nous serions même porté à croire que cette substance serait plutôt nuisible. (Note du traducteur.)

Le collodiori s'étend beaucoup plus facilement et |)lus uniformément sur le verre que l'albumine, à bause de la propriété qu'il possède de sécher promplement, et de ne pas craindre les substances grasses.

La glace à collodionner est lavée et polie de la Inême manière que nous l'avons dit .pour la glace nii doit être albuminée, jusqu'à ce que le souffle de î 'haleine se condense uniformément, et sans aucune i lâche sur la superficie du verre.

■ La glace bien polie est placée sur une feuille de • papier blanc, le revers en dessus, et la face à collo-

■ lionner çn contact avec le papier. On applique, sur e milieu de cette glace, un bâton de gutta-percha ou

3 le cire, que l'on a fait chauffer. Lorsque ce bâton . &t parfaitement refroidi, il adhère à la glace et forme ( ane sorte de manche. Mais avant de verser le collo- 3 iion sur la glace, il faut y passer un pinceau large, à ' poils fins et longs, pour chasser la poussière qui a pu ietre attirée par le verre (1).

s Pour étendre le collodion, on enlève la glace par' 1 son manche, et, la tenant de la main gauche, on J prend, avec la droite, le flacon à long col qui contient le collodion photographique. On saisit avec le t petit doigt de la main gauche le bouchon de ce fla-

(1) Au lieu du manche en gutta-percha nous conseillons de se servir plutôt d'une de ces petites ventouses en caoutchouc proposées par M. Davanne. Ou pourrait aussi employer un de ces ingénieux supports connus sous le nom de pistolette photographique. [Note du traduct.)

lit PHOTOGRAPHIE SUR COLLODIO!*.

con, pendant qu'un léger mouvement de torsion im«| primé par la main droite détermine l'ouverture du flacon. On aura soin que l'orifice du flacon soit trèspropre et complètement exempt de tout résidu de! collodion desséché ; on verse alors, sur l'angle de la] glace le plus éloigné de soi, une quantité de collodion suffisante, pour qu'en inclinant convenablement! la glace, on puisse facilement recouvrir toute la superficie. Aussitôt que toute la glace est recouverte de collodion, on abaisse sur l'orifice du flacon l'angle de la glace le plus voisin de l'opérateur, et on laisse écouler l'excédant de collodion. Lorsque cet écoulement a cessé, et que la glace ne fait plus que s'égoutter, on replace sur le flacon le bouchon qui est resté entre le petit doigt de la main gauche, et, en mêmel temps, on se sert du manche, pour imprimer à la| glace un mouvement rapide de balancement de droite à gauche, destiné à faire disparaître les rides que le colodion a formées dans sa course diagonale sur le verre.

La plaque, ainsi collodionnée, doit être sensibilisée à l'instant même.

OBSERVATIONS

1° Degré de densité convenable pour le collodion.

C'est seulement en appliquant le collodion sur le verre qu'on reconnaît si su densité, si sa fluidité sont convenables. On en juge par l'épaisseur de la couche! qui se produit, par la formation des rides, par la facilité plus ou moins grande avec laquelle il s'étend, j

ir son évaporation, qui ne doit pas être trop prompte, i laisser des ondes accumulées de collodion, etc.

Quand on doit collodionner des glaces de petite diîension, un collodion un peu dense peut encore doner de bons résultats ; mais, pour les grandes glaces,

est indispensable d'employer un collodion peu pais, très-liquide et très-coulant, parce qu'alors il &t bien plus facile d'obtenir une couche régulière ur toute la superficie du verre.

2° Bu collodion qui a déjà été versé sur la glace.

Dans les circonstances où Ton a un grand nombre le glaces à collodionner, à force de répandre à pluieurs reprises le liquide sur le verre, et de reverser 'excédant dans le même flacon, le collodion finit par se troubler, à cause des impuretés qui s'élèvent du ?ond, ou dont il s'est emparé pendant les opérations.

Pour éviter un pareil inconvénient, il sera bon de renverser dans un flacon, à part, le superflu du collodion qui s'écoule de chaque glace. Par ce moyen, Le flacon au collodion conservera toujours sa limpidité, et on évitera, de plus, d'y introduire des bulles d'air qui, dans le cas contraire, se promèneraient surla glace, pendant sa préparation, et détermineraient la formation de stries diagonales, au moment où l'on fait écouler l'excédant du collodion.

Le collodion que l'on a reversé dans un flacon spécial, est additionné de quelques gouttes d'éther, et lorsqu'il se sera bien clarifié par le repos, on le filtrera et on le remettra avec le collodion primitif.

PHOTOGRAPHIE SUR COLLODIO!*.

3° Autre manière de tenir la plaque pour la collodionner.

Au lieu de saisir la glace, comme nous l'avons dit, au moyen d'un manche de gutta-percha ou de cire, ce qui fait perdre un temps précieux pour attendre le refroidissement complet de la glace, avant d'y verser le collodion, on peut opérer d'une manière beaucoup plus simple et plus expéditive. On prend la glace par un de ses angles, entre le pouce étendu et l'index fermé ; on verse le collodion dans l'angle le plus voisin de celui par lequel on tient la glace, et on Tétend sur toute la superficie du verre, en inclinant légèrement et convenablement la glace.

Dans cette méthode, on est bien forcé de laisser à nu l'angle par où on tient la glace, mais cela n'a pas un grand inconvénient, et, dans tous les cas, il serait plus que compensé par la facilité et la promptitude que présente alors l'opération (1).

4° Précautions à prendre contre l'inflammabilité du collodion.

En appliquant le collodion, surtout s'il est siccatif ou s'il renferme peu d'alcool, il sera prudent de se tenir le plus éloigné que l'on pourra, de la lampe. Ou bien, on opérera à la faible lumière transmise

(1) Cette méthode est la plus généralement adoptée, et peut-être aussi a plus efficace, car il n'est pas d'instrument qui puisse atteindre a la dextérité d'une main conduite par l'intelligence. Nous devons toutefois recommander d'éviter avec un soin extrême le contact du collodion avec les doigts, il en résulterait infailliblement des taches SllrlePreave« (Note du traducteur.)

par une petite ouverture munie d'un verre jaune et ju'on aura soin, du reste, de fermer aussitôt après avoir étendu le collodion. On le sensibilisera alors sans perdre de temps, à la faible clarté de la lampe , sntourée de papier jaune ou rouge.

5° Inconvénients d'une lenteur excessive en collodionnant.

Si, après avoir versé le collodion sur la glace, on attend trop longtemps pour rétendre sur toute la surface du verre, ou bien encore, si, après avoir étendu le collodion sur la glace, on ne procède pas tout de suite à la sensibilisation, il se produit deux inconvénients qui peuvent faire manquer répreuve. Le premier est la formation d'une couche inégale ; le second est la destruction de la plus grande partie de la sensibilité du collodion. Mais le temps qu'on doit mettre à appliquer le collodion dépend, jusqu'à un certain point, de la nature du collodion lui-même. En effet, si on applique sur le* verre un collodion récemment préparé, fort en éther et un peu épais, l'évaporation du liquide est très-prompte ; il s'épaissit rapidement, et l'opérateur doit se presser, pour éviter que le collodion ne sèche trop profondément. Mais si, au contraire, on emploie une vieille solution de coton-poudre, très -étendue d'alcool, on pourra, en opérant plus lentement, obtenir encore de bons résultats. Mais, dans tous les cas, celui qui opère avec promptitude, réussit incontestablement, d'une manière plus sûre, pourvu, toutefois, qu'il agisse sans précipitation, et qu'il procède avec ordre et régularité.

PHOTOGRAPHIE SUR COLLODIO^.

6° Dispositions préliminaires avant de collodionner.

Avant de passer à l'application du collodion, il fan disposer le cabinet noir, de manière à avoir sous 1 main tout ce qui est nécessaire pour sensibiliser, déj velopper et fixer l'image. Il faut que ce cabinet puiss être rendu parfaitement obscur. On allumera un petite lampe que l'on placera dans le voisinage d bain sensibilisateur, mais de telle sorte, que ce dei nier se trouve à l'ombre d'un, abat-jour rouge I jaune, placé en avant de la flamme.

Le bain sensibilisateur doit être prêt à être em ployé et débarrassé de la pellicule métallique qui s forme à la superficie.

Les châssis dans lesquels on renferme la glace sen sibilisée pour la mettre dans la chambre obscure doivent être préparés d'avance et bien époussetés afin qu'on n'ait pas à les chercher ou à les nettoyé après la sensibilisation. Le modèle à reproduire aur; aussi été mis avant tout au foyer, pour pouvoir expo! ser sans aucune perte de temps. On doit avoir sou la main, dans le cabinet noir, le liquide révélateur l'eau de lavage, le bain fixateur et deux ou trois eu vettes bien propres, afin que, aussitôt la pose ter minée, l'opérateur puisée procéder immédiatemen au développement et aux opérations subséquentes qu terminent l'épreuve.

TROISIÈME OPÉRATION

On fait dissoudre : 6 parties de nitrate d'argent fondu dans 100 parties d'eau, et le bain sensibilisateur pera prêt à servir.

| Les manipulations peu nombreuses qu'exige cette (opération ont été décrites plus haut.

OBSERVATIONS

4° Latitude dans les proportions de nitrate d'argent i du bain sensibilisateur.

Les photographes diffèrent entre eux de sentiment, i quant au degré de concentration le plus convenable j qu'on doit donner au bain sensibilisateur du collodioîi. i Les uns emploient le nitrate d'argent à la proportion i restreinte de 4 à 5 pour cent, d'autres, au contraire, l l'élèvent jusqu'à 8, 10 et même 15 pour cent. Ce qu'il i y a de bien certain, c'est qu'avec une solution faible la i sensibilisation réussit mieux, bien qu'elle soit un peu plus lente à se produire . Lorsqu'au contraire la solution renferme une forte dose d'argent, la production dio- I dure d'argent sur la couche collodionnée est pour I ainsi dire instantanée, et si la glace n'est pas plongée d'un seul coup dans le bain, la couche de collodion est tout-à-fait gâtée. De plus, un bain d'argent trop concentré a l'inconvénient de dissoudre facilement l'iodure d'argent qui se forme dès le principe sur le collodion, et si l'on n'a pas la précaution de laisser la glace le moins de temps possible dans le bain sensi- Guide du Photographe. 24

bilisateur, il ne reste plus sur la glace qu'une coucb très-mince d'iodure, et l'image ne réussit pas.

2° Rapport qui doit exister entre le bain sensibilisâtes et le collodion.

Quand le collodion photographique est bien pré paré, qu'il n'est ni acide ni alcalin, le bain sensibili; sateur le plus convenable est celui qui se trouve dan les mêmes conditions de neutralité. Si, au contraire; le collodion est acide ou alcalin, un bain sensibilisa teur à l'état neutre peut encore donner de bons résuï tats, si l'acidité ou l'alcalinité est faible ; mais passi une certaine limite, il ne donnera plus aucune sensi1 bilité, principalement dans le cas d'acidité. Avec ut collodion alcalin, il faut employer un bain sensibilisateur légèrement acide, si l'on veut obtenir des ré sultats passables. Mais un bain acide serait très-mauvais s'il s'agissait de sensibiliser un collodion acide l'image se formerait alors avec une lenteur désespérante.

3° Modifications que le bain sensibilisateur éprouve par l'usage.

Le collodion des glaces apporte continuellement de l'éther et de l'alcool dans le bain d'argent. Ces substances en s'acidifiant spontanément finissent pai rendre le bain acide. L'acidité qu'il prend ainsi n'est pas positivement nuisible, parce que l'acide acétique qui se forme est un acide très-faible ; d'ailleurs, le bain1 prend en même temps que l'acide, de l'iodure d'argent J de l'azotate de potasse et de l'acétate d'argent, etc. Ili

SENSIBILISATION DES GLACES. 279

in résulte que la sensibilité susceptible d'être comluniquée aux glaces par un bain qui a servi quelque 3mps est encore plus forte que celle que donnerait 'n bain neuf. C'est pour cela que certains auteurs nt conseillé d'ajouter au bain d'argent, au moment aême de sa préparation, de l'alcool, de l'éther et de iodure de potassium, pour y introduire dès le prinipe les éléments qu'il acquiert à l'usage. L'alcool et étlier n£ paraissent produire aucun effet, mais l'adition de l'iodure de potassium est surtout avantaeuse, en ce qu'il neutralise l'action dissolvante exeree par le nitrate d'argent sur l'iodure d'argent formé ur le collodion, dans le bain sensibilisateur, au moaent où la glace y est plongée.

QUATRIÈME OPÉRATION

SENSIBILISATION DES GLACES.

Comme le collodion est beaucoup plus sensible à la umière que l'albumine, il faut que le cabinet où 'opère la sensibilisation soit parfaitement obscur, que a sensibilisation soit faite à la faible lumière transoise par un verre rouge ou jaune, ou par un papier ouge ou jaune huilé et transparent.

; La glace à sensibiliser doit être plongée dans la olution d'argent à 6 pour cent, sans hésitation et sans .ucune solution de continuité. Nous a^vpns vu que ette condition est encore plus rigoureusement indispensable pour l'albumine, d'où il suit que la sensibilisation du collodion est plus facile.

Quelques secondes après l'immersion, on soulève la jlace dans le bain. Elle présente alors un aspect gras,

huileux, avec de grosses veines de liquide qui adhè< rent à la couche de collodion. On replonge la glace dans le bain et on la relève à plusieurs reprises jusqu'à ce que cet aspect gras ait disparu. Cet effet se produit ordinairement au bout de une à deux minutes.

La glace ainsi sensibilisée au degré convenable, est prête à être impressionnée. On renferme donc dans le châssis destiné à Fexposer dans la chambre noire.

OBSERVATIONS

1° Indications fournies par la glace sensibilisée.

De même qu'après avoir étendu le collodion sur le verre, on reconnaît s'il est d'une densité convenable, de même aussi, comme nous l'avons dit plus haut, il doit prendre une teinte blanchâtre au moment de la sensibilisation, si la quantité d'iodure est bien proportionnée. Une couleur opaline semblable à celle de la crème indique que Fiodure est à dose convenable Une teinte d'un blanc de porcelaine , celle d'un bleu pâle, dénotent l'une un excès, l'autre un défaut d'iodure.

La glace collodionnée qui, au moment de la serir sibilisation, se montre trop lente à prendre une teinte laiteuse dans le bain d'argent, n'aura pas été sensibilisée assez promptement, et le collodion qui la re-, couvre se sera trop évaporé. Par contre, c'est or« dinairement un signe que la plaque aura été trop tôt plongée dans le bain, si le collodion s'en détache et se mêle au liquide ; mais ce dernier effet peut être encore produit par un excès d'alcool ou d'iodure dans le collodion.

SENSIBILISATION DES GLACES.

2° Apparence graisseuse de la plaque et nécessité de la faire disparaître.

Si Ton négligeait de faire disparaître totalement les 'eines à aspect huileux de la couche sensible, l'iodure l'argent se formerait sur la glace d'une manière inégale, et répreuve serait infailliblement tachée lors du léveloppement de l'image. Toutefois, si le collodion ontient beaucoup d'alcool et peu d'éther, il est fort )eu tenace, et on peut très-facilement détacher lapelicule de collodion de dessus la glace en la soulevant )t en l'abaissant dans le bain; lorsqu'on aura à crain- Ire de tomber dans cet inconvénient, on s'y prendra le la manière suivante pour faire disparaître les reines et l'aspect gras du collodion : On plongera la rlace tout entière dans le liquide, la partie collodionîée en dessus, ensuite, on imprimera un léger mouvement de va-et-vient à la cuvette, afin que la couche le liquide qui recouvre le collodion puisse, à l'aide iu mouvement qu'on lui imprime, détruire l'aspect huileux. Au bout de une à deux minutes, on soulèvera la glace dans le bain au moyen d'un petit crochet d'argent, de corne ou de baleine, et l'on trouvera que le collodion sensibilisé présente partout une surface uniforme et que le bain y coulera sans aucun obstacle dans tous les sens.

La corne ou la baleine se plient très-facilement pour cet usage en forme de crochet. Pour cela, on les fait chauffer, on leur donne la courbure et on maintient le pli jusqu'à complet refroidissement ; elles ne se dérangent plus désormais.

3° Pellicule d'argent sur le bain.

Nous ne devons pas omettre de dire que le bain sensibilisateur abandonné au repos se recouvre touH jours dans la cuvette d'une très-mince pellicule d'argent, et que cette pellicule peut s'attacher d'une manière très-tenace sur la couche sensible, si on négligeait de l'enlever au moyen d'un papier que l'ori passe légèrement à la surface du bain. L'opérateuï sur collodion devra commencer par enlever cette peli licule, avant de collodionner, pour être prêt à sensibiliser la glace, aussitôt après y avoir étendu la couché de collodion.

CINQUIÈME OPÉRATION

La pose doit avoir lieu immédiatement après la sensibilisation, si Ton ne veut pas que le collodion perde une grande partie de sa sensibilité. Le photographe doit donc avoir mis à l'avance son modèle au foyer de la chambre noire, et il ne lui restera plus qu'à jeter un coup-d'œil rapide sur le verre dépoli pour vérifier si ce modèle est toujours au foyer, et si rien ne s'est dérangé ; il placera ensuite dans la chambre le châssis qui renferme la glace à impressionner.

La durée de la pose varie suivant la puissance de l'objectif, suivant l'intensité de la lumière, suivant lai qualité du collodion, le degré de température, la promptitude des manipulations, etc. Il faut, comme en toute chose, un peu de pratique pour bien réussir: usus artium pater.

OBSERVATION

1° Manière d'éclairer le modèle et couleurs qui lui conviennent le plus.

Si l'on doit faire un portrait, pour satisfaire aux règles de l'harmonie, il faut placer le modèle devant un fond un peu éloigné et d'une couleur différente de celle du modèle lui-même ; on a ainsi un relief profond; la personne se détache hien avec une ressemblance parfaite.

On prend ordinairement pour fond une toile d un bleu foncé ou d'un gris clair, que l'on place au moins à un mètre de distance du modèle, afin que le tissu ne soit pas apparent sur l'épreuve. Pour les académies, il vaut mieux employer un fond noir.

Il ne faut pas penser à opérer à la lumière directe du soleil, lorsqu'on veut prendre un portrait, excepté toutefois le cas où l'on tiendrait à obtenir une image instantanée. C'est seulement en opérant à l'ombre que le portrait se présentera avec un aspect naturel, sans oppositions trop fortes d'ombre et de lumière, et avec une harmonieuse dégradation de teintes.

Pour que le portrait produise le meilleur effet artistique possible, il faut faire attention qu'un des côtés de la figure soit sensiblement plus éclairé que Vautre; que la lumière arrive horizontalement sur la personne à reproduire; parce que si elle venait d'en haut, on aurait des ombres trop fortes sous les yeux et sur le cou ; enfin, il faut que la lumière ne soit pas trop intense ; que la partie de la tête la plus éclairée ne projette pas une ombre trop forte sur le côté op-

* posé, parce que dans ce cas il serait impossible d'obte- ! nir un effet harmonieux. \i La couleur des habits de la personne dont on fait j le portrait doit être prise en sérieuse considération par le photographe qui cherche des résultats parfaits. Nous savons en effet que les couleurs les plus lumineuses en apparence, le jaune, le rouge, sont presque ! sans action photogénique, tandis que les couleurs i moins lumineuses, comme le bleu, le violet, impres- I sionnent très-facilement le collodion. 11 est donc évi- ( dent que pour obtenir un rapport convenable dans I les teintes d'un portrait photographique, il faut que les couleurs du modèle produisent un effet harmonieux, photographiquement parlant, sans se préoccu- : per s'il produit aux yeux le même effet.

2° Manière de faire poser.

La personne que l'on fait poser ne doit pas être placée de face, mais un peu de profil, il vaudra mieux placer les jambes obliquement que directement en avant; la différence des plans sera alors moins sensible. 11 est bon que le corps et la tête soient un peu penchés vers la chambre noire, et que la tête ne soit pas dans la même direction que les épaules ; elle présentera ainsi plus d'élégance et de grâce artistique. En mettant au foyer, on portera toute son attention sur la figure du modèle, sans se préoccuper de ses vêtements, et on donnera au visage le maximum de netteté possible. En général, il faut reproduire les personnes suivant les exigences de leurs formes, de ' leur physionomie, de leur caractère, etc. Ainsi, s'il

lt toujours mieux dans les cas ordinaires de prendre ïs portraits de profil, il existe pourtant des exceptons à cette règle pour certains visages qui gagnent

être vus de face. .

Un bon opérateur doit encore chercher a influencer Moralement son modèle, pour lui faire prendre de expression et de la grâce. Un photographe dune Lne humeur communicative donnera à la personne Lil reproduit une expression aisée de bien-être; le hotographe inexpérimenté, au contraire, qui ne s est Las encore familiarisé avec le procédé, n obtiendra me des portraits froids, ennuyés et dépourvus de cachet que les artistes savent donner à leurs œu-

je

iTres

La personne qui pose devant l'instrument du photographe, se raidit ordinairement et prend un je ne sais quoi de guindé qui nuit beaucoup à 1 effet du portrait. L'opérateur devra donc avertir son modèle de se tenir parfaitement- immobile, mais il lui permettra de fermer de temps en temps les paupières, pour les rouvrir ensuite, parce qu'il serait trop pénible de maintenir les yeux ouverts pendant tout le temps de la pose.

Pour reposer les yeux du modèle, il le fera regarder sur une toile noire, où il aura placé un point de mire bien visible. On évitera ainsi le danger d'obtenir un portrait où le modèle semblerait loucher.

Si l'on veut assurer l'immobilité complète du modèle^ sera bon de se servir d'an appui-tête que l'on fixera derrière la personne, de manière à ce qu'il ne paraisse pas sur l'épreuve. La chambre noire se place à peu près au niveau de la tète, en la faisant pencher

286 PHOTOGRAPHIE SUR COLLODIO!*.

légèrement en avant, afin que le front ne paraisse pal rappetissé et le menton grossi. Il ne faut pas, pour 1 1 plaisir d'obtenir un portrait de grande dimension! rapprocher à l'excès la chambre noire du modèle, la ressemblance du portrait aurait à en souffrir.

Toutes ces recommandations seraient insuffisantes, si le photographe ne se souvenait avant tout que la bonne venue du portrait dépend du temps de la pose; lorsqu'elle est trop courte, les détails ne peuvent pas bien sortir, les ombres n'offrent aucune transparence, elles sont disproportionnées et tout-à-fait heurtées comparativement aux lumières.

Ainsi le photographe doit bien se garder de la tentation de faire vite, et cela lui sera d'autant plus facile que le collodion ne se solarise pas par une pose relativement longue, et qu'il est assez sensible pour ne pas exiger une pose plus longue que le modèle ne peut supporter : vingt à vingt-cinq secondes sont en effet un temps généralement suffisant. Si le modèle éprouve un peu plus de fatigue, il en sera largement dédommagé, puisque son portrait présentera une admirable précision de détails, des ombres bien naturelles, une expression exactement fidèle et un ensemble du meilleur effet.

SIXIÈME OPÉRATION

\ ^ aSents réducteurs qui, en présence du nitrate d'argent, font apparaître les images latentes sur l'albumine, seraient également bons pour les développer sur collodion (1). Cependant, de même que pour l'al-

( i ) L'acide gallile, quoi qu'en dise l'auteur, est à peu près iinpuis

>umine, on préfère l'acide gallique au sulfate de fer Ht à l'acide pyro-gallique, l'agent révélateur qui passe ivant tous les autres pour le collodion est incontestablement l'acide pyro-gallique.

Solution d'acide pyro-gallique (1).

Eau.. *00 Sram-

Acide acétique cristallisable. . . 6 —

Acide pyro-gallique (2) 0,4 —

On commence par faire dissoudre l'acide pyro-gallijue dans l'eau, on y ajoute ensuite l'acide acétique.

Cette solution ne se conserve pas longtemps ; elle se décompose bientôt spontanément, surtout en été ; il ne faut donc pas en préparer une plus grande quantité que celle qui est nécessaire pour les besoins de la journée.

L'acide acétique a pour effet de modérer l'action réductrice de l'acide pyrogallique ; ce dernier acide, si on négligeait d'y ajouter le premier, occasionnerait Ides taches sur les épreuves, dont il maculerait les blancs. L'acide acétique a encore un autre effet, c'est d'empêcher que les blancs du modèle ne deviennent

sant à révéler l'image sur collodion, à moins qu'on n'ait employé pour la sensibilisation le bain Schoër, ou tout autre bain dans lequel on a déterminé par voie de double décomposition la formation d'un acétate d'argent. {N°le du traducteur.)

(1) N'oublions pas que l'introduction en photographie de l'acide ' pyrogallique est due au savant M. Regnault,de l'Institut, dont le nom

est cher à plus d'un titre à tous les photographes. [Note du trad.)

(2) Cette proportion d'acide pyrogallique nous parait un peu exagérée ; elle pourrait saus inconvénient être réduite de près d'untierh, par exemple à 2 ou 3 décigrammes. [Note du traducteur.)

par trop noirs sur la négative, sous l'influence de Te cide pyro-gallique ; et cette propriété s'accroît à prc portion qu'on augmente sa dose comparativement celle de l'acide pyrogallique.

On peut toujours tirer parti de ce mode d'actio des deux acides, soit quand le modèle offre des coi I trastes trop heurtés d'ombres et de lumière, soit quanf il ne présente pas de différences notables dans la quaii? tité de lumière réfléchie par ses différentes partief Ainsi, dans le premier cas, au lieu du rapport que noi avons indiqué de 1 : 15 entre l'acide pyro-gallique < l'acide acétique, on pourra adopter le rapport de 1 : 2 et même 1 : 25. Dans le cas contraire, l'on pourra I servir du rapport d'environ 1:10, quand on a besoi d'accuser d'une manière plus sensible les oppositior de teintes de l'épreuve.

L'acide pyro-gallique est quelquefois impuissai pour communiquer à l'épreuve toute l'intensité dés: rable ; cela arrive surtout lorsque, par un long usag<, le bain sensibilisateur s'est trop appauvri en nitral d'argent , ou bien encore quand la pose n'a pas é1 assez prolongée. Alors, pour renforcer l'épreuve, o prend une solution de nitrate d'argent composée de

Nitrate d'argent 4 gram.

Eau 100 —

On mélange cette solution en parties égales avec j solution d'acide pyro-gallique, et on l'étend sur il preuve que l'on veut renforcer. Toutefois ce mélang ne doit être opéré qu'au moment de s'en servir, parci qu'il se décompose très-promptement.

OBSERVATIONS

1° Solution de proto-sulfate de fer.

Quelques opérateurs préfèrent à l'acide gallique le roto-sulfate de fer pour le développement de l'image, i dernier semble offrir l'avantage de donner une plus ,?ande douceur aux ombres et aux lumières. Voici i>mment on pourra préparer la dissolution de ce sel :

Eau , 500 gram.

Proto-sulfate de fer 100 —

i Acide acétique cristallisable. . . 10 —

Ì Acide sulfurique à 66° 1 —

ta fait dissoudre dans l'eau le proto-sulfate de fer ou itriol vert, on y ajoute ensuite l'acide acétique et 'acide sulfurique, puis après avoir mélangé la soluon, on la filtre.

r Ce bain est d'une couleur verdâtre, et quoiqu'elle asse promptement au brun, il peut servir très-longîmpssans rien perdre de ses qualités. Du reste, comme lis les autres agents réducteurs, il est insuffisant our développer l'image , lorsque, au sortir de la hambre noire, on lave l'épreuve à l'eau de manière enlever tout le nitrate d'argent qui reste sur la couihe impressionnée par la lumière ; mais dans le cas ontraire l'image se développe spontanément sous 'action do ce liquide.

i On reproche généralement au proto-sulfate de fer a brutalité de son action, tellement rapide qu'il est >resque impossible de régulariser la venue de l'é- >reuve, suivant que les circonstances l'exigent. On Guide du Photograplw. 25

peut remédier, jusqu'à un certain point, à la rapiditi de cette action en allongeant fortement la solution.

SEPTIÈME OPÉRATION

DÉVELOPPEMENT DE i/ ÉPREUVE.-

La glace sensible, aussitôt après avoir été impressionnée parla lumière, est portée immédiatement dani le cabinet noir et on la traite avec les agents révéla* teurs. Pour cela on la place parfaitement de niveau sur un trépied à vis calantes, on y verse d'un seul coup la solution d'acide pyrogallique en quantité suffisante pour recouvrir toute la couche decollodion; après uij repos de quelques secondes, on fait mouvoir une de^ vis calantes, pour imprimer au liquide un mouvement de flux et de reflux, l'image ne tarde pas à paraître et à prendre de la vigueur.

En même temps la solution d'acide pyrogallique commence à s'altérer et à prendre un aspect d'un brun sale sur la glace. Aussitôt que le photographe s'en aperçoit, il saisit la glace par un de ses angles, et la penche au-dessus d'un verre préparé pour recevoir toute la solution, il remet la plaque sur le support et la recouvre d'une solution neuve d'acide pyrogallique, mais il ne doit pas la laisser en repos sur la, plaque; il doit la maintenir dans un mouvement continuel de flux et de reflux pour empêcher le liquide, qui se trouble facilement sur l'image, de déposer des » précipités sur la pellicule de collodion qui récèle cette image, et de lui enlever ainsi toute sa pureté.

Lorsqu'on trouve le dessin venu avec une vigueur suffisante, on renverse l'acide pyrogallique dans

DEVELOPPEMENT DE i/ÉPREUVE. 291

ti verre ad hoc, et tenant avec la main gauche la lace inclinée au-dessus de ce verre, on en approtie une lumière entourée d'un verre ou d'un papier 3uge, et on examine soigneusement Fimage dans mtes ses parties. Si, à la suite de cette inspection, * dessin paraît suffisamment venu et convenablement itense, on lave Fépreuve à Feau pour arrêter tous rogrès ultérieurs ; si, au contraire, Fépreuve paraît icore trop faible, on la reprend de nouveau avec icide pyrogallique comme nous venons de le dire, î En certaines circonstances Fimage se forme avec 'nt de lenteur, que Fopérateur s'aperçoit tout d'aord qu'il ne pourra jamais, avec l'acide pyrogallile seul, la rendre assez intense pour ccn^tituer ua )n négatif. Alors, au lieu de trop tourmenter sou )reuve avec l'acide pyrogallique seul, il mélangera, mime on Fa dit tout-à-Fheure , l'acide pyrogalliîe avec une1 solution de nitrate d'argent à 4 0/0.

versera ce mélange sur la glace pour donner à Fiâge une intensité suffisante. Mais, comme ce ménge se décompose promptement et devient trouble,

ne faudra pas le laisser immobile sur la plaque, ais Fagiter et le maintenir dans un mouvement ratinuel.

Généralement parlant, on ne doit pas craindre de isser venir trop fortement l'épreuve négative sur •llodion, parce qu'elle n'est pas, comme l'albumine, ijette à se solariser. Ainsi, dans les portraits, on laisra la chemise venir très-noire, le front relativement )scur, les pommettes des joues un peu plus éclairées nsi que les mains, etc.; les habits devront présenter plus de détails possible, et on se souviendra tou-

PHOTOGRAPHIE SUR COLLODIO!*.

jours que dans le développement de l'image, on doi surtout viser à la bonne venue de la figure, quanc même ce serait au détriment du reste.

L'épreuve entièrement développée est lavée, en h tenant légèrement inclinée de la main gauche et ei y faisant couler un léger filet d'eau ; il serait mêm< bon d'ajuster au vase qui contient l'eau, une pomm< d'arrosoir, afin de diviser le liquide et de l'empêche;! 4e déchirer la couche de collodion. Il faut continue le lavage, jusqu'à ce que l'épreuve ait perdu son as î pect gras, et l'on procède ensuite au fixage.

,1° Moyen de développer avec le sulfate de fer.

Lorsqu'on fait apparaître l'image au moyen du sul ^ fate de protoxyde dé fer, il n'est pas possible d'opéré 1 de la même manière qu'avec l'acide pyrogallique , i ' cause de l'action instantanée du sulfate de fer. Oi * met donc dans une cuvette spéciale la solution d< c proto-sulfate de fer et l'on y plonge d'un seul corn 1 la glace impressionnée. Au bout de quelques secondes â on enlève la glace qui présentera un dessin très-cor ! rect, mais rarement assez intense. Pour le renforcer 1 on le traite avec la solution de nitrate d'argent à 4 0 /o \ mais on a soin d'enlever de la glace toute cette solu ( tion avant de la traiter une seconde fois au sulfate d( [

Dans le cas où l'exposition à la lumière aura ét< s trop prolongée, l'épreuve se recouvre dans la solutioi i de fer d'un voile gris qui obscurcit les détails lei 1 moins éclairés ; cet inconvénient est beaucoup moim i

OBSERVATIONS

fer.

DÉVELOPPEMENT DE i/ÉPREUVE. 293

sensible avec l'acide pyrogallique qui donne plus facilement de bons résultats.

2° Taches de fer et d'argent.

Le sulfate de fer tache fortement tous les objets jqu'il touche. Les taches qu'il produit sur le linge résistent tout aussi bien que celles de nitrate d'argent à l'action des alcalis et du savon. Mais si on les attaque avec une solution chaude et concentrée de bi-oxalate de potasse, elles disparaissent promptement, sans laisser la plus petite trace ; le linge n'est nullement attaqué par cette opération, pourvu qu'on ait soin de bien le rincer à l'eau, avant de le laisser sécher.

Les taches occasionnées sur le linge par le nitrate (d'argent s'enlèvent avec le cyanure de potassium, I avec l'ammoniaque liquide, et même avec l'hyposulj lite de soude, lorsqu'elles sont récentes et peu pro- I fondes ; mais au bout d'un certain temps il est beaucoup plus difficile de les faire disparaître, et il faut , recourir à .des réactifs plus puissants. En les imbibant avec une eau chlorée ou avec un peu de chlorure de chaux et en les humectant aussitôt avec un mélange de 10 parties d'eau et d'une partie d'acide sulfurique, I on transforme les taches qui existaient sur la toile, en un chlorure d'argent tout-à-fait incolore. On rince à grande eau, sans perdre de temps, et on plonge le linge dans une solution concentrée et alcaline d'hyposulfite de soude qui dissout le chlorure d'argent. On rince de nouveau et on fait sécher. De cette manière | le linge n'a pas le temps d'être endommagé d'une | manière sensible par le chlore, et les taches d'argent

294 PHOTOGRAPHIE SUR COLLODIO*.

les plus intenses et les plus nvétérées sont enlevées comme par enchantement (1).

HUITIÈME OPÉRATION

Il existe deux sels dont la solution peut servir à fixer convenablement l'épreuve sur collodion, ce sont Thyposulfite de soude et le cyanure de potassium.

Le cyanure a l'inconvénient de ronger facilement les demi-teintes et de ramollir à l'excès le collodion (2). ' L'hyposulfite de soude, au contraire, fixe complètement l'image sans l'attaquer, il ne nuit en rien à la solidité et à la ténacité de la couche collodionnée. On fait dissoudre dans :

Eau 100 parties.

Hyposulfite de soude 40 —

Cette solution très-énergique dissout en peu de temps Fiodure d'argent non altéré qui se trouve sur l'épreuve. Son action se manifeste par la transparence qu'elle communique à l'épreuve en lui ôtant son apparence laiteuse, au point que vue par réflexion elle acquiert tout l'aspect d une épreuve positive.

Celte solution est excellente pour les épreuves bien

(1) Les taches d'argent les plus invétérées s'enlèvent très-facilement avec le mélange suivant, dont la formule est due à M. Humbert à$ Molard.

Eau 10 grammes

Cyanure de potassium 3 mm

Iode { mm

(Note du traducteur.)

(2) Une solution [de cyanure à 1 p. 0?0 est tout-à-fait exempte d» •es deux inconvénients. {Note du traducteur.)

venues, vigoureuses et harmonieuses, parce que son action est prompte, énergique et sûre ; mais ces avantages ne se retrouvent plus avec les épreuves venues péniblement avec .des contrastes trop heurtés. Dans ce cas on fait usage d'une solution beaucoup plus étendue et composée de :

Eau 100 parties.

Hyposulfite 4 — '

Cette solution, bien qu'encore assez forte pour fixer répreuve et pour l'empêcher de noircir à la lumière, ne peut pas cependant la rendre transparente, diaphane, ni lui enlever sa couleur d'un blanc opaque. C'est pour cela qu'une épreuve, avec des teintes un peu heurtées, et qu'on aura fixée avec cette dernière solution, pourra encore donner des positives suffisamment harmonieuses, à cause du peu de lumière transmise par les blancs du cliché.

OBSERVATION

Solution de gomme arabique.

Le collodion, qui est beaucoup moins tenace que l'albumine, exige encore un moyen de fixation d'un© autre nature et qui a pour but de le rendre plus résistant, de manière à ce que le cliché ne puisse m se rayer, ni se gercer lors du tirage de l'épreuve positive; ce moyen consiste à le recouvrir avec un vernis siccatif ou tout simplement avec une solution de gomme arabique composée de :

£au 100 parties.

Gomme arabique 10 —

Cette solution est filtrée à travers un linge fin pour

296 PHOTOGRAPHIE SUR COLLODIO?*.

en séparer les matières les plus grossières, et on la laisse reposer quelque temps avant de s'en servir. . Ce sec^nd fixage devient nécessaire lorsqu'on veut tirer beaucoup d'épreuves avec le môme cliché. Mais iï< devient tout-à-fait inutile quand on n'a besoin que d'un petit nombre d'épreuves, et surtout lorsque le collodion a été préparé sans excès a'akool, ou quand le dessin négatif s'est formé sans difficulté sous l'action des agents- révélateurs. Le vernis, quelle que soit sa nature, outre qu'il donne de la solidité à la couche de collodion, lui enlève une partie de sa limpidité et de sa transparence. C'est pourquoi, lorsqu'on aura besoin d'accroître la ténacité du collodion, sans lui rien faire perdre de cette transparence, on fera bien (Remployer la gutta-percha qui, comme nous l'avons dit, s'ajoute au collodion au moment même de sa préparation.

NEUVIÈME OPÉRATION

fixer l'épreuve et la terminer.

L'épreuve, après avoir été bien développée et convenablement lavée, est placée sur un support de niveau, et on la recouvre avec la solution d'hyposuhite de soude à 40 0/q qu'on laisse séjourner sur la glace jusqu'à ce qu'elle ait fait disparaître la teinte laiteuse de l'image ; on fait écouler ensuite l'hyposulfite en inclinant la glace et on la lave à grande eau. Ce lavage peut être fait en pleine lumière, en plongeant la glace dans une cuvette remplie d'eau, où on la laisse séjourner quelques minutes en renouvelant l'eau une ou deux fois.

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