GRAVURE PHOTOGRAPHIQUE
M. Talbot s'est servi du bi-chromate de potaise pour graver photographiquement l'acier. Voici, en peu de mots, la méthode indiquée par cet inventeur.
On polit une plaque d'acier avec un mélange de vinaigre et d'acide sulfurique, et l'on y étend une couche de gélatine qui contient en solution du bichromate de potasse. On fait séchera une douce chaleur, on y applique l'image à reproduire comme on le ferait dans le châssis destiné au tirage des positives, et on expose le tout à la lumière. Après l'action des rayons* lumineux, les blancs du dessin se traduisent en brun sur la plaque, tandis que les noirs conservent leur teinte jaune primitive. On plonge alors la plaque dans l'eau, qui dissout les parties non impressionnées de la couche, et met à nu le métal ; on traite ensuite la plaque par une so]ution de bi-chromate de platine, pour graver l'acier. Quand on juge que la gravure a pénétré assez avant, on lave la plaque, et on l'encre pour en tirer des épreuves.
Puisque l'occasion s'est présentée de parler de cette application des procédés photographiques, le lecteur voudra bien nous permettre de dire aussi un mot de la méthode imaginée par M. Niepce de Saint-Victor. On prétend du reste qu'elle est infiniment préférable à celle de l'inventeur anglais (1).
(1) La supériorité de la méthode de M. Niepce sur celle de Talbot ne peut plus aujourd'hui être mise en question. La première n'a ja-
GRAVURE PHOTOGRAPHIQUE . <*ot
On polit la plaque d'acier à graver avec du blanc de craie, on la traite avec une solution composée de 4 partie d'acide chlorhydiique et de 20 parties d'eau, on la lave et on la fait sécher. On étend ensuite sur sa superficie bien polie, du bitume de Judée dissous dans l'essence de lavande. On fait alors chauffer le métal pour sécher le vernis, ayant soin de préserver la plaque de la lumière et de l'humidité. On applique sur la couche de vernis une épreuve positive, et on expose à la lumière pendant 10 minutes, si c'est au soleil, et pendant une heure à la lumière diffuse. Lorsque la lumière a produit son effet, l'image n'est pas encore visible; s'il en était autrement, ce serait une preuve que l'exposition aurait été prolongée à l'excès. On traite ensuite la plaque avec un dissolvant pour enlever les parties qui n'ont pas été atteintes par la lumière ; ce dissolvant est composé de : 3 parties d'huile de naphte et de 1 partie de benzine. Plus il y aura de benzine, plus le dissolvant sera actif. Pour terminer, on lave la plaque à l'eau, de manière à arrêter l'action du dissolvant, et on la fait sécher.
Maintenant, pour graver la plaque, on emploie un mélange de 1 volume d'acide nitrique à 36 degrés, ,8 volumes d'eau distillée et 2 volumes d'alcool à 36 degrés, que l'on étend pendant quelque temps sur la
mais produit une épreuve qu'on ait osé montrer, tandis que le procédé de M. Niepce, déjà riche du présent , plus riche encore d'avenir, a donné entre les mains de MM. Nègre, Rousseau, Baldus et autres, des résultats sinon irréprochables, du moins très-remarquables. Il ne serait pas impossible, du reste, que cette méthode de gravure ne devînt un jour la véritable voie de la photographie.
{Note du traducteur.)
plaque; enfin on lave et on fait sécher le vernis et la gravure.
Si l'on voulait graver plus profondément, il faudrait mettre la plaque dans une boîte contenant de la résine en poudre; on agite cette poussière au moyen d'un soufflet pour la distribuer sur toute l'étendue de la plaque. Ensuite on fait chauffer la plaque pour fixer la pesine sur le vernis et rendre ce dernier plus solide et plus résistant contre le nouveau mordant (l'acide sulfunque simplement étendu d'eau), et pour former en même temps sur les ombres du dessin un grain fin, propre à retenir l'encre de l'impression. Cela est très-essentiel pour obtenir une bonne épreuve avec la plaque, lorsqu'on l'aura polie et dépouillée de son vernis^ au moyen de corps gras et d'huiles essentielles.
Cette application des procédés photographiques a reçu le nom de gravure photographique, parce qu'elle permet de multiplier les photographies à la manière des graveurs. Cette invention n'est encore qu'à l'état d embryon; les produits qu'elle a fournis, bien que tres-etonnants, sont encore loin d'atteindre la perfection voulue (1).
On s. cherché à remplacer l'acier par d'autres métaux, par la pierre, par le bois, mais on n'a pas obtenu plus de succès. Malgré tout, la gravure photographique est certainement appelée à un brillant avenir non-seulement parce qu'elle permettra de tirer les
(1) Si Fauteur avait vu les remarquables gravures de MM. Nègre
favoth, USSea"',«C'' ° eûtcertai» exprimé une opinion plus favorable quant à l'état actuel de la gravure photographique
FLUORO-TYPIK. 333
épreuves d'une manière plus économique (1), mais encore parce qu'avec son secours on épargnera beaucoup de temps et de peine, tout èn obtenant des résultats plus constants et plus uniformes.
FUJORO-TYPIE.
Procédé de Hunt.
Prenez :
i Eau distillée 1 once-
4 I Bromure de potassium. .... 20 grains.
l Eau distillée 1 once-
2° | Fluorure de sodium S grains.
Au moment de préparer le papier, versez la première solution dans la seconde, et plongez le papier dans ce mélange. Lorsqu'il est sec, on le sensibilise au moyen d'une solution de nitrate d'argent ainsi composée :
Eau distillée 1 once-
Nitrate d'argent 60 grains.
Après l'exposition à la chambre obscure, on développe l'image avec une solution de proto-sulfate de fer ; on la lave dans une eau faiblement acidulée par l'acide chlorhydrique, puis on la fixe par la méthode connue.
Suivant M. Bingham, en traitant le papier avec une solution faible de proto-chlorure d'étain, l'action
(i) La gravure photographique sera surtout précieuse en ce que les épreuves étant tirées à l'encre ordinaire des imprimeurs en ta:lle-douce, on n'aura plus à se préoccuper de leur durée désormais incontestable, comme celle des gravures.
réductrice de la lumière devient beaucoup ' plus prompte. ^ y
PLOMBO-TYPIE.
Procédé de Ronssin.
Pour préparer un papier sensible au moyen de ce
SlSSÏÏt on commence par faire trois solu-
j distillée 900
1 { Acétate de plomb neutre. ... 300 —
? Acide acétique à 10 degrés 5
20j Eau distillée \ \ 900
t lodure de potassium 300 —
(Sel ammoniac. • 500 gram.
30 1 fcau : quantité suffisante pour obtenir une solution saturée de ce sel à la température
V ordinaire.
Après avoir filtré ces trois solutions, von les conserve dans des flacons bouchés à l'émeri, à l'abri du contact a une lumière trop vive.
JVZ ftf^x16 Papier' on °Père d* ^manièra suivante, a la lumière d'une bougie •
t» On met flotter une feuille de papier à la surface
du bain d acétate de plomb ; on l'y laisse 5 minutes,
puis on la retire et on la sèche dans du papier bu-
J\?n wC6 Ie£ api6r' imPré^ d'acétate de plomb, sur la solution d'iodure de potassium, on l'y laisse 3 minutes et l'on fait sécher.
Le papier qui a reçu cette préparation est sensible
PLOMBO-TYPIE. adt>
à la lumière, il peut servir à tirer des épreuves positives dans le châssis à reproduction, mais de plus, il reproduit directement l'image de la chambre obscure. En effet, une à quatre secondes au soleil suffisent pour donner un dessin positif sur ce papier ; et à la lumière diffuse, ce temps varie entre quelques secondes et une minute.
Aussitôt que la lumière a agi, limage est visible ; elle est d'une couleur verte sur un fond jaune.
Pour obtenir Le maximum de sensibilité, il est bon d'exposer le papier encore humide ; si on l'emploie à sec, la pose sera plus longue et l'image moins nette. Ces conditions ne rendent pas le procédé applicable à la reproduction des négatives sur albumine ou sur collodion.
3° L'image se fixe au moyen du bain de sel ammoniac, que l'on prolonge jusqu'à ce que le papier soit devenu tout-à-fait transparent, que le fond jaune ait pris une teinte blanche et l'image une couleur d'un bleu violet. On termine en lavant l'épreuve à l'eau pendant une demi-heure, pour la mettre à l'abri de I l'action de la lumière et du temps. Une couche conf venable de gomme-arabique étendue sur l'image aura pour effet de la préserver des émanations sulfureuses qui pourraient la noircir, et plus tard la détruire.
Une feuille de cuivre revêtue sur une de ses faces d une mince couche d'argent, telle est la plaque destinée à recevoir l'image photographique dans le procede de l'immortel Daguerre. Cette plaque doit avoir ete régulièrement planée et être propre à recevoir un poli parfait et uniforme. La sensibilité de la plaque sera proportionnée à la pureté de l'argent qui la recouvre. C'est pour cela qu'une plaque argentée par le courant galvanique sera toujours plus sensible que la plaque ordinaire, où l'argent est simplement soudé et laminé avec le cuivre. La couche d'argent ne doit pas être trop mince, c'est-à-dire d'un titre trop bas inférieur au trentième. '
Pour opérer sur plaque, les manipulations diffèrent sensiblement de celles qui ont été décrites jusqu'ici, a cause des exigences particulières à la superficie du métal. Quant aux réactions chimiques et aux autres principes de la pratique, ils sont au fond de la même nature : il faut toujours produire une couche d'iodure d argent impressionnable, révéler l'effet produit par 1 agent lumineux et le rendre permanent