‹ Guillaume de Champeaux et les écoles de Paris au 12e siècleChapitre 3 sur 162 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

LES ÉCOLES ET LES SYSTÈMES EX FRANCE AVANT Gl'ILl.AUME DE CHAMPEAUX

I. Les deux époques <le la scolastique — Bède. Alcuin, Il lia ha u Maur. — Les écoles du Palais, de Reims, de Chartres, de Tour?, d’Auxerre, de Dijon, du Dec, etc. — Les écoles de l’an» : Notre-Dame, Sainte -Cenex iè?e. Sainl-Germain des Prés, Saint-Germain t'Auxerrois, le Petit-Pont, la tue du Fouare. — IL Les sv-tèthes de philosophie : Scot Érigènc, Cerbert. — III. La théologie; — le> trois phases de son progrès — le dogme et saint Anselme;— la murale et Hildebert; — la jurisprudence et Yves de Chartres;— la myst que ; rtdon de Cambrai ci l'abbé Rupert. — IV. Retour à la philosophie; — la question des Univfr&aux — Résumé.

Avant d’entrer dans les divers chemins que nous devons parcourir, ii importe de connaître le terrain sur lequel nous marchons, et les grands points de l'horizon qui doivent guider nos regards. Cherchons donc d’abord quel était l’état des études et de la pensée en France, dans les premières années du douzième siècle; et pour le découvrir avec exactitude, voyons, jusque dans leur point de départ, les divers mouvements qui l’ont préparé.

La philosophie scolastique comprend deux époques trèsunies, mais très-distinctes. La première commence au huitième siècle avec le vénérable Bède, et finit avec le douzième siècle : c’est l’époque des germes et des tiges. La se-

conde commence avec le treizième siècle, même avec Pierre Lombard, et finit en quelque sorte avec Gerson, au quinzième siècle : c’est l’époque des fleurs.

C’est donc la première époque qui doit nous occuper. Or, cette première époque se divise en deux périodes : l’une, qu’on pourrait appeler le temps des écoles ; l’autre, le temps des systèmes. Ce qui domine dans la première, c’est un enseignement d’où l’ordre n'est pas absent, mais qui n'a encore ni principes formulés avec précision, ni parties enchaînées avec méthode. Dans la seconde, les écoles subsistent toujours; mais la pensée n’y est plus à l’état d’enfance, elle commence à prendre plus complètement conscience d'olle-inème, de manière à s’exprimer avec une exactitude prête à se défendre; elle cherche à se solidifier dans une lumière plus évidente, et à devenir doctrine. C’est à Jean Scot Érigène, c’est-à-dire vers 8Û0, que finit la première et que commence la seconde.

« Avant saint Anselme, dit M. Bouchitlé, les noms de Bède, d’Alcuin, de Rliaban Maur, du pape Sylvestre II (Gerberl), de Lanfranc même, rappellent plutôt un mouvement d’esprit, une activité qui pourra devenir féconde, que des doctrines arrêtées et une méthode digne de confiance*. »

Les Barbares, en effet, dans le commencement de leurs invasions, remplissaient tout de sang et de carnage, brûlaient les villes entières, massacraient les habitants, ou les emmenaient esclaves, et jetaient partout la terreur et la désolation. Aussi voyons-nous , même encore au sixième siècle, les études pleinement négligées dans les Gaules. Le pape Agathon , dans la lettre dont il chargea ses légats pour le sixième concile, dit : « Nous ne les envoyons pas

1 M. Bouchitlé, lu; rationalisme chrétien h la fin du onzième siècle Introd., p. x.

par la confiance que nous avons de leur savoir. Car commen£ pourrait-on trouver la science parfaite des Écritures chez des gens qui vivent au milieu des nations barbares, et gagnent à grand’peine leur subsistance chaque jour par le travail corporel? Seulement nous gardons avec simplicité de cœur la foi que nos pères nous ont laissée1. » — Cependant Bède parut (672-735); et quoiqu'il ne fut ni un penseur original, ni un grand théologien, ni un philosophe profond, néanmoins ses écrits embrassaient toutes les connaissances qui avaient cours alors : théologie, philosophie, grammaire, histoire, physique, arithmétique, astronomie, rien ne lui était étranger; une telle science encyclopédique indique évidemment une grande vigueur d’intelligence, et ne pouvait pas ne pas produire d’heureux résultats sur les esprits soumis à son influence1 *. — L’année où expirait Bède, naissait Alcuin (755-804).. « Esprit grave plutôt qu’élevé, actif plutôt que puissant, Alcuin supplée, comme Bède, à la supériorité de la pensée par son dévouement à la science. On sait quelle part il a prise à la restauration des lettres accomplie par Charlemagne, et que rien d’important ne s’y est fait sans lui5. » Toutefois ce ne fut pas un philosophe, mais un simple organisateur d’éléments qui n’avaient rien de sérieusement scientifique. Le temps d’Alcuin, c’est ce temps des premières conquêtes intellectuelles où l’esprit cherche à jouer avec la lumière plutôt qu’à trouver la vérité, à se charmer lui-même avec des combinaisons ingénieuses plutôt qu’à étudier avec exactitude. C’est ainsi qu’Alcuin , se demandant un jour, en présence des royales intelligences qui l’écoutaient, ce que c’est que la

1 Voir Fleury, Histoire ecclesiastique, I. XI, n*7. .

4 Voir Jl. Saint-René Taillandier, Scot Erigèue, 1” partie, cl). 1, p. 23.

5 Ibid., p. 21.

langue, la vie, l'homme, répondait : « La langue? c’est le fouet «le l'air... La vie? une jouissance pour les heureux,

une douleur pour les misérables, l’attente de la mort

L’homme? l’esclave de la mort, un voyageur passager, hôte dans sa demeure1. » — Rhaban Maur (776-85(1), élève d’Alcuin, à Tours, n'eut aucune pensée originale; ce ne fut qu’un faiseur de gloses*. Dans son livre de Institutione clericorum , il explique le sens des sept arts libéraux, et se borne à résumer les connaissances liturgiques, pastorales, bibliques et littéraires, qu’on estimait alors nécessaires et suffisantes pour le prêtre. Mais de son temps, rien de frappant, ni même de précis ne se fait encore remarquer ; ou tâtonne sourdement dans l’ombre; on lit les traductions de Boëcc, notamment son Introduction de Porphyre à YOrganon d'Aristote; on s’en sert comme d'un manuel dont on ne sait, la plupart du temps, ni que penser ni que dire ; en un mot, si la philosophie est loin d’être inconnue, elle est tout aussi loin d’être connue. Tels furent les principaux des maîtres qui remplirent cette période de formation. Cantù les caractérise d’un mot : « Ces scolastiques, dit-il, créèrent des écoles, non des systèmes5. » Leur philosophie, en effet, n’était qu’une dialectique toute de formes et de catégories, véritable algèbre de la raison, employée à l'usage de la théologie, pour établir l’alliance entre la foi et la réalité objective des vérités révélées4.

‘ Œuvre t d’Alcuin , t. Il, p. 352. — M. Guisot, Histoire de la civilisation en France. 7* édit. Paris, 1852, t. II, p. 190-194.

* M. Rousselot , Etudes sur la philosophie dans le moyen âge. Paris, 1840. 1. 1. p. 76. — a Rhslinn Maur ne fut guère qu’un imitateur tidèle de son miiitre Alcuin. > M. Douchilté, omr. ciÙ, Introd , p. xrm. Voir Tennemsnn Manuel de t histoire de la philosophie, t. I; Rimer, Handbuch der Geschichte der Philosophie, t. II.

3 Cantù, Histoire universelle, t. X, p. 485.

‘ Ibid., p. 481.

Quant aux écoles, on leur donnait trois dénominations, suivant leur théâtre respectif. Il y avait les écoles palatines, qui se tenaient dans les résidences impériales : les écoles épiscopales, qui étaient ouvertes sous le patronage et la surveillance de l’évoque, soit dans sa cathédrale, soit même dans sa propre maison; c’est de là que vient l’institution, encore maintenue, du théologal diocésain : enfin les écoles claustrales, qui avaient lieu à la porte des cloîtres. — L’école du Palais, fondée par Charlemagne, et la première de toutes, était mobile avec la cour; elle se tenait tantôt à Aix-la-Chapelle, tantôt à Paris, où elle se fixa définitivement. Ses premiers maîtres furent le rhéteur Pierre de Pise, Paul Warnefried, diacre d’Aquilée et habile hagiograplie, l’Espagnol Claude, interprète de la sainte Écriture, et surtout maître Alcuin de l’école d'York. C'est l’école du Palais qui fut le modèle et la mère de toutes les autres'. Dès 78ô, Charlemagne publia la fameuse constitution des écoles, Constituüo Je scholis per siwjula episcopia et monasteria instituendis, suivant laquelle on devait ériger des établissements d'instruction publique dans les cathédrales et les abbayes qui n'en avaient pas encore. Ces établissements furent d'abord destinés uniquement à l'éducation du clergé, mais ils s’ouvrirent bientôt aux laïques des classes élevées. Les conciles et les papes favorisèrent à l’envi avec les rois ce mouvement progressif des éludes. Ainsi, le concile d'Aix-la-Chapelle, en 816, ordonna que les chanoines lussent instruits dans toutes les branches de la science et que l'un d’eux, d'une doctrine et d'une vertu supérieures, veillât sur les enfants qui fréquentaient l'école de la catlié-

* «i Par les soins des docteurs du Palais, des écoles furent constituées dans les c lui ire», dans les cathédrales, dons les résidences impériales. >» II. Ilauréau, Üe la Philosophie scolastique. Paris. 1850, 1. 1, p. 9. .

LES ÉCOLES ET LES SYSTÈMES EN FRANCE drale. Le eoncile de Rome, en 825, donna cet ordre :

« Que l'on apporterait une extrême diligence à établir auprès de chaque église épiscopale, dans les paroisses et ailleurs, des professeurs et des maîtres qui enseigneraient assidûment les lettres, les arts libéraux et les dogmes divins. » En 826, Eugène 11 recommanda aussi dans un concile, aux évêques et aux curés, d’instituer des écoles où l'on instruisît gratuitement dans les sciences divines et humâmes. De tous côtés les conciles répétèrent les memes recommandations. Celui de Valence, en 855, attribua à la longue interruption des éludes l’absence de foi et de doctrine dans les lieux saints ; celui de Kiersy-sur-Oisc, en 858, exhorta Charles le Chauve à ressusciter l’instruction dans son palais1.

Tous ces effor's lurent couronnés du succès qu’ils méritaient. La Gaule brilla entre tous les autres pays de ( Europe, par la supériorité de ses écoles*. C’était , en effet, celle de Reims5, digne d'avoir eu un jour pour chefs llincmar, Gerbert lui-même (992) et saint Bruno; celle de Chartres, fondée par Fulbert, disciple de Gerbert, à Reims, et évêque de Chartres pendant vingt et un ans (de 1007 à 1028), avec un éclat tel qu’il mérita d’ètre regardé comme l’oracle de presque toute la France*; celle de Tours, d’où sortirent Amalarius de Trêves, Rhaban de Mayence, lletto, abbé de Fulde, Haimon, évêque d'Halhcrstadt, Samuel de Worms et plusieurs autres écrivains remarquables de cette

1 Cf. Cnpitul. ann. 823, c. 5, apud Balux, t. I, p. 430. — Concil. Paris. VI, ann. 829, lib. I, c. 30, apud Uarduin, t. IV, p. 1316; Mansi, t. XIV, p. 558, sqq.

* Sur les écoles, voir J. J. Ampère, Histoire littéraire de la France avant le douzième siècle, t. III, ch. xiv et xvii. — M. Maître, les Ecoles épiscopales et monastiques de l'Occident. Paris, 1806,1" partie.

5 Voir Fleury, Hist. ecclésiast ., V* discours, n. 1.

4 Histoire littéraire de la France , t. VII, p. 261 et p. 201 : « Il fut la plus grande lumière de l'Eglise gallicane en son temps. » — Même pendant son épiscopal, il continua d'enseigner les sciences, excepté toutefois la médecine.

époque1; celles d'Auxerre, d’Orléans, du Mans, de Poitiers, d’Angers , si célèbres alors par les hommes éminents qu’elles donnèrent à la religion et aux lettres; celle de Dijon, où le ü. Guillaume sut unir dans un admirable esprit de liberté la science avec la vertu*; celle du Bec, où devaient bientôt paraître Lanfranc et surtout saint Anselme de Cantorbéry, cette grande lumière du onzième siècle. Toutefois, au-dessus de toutes les autres, se plaçaient d’ellesmêmes les écoles de Paris; elles étaient pour la philosophie et la théologie ce que celle de Bologne était pour la jurisprudence, et cela, non-seulement à la fin du dixième siècle, mais même au milieu du onzième5. Peu après la fondation de la Palatine*, il y eut, en effet, à Paris, trois écoles très-fréquentées : celle de la cathédrale, celle de Sainte-Geneviève5 et celle de Saint-Germain des Prés6. — « 11 n’y a pas très-longtemps, rapporte M. Ch. de Rémusat, qu’une enceinte jadis habitée tout entière par les membres du chapitre, s'étendait depuis le parvis, et longeant au nord la nef de l'église, allait rejoindre le jardin de l’archevêché ; elle s'appelait le cloître Notre-Dame1. » C’est là qu’était l’école épiscopale. — Quant à celles de Sainte-Geneviève

1 Voir Aliog, Histoire universelle de l’Eglise, 2" période, !’• part,, ch. iv.

* a Une autre école des plus florissantes était celle de saint Bénigne de Dijon, au même diocèse. Depuis que le B. Guillaume, qui en lut abbé jusqu'à sa mort, en 1051, y eut établi la réforme de Cluny, la science y alla de pair arec la vertu ; non-seulement on y instruisait, dans les arts libéraux et la théologie, les personnes qui y venaient embrasser la pénitence, il y avait encore une école publique ouverte à tous ceux qui s'y présentaient, de quelque condition qu’ils fussent, libres ou serfs, pauvres ou riches. » Histoire littéraire de la France, t. VII, p. 33; Cf. Mabill. Acla, t. VIII, p. 327, n. 14; Bolland. Acla SS., t. I, janv., p. CO.

5 Voir Fleury, Hisl. ecclésinst., I. LVII, n. 33; I. LXVI, n" 25.

* Voir M. Maître, ouvr. Cité, 1" partie, ch. tv, p. 32, etc.

* Histoire de sainte Geneviève et de son Eglise, Ms. de la bibliothèque Sainte-Geneviève, p. 573.

6 Histoire littéraire de la France, t. VI, p. 33.

1 M. de Rémusat, Abélard, t. I, p. 10. — Cf. Paris ancien et moderne,

et de Saint Germain des Très, leurs noms mêmes indiquent leur position. Celle de Sainte-Geneviève se trouvait à l'abbaye du même nom, qui fut construite par Clovis I" et achevée en 51 1 L’église et l'abbaye de Saint-Germain des Prés, qui portèrent d’abord le titre de Sainte-Croix et de Saint-Vincent, furent construites, sous l’épiscopat de saint Germain, par la piété du roi Childebert I", après son retour de 3a deuxième expédition d Espagne*. Saint Droctovée, qui en fut le premier abbé, donna à sa communauté une impulsion intellectuelle qui ne fut arrêtée que par les ravages des Normands en 801 et en 885, et qui fut reprise ensuite avec une ardeur pleine de poésie5. Il faut citer aussi Saint-Germain l’Auxerrois, qui fut d’abord, lors de sa fondation par Childebert, un monastère, puis une collégiale, que Canlù appelle une pépinière d’évêques*.

Le professeur le plus célèbre, à cette époque de formation diflicile que des guerres et des invasions interrom-

par de Maries, l. I, ch. i. p. 51, et ch. u, p. 159. — C réfier, Uist. de l'Unipersil é de Paris, t. I, p. ‘275.

1 Voir Histoire de la trille de Paris, par D. Michel Félibien, revue et publiée par D. Guy-Alexis bobineau, bénédictins de Saint-Maur. Paris, 17*25,

* Celle expédition eut lieu en 542. — Iji charte de Childebert est datée du G décembre 557, la 48' armée de son renne. L'église fut dédiée le ‘25 décembre 557 Saint Droclovée mourut vers 580. — Voir la charte de saint Germain, évéque de Paris, où il concède plusieurs privilèges à l'abbaye de Saint- Vincent, en 509, XII des kal. de sept. — Voir la charte de Charles le Simple, où il donne l'abbaye de la Croix-Sa in l-Leiiffroy à l'abbaye de Saint-Gmnain des Prés, en 919, Il des ides de mars. — Histoire de la ville de Paris , DD. Félibien et bobineau, 1. 1, p. ‘27-50 ; t. III, p. 15 b, 10 b, 51 b.

3 « Lorsque les faubourgs de Paris furent la proie des lia mines, l’abbaye de Saint-Germain des Prés fut transférée dans l'enceinte des murailles (1005) et resta à la tète de plusieurs écoles con liées à la surveillance du poète Abbon, qui chanta ce siège mémorable.» Cautù, Histoire universelle, t. IX, p. 454-455. — Voir le concile qui s'y tint plus tard en 11‘29. — Voir M. Maître, ouïr, cité, p. 59-01, 70-77.

4 Voir Histoire de la ville de Paris , t. I, p. 50, 91, 125. — Histoire universelle, par Canlù, l IX, p. 455.

paient trop souvent, fut Reini d’Auxerre : disciple de saint Heiric d’Auxerre, il triompha des ténèbres de son temps <893-908). Appelé par Foulques, archevêque de Reims, pour relever les études dans cette ville, il mérita l'honneur de voir l'archevêque lui-même assister à ses leçons. Après la mort de Foulques, il vint à Paris, ouvrit une école publique, enseigna les arts libéraux, les sciences et même la théologie1, avec un succès tel qu’il fut comparé aux anciens Pères de l’Eglise1. Quoique ses ouvrages, même son commentaire sur les Psaumes et son commentaire sur les Epitres de saint Paul, que l'anonyme de Molk dit être immense, soient dominés pap le point de vue grammatical, cependant il y avait au milieu de toutes ces questions de mots un commencement de réalisme et comme un essai de philosophie sérieuse. Aussi, le quartier de Sainte-Geneviève, qui était le quartier des étudiants libres, devint-il bientôt, sinon remarquable, du moins plein de vie et d’ardeur, au point d’étre appelé locutitius mons. Peu à peu des écoles rivales se formèrent entre la Gîté et Sainte-Gene-

1 Nous avons de saint Demi d'Auxerre plusieurs ouvrages manuscrits. Voir à la Bibliothèque impériale, n*712, fol. 47-56 : Incipil expositio Reinigii in prima editione llonal i grommalici urbis Home. — N- 1 1 1 0 du fonds de Saint- Germain : Glose sur le Salgricon de Marlianut Capella. — N" 8074 du fonds du Itoi . Commentant magislri Remigii super librum Maniant Capelle de üupciis Mcrcurii et l'hilologiae et super Septem arles liberales ejusdeni. — Il composa aussi un Traite sur la musique, un Traité sur chaque fête des saints, des Homélies, une Explication du canon de la messe, une Glose sur l'Ancien Testament, une Interprétation des mois hébraïques de la Bible, des Commentaires sur la Genèse et sur les quatre autre» livre» de Moïse, sur les Psaumes, sur le Cantique des cantiques, sur les douze petits Prophètes, sur les quatre Evangiles, sur le» Épitres de saint Paul et sur l'Apocalypse. — On dit même qu'il étudia la médecine, l’anatomie, et particulièrement l’organisme de l'œil. — Cf. Makill. Act. U, t. VII, p. 189, n" Il ; Histoire littéraire de la France , t. VI, p. ‘22, 99-122 ; MMss. de la bibliothèque Saint-Victor.

* Histoire littéraire de la France, t. VI, p. 191

40 t LES ÉCOLES ET LES SYSTÈMES ES FRANCE viève, sur la penlc septentrionale de la colline'. Puis Guillaume de Champeaux et Abélard apparurent. L'école de Saint-Victor sc fonda avec un éclat qui la tint longtemps au premier rang. I)e nouvelles écoles surgirent encore. Godefroid de Saint-Victor, dans un manuscrit qui a pour titre Fons philosophix, en compte jusqu'à six’. Cantù cite avec éloge celle du Petit-Pont et celle de la rue du Fouare, près de Saint-Julien le Pauvre5. Ce mouvement des écoles de Paris sc prolongea mémo jusqu’à l’abbaye de Saint-Denis où était instruite la fleur de la noblesse du royaume4. L’instruction y fut d'abord très-primaire, mais plus lard , Suger, que Louis VI, son ancien condisciple, lit nommer abbé de l'abbaye, en 1 122, y porta l'enseignement sur des matières plus élevées.

Avec le temps, toutes ces écoles se développèrent, et au commencement du treizième siècle elles formèrent par leur réunion ce grand corps qui s'appela l 'Université. C’est alors qu’elles brillèrent d’un éclat incomparable et s’attirèrent les louanges les plus pompeuses. Quand on voulait Taire l’éloge d'un théologien, on disait : « Il semble qu’il ait passé sa vie à l’Université de Paris. » Elle était appelée la fontaine du savoir, V arbre de vie, le candélabre de la

1 Voir Du Boulay, IJist. univers. Paris., t. I, p. 257-280; Paris 1605, C vol. in-fol.

* On lit clans ce manuscrit, conservé à la Bibliothèque impériale, les rimes suivantes :

Sex li aboi «allioJras per qua> spéculateur Et lalcnlem fluminis fumlum perscrulanlur, etc.

5 Cantù, Histoire universelle, t. X, p. 465. — On lit dans l 'Histoire de ta ville de Paris, 1. 1, p. 218 : « On croit que l'église de Saint-Julien le Pauvre, dépendante du prieuré de Long-Pont, fut choisie pour partager avec celle de Notre-Dame l’honneur des lettres et des sciences... On prétend que l’étude de la théologie demeura à l’évéché. » Cl. Pasq., Recherche, 1. IX, ch. ix, x.

4 Histoire de la ville de Paris , DD. Félibien et Lohinenu, 1. 1, p. 151.

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