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IV. — Église Saint-Eustache

L'église Saint-Eustache (rue du Jour, près des Halles centrales, !•' arrondissement), la plus grande de Paris après Notre-Dame, a été bâtie eu remplacement d'une chapelle qui: existait déjà en ce lieu en 1213. Elle fut commencée en 1532, mais ne fut achevée qu'en 1642. Elle a 106 mètres de long, depuis le portail jusqu'au rond-point de la chapelle de la Vierge, et 44 mètres de largeur, prise

à la croisée avec double rang de bas côtés, dont les voûtes sont très-élevées. En commençant le portail vers 1704, l'architecte de ce monument a tenté de résoudre un problème impossible, Falliance du gothique et du style gréa

Église Sain t-Eus tache.

dans un môme édifice I Le portail est du style grec pur, et contraste avec la totalité du monument. Ce portail est composé de deux ordonnances : Tinférieure a deux colonnes toscanes, et la supérieure le môme nombre de colonnes, mais d'ordre ionique, au-dessus desquelles règne un fronton triangulaire, dont le point le plus haut est à 30 mètres du sol. Sur les portes latérales s'élèvent deux tours carrées de 36 mètres de hauteur, dont chaque face présente un fronton semi-circulaire. Ces tours sont couronnées d'une balustrade : l'une d'elles est restée inachevée.

L'intérieur de l'église a cinq nefs d'ordre composite. La chapelle de la Vierge est au fond de l'édifice ; elle a été

ajoutée au commencement du siècle actuel, et on y a transporté de Téglise des Invalides la statue de la Mère du Sauveur par Pigalle. Les côtés de cette chapelle sont ornés de bas-reliefs. Les autres chapelles possèdent de beaux tableaux de différents maîtres.

Les orgues célèbres de Saint-Eustache, détruites en 1844, ont été rétablies depuis ; Fexcellence de ces orgues contribue, avec l'heureuse disposition de Féglise, au charme musical qui y attire chaque année les artistes et les amateurs pour la fête de sainte Cécile.

V Les travaux de restauration entrepris de 1846 à 1854, ont amené la découverte, sous le badigeon, de belles peintures murales du xvii* siècle, qui ont été habilement restituées.

Parmi les œuvres d'art dont abonde Saint-Eustache, citons quatre bas-reliefs en terre cuite émaillée de M. Devers, représentant David, sainte Cécile, saint Grégoire et saint Àmbroise, patrons de la musique sacrée ; n'oublions pas le tombeau de Colbert, chef-d'œuvre de Coysevox. C'est dans ■cette église qu'a été prononcée par Fléchier l'oraison funèbre de Turenne et qu'ont été célébrées les funérailles de Mirabeau avant la translation de sa dépouille mortelle au* Panthéon.

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