XIII. ^ Les Casernes et la Manutention
La plus importante des casernes de Paris est l'Ecole militaire. Louis XV fonda par un édit, en 1751, l'hôtel connu sous le nom d'Ecole militairej et qu'il destina spécialement à l'éducation de 500 jeunes gentilshommes pauvres, dont les parents, morts au service, ne leur avaient laissé aucune fortune. Un certain nombre de pensionnaires étaient reçus également â l'école en payant une pension de 2,000 livres. Cet établissement, transporté ailleurs comme école, a conservé sa dénomination d'Ecole militaire , quoiqu'il serve de caserne depuis la première République.
Cet édifice, situé avenue de Lowendalh et place de Fonienoy (Vil® arr.), occupe un parallélogramme de 440 mètres de longueur sur 260 de largeur, comprenant six bâtiments, quinze cours et les jardins. La façade est précédée de deux cours carrées : la première, de 140 mètres de côté, et la cour principale ou d'honneur, de 90 mètres. Elle est environnée d'une galerie décorée de colonnes doriques au rez-de-chaussée, et ioniques au-dessus, sorte de réminiscence de la colonnade du Louvre. Au milieu de la façade principale s'élève un avant-corps d'ordre corinthien, don
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les huit colonnes supportent un fronton. La façade du côté du Champs de Mars, percée de trente et une fenêtres, est décorée de dix colonnes corinthiennes, qui embrassent les deux étages et supportent un pédiment orné de bas-reliefs, derrière lesquels 8*élève un dôme quadrangulaire couronnant Tédifice ; à la naissance de ce dôme est un cadran supporté par des figures représentant le Temps et l'Astronomie. U existe dans ce dôme un observatoire garni de bons instruments, qui sert d'annexé à l'observatoire du Luxembourg, et dans lequel, sous la première République, le célèbre Lalande fit ses observations astronomiques. La chapelle est bâtie sur le modèle de celle du château de Versailles ; la voûte en est supportée par vingt colonnes flûtées de l'ordre corinthien. Au premier étage est la Salle du Conseil j ornée d'emblèmes et de peintures militaires. Des additions considérables ont été faites à l'Ecole mihtaire depuis le règne de Napoléon IIL Le public n'est admis à visiter cet édifice que sur une permission du général commandant la i^" division militaire, dont l'hôtel est place Vendôme.
Un immense parallélogramme, appelé Champ de Mars, s'étend de l'Ecole militaire au pont d'Iéna ; il était réservé aux manœuvres des élèves de l'Ecole et aux exercices des gardes françaises ; il a 900 mètres de longueur sur 446 mètres de largeur ; il est planté de quatre rangs d'arbres de chaque côté. Son étendue le fit choisir pour la fête de la fédération de 1789 ; il fut, en i793, le théâtre du supplice de l'infortuné Bailly, premier maire de Paris ; il servait aux grandes manœuvres des troupes impériales ; Napoléon y tint, en 1815, le fameux champ de mai, à son retour de File d'Elbe, et y passa en revue les députations des fédérés des départements ; c'est là aussi qu'en 1830 Louis-Philippe a distribué les trapeaux tricolores aux dixsept légions de la garde nationale de Paris et delà banlieue ; sous la seconde République, du 25 février au iS mai 1848, le Champ de Mars fut le lieu de réunion des ateliers nationaux, n servit, le 10 mai de la môme année, à la grande
revue des députations des départements, passée par l'Assemblée nationale, réunie à TEcole militaire. Le iO mai 1852, l'empereur Napoléon III y distribua les drapeaux à la garde nationale et à Tarmée.
Outre l'Ecole militaire, les casernes de Paris qui méritent le plus l'attention sont la caserne de Reuilly, rue de Rueilly (XII® arr.), la caserne du quai d'Orsay (VU* arr.), la caserne de la Nouvelle-France, faubourg Poissonnière (X« arr.), la caserne Napoléon , construite en 1853, derrière l'Hôtel-de-Ville, en forme de pentagone irrégulier (IV« arr.), la caserne Lobau, séparée de la précédente par l'église Saint-Gervais et construite sur le même plan; la caserne du Prince - Eugène , derrière le Ghàteau-d'Eau (X« arr.), les casernes de la Cite\ entre le boulevard du Palais et Notre-Dame (IV® arr.).
La Manutention des vivres militaires, quai de Billy (XVI® arr.), incendiée en 1855, a été reconstruite depuis en pierre et en fer ; elle comprend des magasins à blé et un à farine, un moulin, etc. Elle est ouverte au public.