V. — Église Sainte-Geneviève (Panthéon
(S*ADRESSER AU GARDIEN POUR VISITER LE DOHE ET LES CAVEAUX : 40 CENTIMES.)
L'église Sainte-Geneviève (place du Panthéon, V« arrondissement) fut commencée en 1757, sur les dessins et sous la direction de l'architecte Soufflet. Les travaux préparatoires ne permirent à Louis XV d'en poser la première pierre qu'en 1764. Le plan de l'édifice est une croix grecque formant quatre nefs qui se réunissent à un centre où est placé le dôme. La nef d'entrée et celle du fond sont un peu plus grandes que les deux autres. Ce plan, y compris
le péristyle, a 112 mètres de longueur sur 84 mètres de largeur hors œuvre. La façade principale se compose d'un perron élevé sur onze marches, et d'un porche en péristyle, imité du Panthéon de Rome, dont Tédifice a pris le nom ; elle présente six colonnes de face, et en a vingt-deux dans son ensemble, dont dix-huit sont isolées et les autres engagées. Toutes ces colonnes sont cannelées et de Tordre corinthien. Chacune a environ 20 mètres de hauteur et 2 mètres de circonférence. Elles supportent un fronton qui représentait dans l'origine une croix entourée d'anges. En 1791, l'Assemblée constituante ayant changé la destination de l'édifice pour le consacrer à la sépulture des hommes illustres, le fronton fut modifié, et, en 1837, il fut remplacé par celui qui existe aujourd'hui. L'inscription mise au bas du fronton: ^uo; grands hommes la Patrie reconnaissante y date de 1791 ; effacée sous le premier empire, en 1806, elle a été rétablie après la révolution de Juillet, et subsiste encore aujourd'hui, bien que, depuis 1854, l'édifice ait été rendu au culte catholique.
Les quatre nefs sont bordées de bas côtés et séparées par des colonnes d'ordre corinthien cannelées, de 18 mètres de hauteur et de 1 mètre 25 centimètres de diamètre. Ces colonnes, au nombre de cent trente, supportent un entablement dont la frise est ornée de festons.
Le dôme intérieur, centre où viennent aboutir les quatre nefs, laisse entre elles un espace carré de 21 mètres de côté, et dont les angles sont occupés par les quatre piUers triangulaires qui supportent le dôme. A l'intérieur du dôme sont les pilastres de môme proportion. Ces piliers, réunis entre eux par quatre arcades de 14 mètres de largeur et de 21 mètres de hauteur, le sont aussi par quatre pendentifs élevés au-dessus des faces inférieures et qui rachètent par le haut la forme circulaire de la tour du dôme. Ces arcades sont décorées de peintures à fresque de Gérard. Le diamètre intérieur du dôme, pris à l'endroit " est de 21 mètres.
Au-dessus de l'entablement s'élève le p<J
posé de seize colonnes corinthiennes. Aux entre-colonnements s'ouvrent seize croisées à châssis en fer ; celles qui
Le Panthéon ou église Sainte-Geneviève.
correspondent aux quatre piliers du dôme sont peintes et garnies de glaces. Au bas de ces croisées se trouvent des tribunes, auxquelles on arrive par une galerie circulaire. Le dôme se compose de trois coupoles. Au-dessus de
l'entablement de seize colonnes naît la première coupole, décorée de six rangs de caissons octogones et de rosaces, ayant à son milieu une ouverture circulaire de 7 mètres de diamètre, par laquelle on aperçoit la coupole sur laquelle Gros a peint à fresque Tapothéose de sainte Geneviève. La hauteur de la première coupole, prise depuis le pavé jusqu'au bord inférieur de son ouverture, est de 59 mètres. La hauteur du sommet de la seconde coupole, à partir du pavé, est de 70 mètres. La troisième coupole, depuis le dessus de Fattique, est de 24 mètres.
Le dôme extérieur offre d'abord, au-dessus des combles des quatre nefs un vaste soubassement carré à pans coupés, où aboutissent quatre forts arcs-boutants, sur lesquels sont pratiqués des escaliers découverts qui servent à monter au dôme. Sur ce soubassement, dont la partie supérieure est élevée de 34 mètres au-dessus du grand perron du porche, est un second soubassement circulaire, audessus duquel s'élève une colonnade également circulaire, composée de trente-deux colonnes corinthiennes, colonnade qui supporte un entablement couronné par une galerie découverte et pavée en dalles. Ces trente-deux colonnes forment un péristyle divisé en quatre parties par des massifs en avant-corps correspondant aux quatre piliers du dôme, et dans lesquels on a pratiqué un escaher à vrs. Ces massifs sont en partie cachés par les colonnes , au-dessus desquelles est un attique formé par l'exhaussement du mur circulaire de la tour en dôme ; il est de 6 mètres et percé de seize croisé ee en arcades, garnies de châssis en fer. Sur le socle de la corniche de cet attique s'appuie la grande voûte, formant la troisième coupole du dôme, qui a un balcon circulaire et une lanterne également circulaire, ornée de huit colonnes percées de six croisées en arcades, et s'élevant au-dessus du dôme d'environ 9 mètres, ce qui donne à l'édifice, depuis le niveau du perron d^^^jje^ principale jusqu'à la cime de la lanterne, un^' taie de 83 mètres. Au-dessus de cette lant| croix que la révolution de Juillet avait fait ab|
Des constructions souterraines occupent toute l'étendue de l'édifice.; elle présentent une chapelle au-dessous de la nef orientale. Les voûtes de ce lieu sont supportées par des murs et des piliers carrés, correspondant aux colonnes de l'édifice supérieur. On y a un effet d'écho très-remarquable. Elles contiennent une quarantaine de tombeaux, entre autres ceux de Voltaire et de Rousseau, qui reçurent les honneurs du Panthéon.
Parmi les autres tombeaux, on distingue ceux de l'architecte Soufflot, du célèvre navigateur Dougainville et du grand géomètre Lagrange ; celui du maréchal Lannes, duc de Monte belle ; ceux de plusieurs sénateurs, tels que le célèbre peintre Vien et le comte Treilhard, un des auteurs du Code civil, et des généraux de l'empire, tels que Lariboisière et Saint-Hilaire.
Le fronton qui, depuis 1837, décore la façade princi pale du Panthéon, est dû au ciseau de David (d'Angers). Au milieu est la figure de la Patrie distribuant des couronnes à tous ceux qui l'ont honorée et servie par leurs talents, leurs vertus, leur courage. A ses pieds ^ont as sises l'Histoire et la Liberté, l'une inscrivant sur ses tablettes les noms des hommes illustres, l'autre tressant des couronnes que la Patrie décerne. A droite sont les illustraiidns de l'ordre civil; à gauche, les gloires militaires : là, Malesherbes, Fénelon, Mirabeau, Cuvier, La Place, Monge, Carnot, Manuel, David, peintre ; ici, Bonaparte, un vieux grenadier et le petit tambour d*Arcole ; enfin, dans les angles, quelques jeunes gens, entre autres des élèves de TÉcole polytechnique.
Le Panthéon a été totalement dégagé et isolé ; une grille en fer Tentoure de toutes parts. Dans l'intérieur et au centre sont quatre tables en marbre noir où sont gravés, en lettres d'or, les noms des citoyens morts pendant les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830. Quatre fresques de Gérard, en pendentifs, représentent la Mort, la Patrie, la Justice et la Gloire, avec leurs attributs ; ce sont quatre chefs-d'œuvre. La fresque de la coupole, par Gros, repré-
sente Clovis, Charlemagne, saint Louis et Louis XVIII^ devant sainte Geneviève, qui les accueille du haut des cieux.
Un récente décision a pour objet de faire exécuter simultanément, par les artistes les plus distingués, tout un ensemble de décoration.
On peut visiter tous les jours le Panthéon, de dix heures à quatre heures. Il ne faut pas négliger de visiter le dôme, du haut duquel on jouit d'une perspective immense.