POLISSAGE DE LA PLAQUE
On emploie pour cette opération une petite planchette recouverte de drap, et munie à ses quatre coins de petits boutons de métal qui servent à maintenir la plaque. Une presse de bois ou de fer, ajustée à la planchette, sert à la fixer sur le bord d'une table. On donne le dernier coup de poli à la plaque au moyen de deux po lissoirs de bois, de forme allongée, et recouverts de velours ou d'une peau de daim. La simple vue de ces divers instruments en enseignera mieux l'usage que tout ce qu'on pourrait dire.
On prend la plaque métallique, et avant de l'assujétir sur la planchette fixée au bord de la table, on passe un brunissoir de métal sur tout le périmètre de ses bords, pour émousser les angles coupants qui pourraient déchirer les polissoirs.
I On fait un mélange, à parties égales, d'alcool à ^6 degrés et d'essence de térébenthine et l'on en hur mecte légèrement un tampon de coton'; au moyen d'un petit flacon recouvert de mousseline, on projette sur la plaque du tripoli calciné et porphyrisé ; puis on frotte fortement toute la couche d'argent, avec lo tampon de coton humide. Au bout d'un certain temps, on saupoudre sur la plaque une nouvelle quantité de tripoli, et l'on continue à frotter avec un tampon de coton sec. Enfin, on frotte encore la plaque avec un troisième tampon sec et sans ajouter ni tripoli, ni Guide du Photographe. 29
aucune autre poudre à polir, en décrivant un mouvement circulaire du centre à la circonférence et des bords au centre, jusqu'à ce qu'on obtienne un beau poli.
Arrivé à ce point, l'opérateur ne doit pas encore se s flatter d'avoir amené la plaque à un polissage suffi- ( sant. Pour peu qu'il observe avec soin la surface polie du métal, il remarquera une foule de raies circulaires qu'il faut absolument faire disparaître. P
A cet effet, il répandra sur l'un des polissoirs un peu de rouge d'Angleterre en poudre impalpable, qui aura été lavé avec de l'ammoniaque liquide, et qu'on aura fait bien sécher. Il passera ensuite vive- j ment le polissoir sur la plaque d'abord diagonalement d'un angle à l'autre, jusqu'à ce que les raies circu- J laires aient tout-à-fait disparu } ensuite, il frottera 1 plus doucement, dans le sens d'une perpendiculaire à la direction de l'image qu'il voudra produire; enfin ' il donnera le dernier coup toujours dans le même sens ' avec le second polissoir, sur lequel il ne doit y avoir }( aucune poudre à polir ni autre substance quelconque. De cette manière, les dernières raies laissées par le brunissoir seront presque insensibles, et beaucoup [ moins appréciables à l'œil que celles qui auraient été 1 produites par un polissage parallèle àia direction ver- ^ ticale de l'image.
Une plaque parfaitement polie, si on l'examine sous J un angle situé hors de, la réflexion de la lumière, fi présentera un aspect d'un beau noir ; et si on y dirige le souffle - de l'haleine, elle prendra une teinte ^ mate uniforme et continue. Toute inégalité dans le