‹ Guillaume de Champeaux et les écoles de Paris au 12e siècleChapitre 57 sur 162 · DANS LA QUERELLE DES INVESTITURES. ICO · texte numérisé non relu

DANS LA QUERELLE DES INVESTITURES. ICO

altcntat contre Dieu et la religion, et que l'Eglise serait esclave des princes si elle ne pouvait choisir un prélat sans les consulter, les députés s’indignèrent et se retirèrent en s’écriant : Ce n’est pas à filmions que la querelle doit sc vider, c’est à Rome, et par l'épée. Le concile, loin de sc laisser intimider par de telles menaces, frappa de suspense plusieurs évêques d’Allemagne, rétablit la liberté des élections et confirma la condamnation des investitures1.

Plus tard, Guillaume de Champeaux assista à trois nouveaux conciles : celui de Beauvais, tenu le 6 décembre 1 H 4, celui du Reims, tenu le 28 mars 1115, et celui de Chàlons, tenu le 12 juillet de la meme année’. Dans ces trois conciles, les évêques et le légat Conon conlirmèrent l’excommunication déjà lancée contre l'Empereur’. D’après les recherches d’un historien moderne, il assista aussi, comme député des Églisesd’Allemagne,au commencementdel 1 19, à la diète que l’Empereur avait convoquée à Tribur, dans le but de calmer les évêques et les seigneurs soulevés contre lui par le légat Conon*. Ce choix que les Églises d’Allemagne avaient fait de sa personne pour éclairer l’Empereur, montre toute la réputation qu’il s'était acquise parmi elles.

1 « Quiconque aura reçu l’investiture «le quelque bénéfice que ce soit sera déposé avec son consécratcur. » Tel i st le premier des cinq canons attribués au concile par Mnnsi; v. Suppl., t. 11, col 235. — Encycl. théol ., Dicl. des conciles ; Paris, 1847.

s Voir D. J. François, Ms. cité. 1. III, p. 228. — Gall. Christ ., t. IX. p. 877. — A ce concile de Chàlons il souscrivit d’abord à la lettre synodale du légat Conon en faveur du monastère du Mont Saint-Quentin, près de I'éronne, contre celui de Saint-Vaast, touchant la terre de Botencurt qu’ils se disputaient; ensuite, à la satisfaction faite par Mathilde, dame de Cauniac, à l’Église de Paris, au sujet de l'advoeatie de la terre de Viriac.

5 Cf. Labbc, Concil , t. X, p. 802. — Mansi. t. II, col. 507. — Dom Ceillicr, Hist. des auteurs sacrés , etc., Paris, 1803, t. XIV, p. 192. — Fleury, llist., liv. LXV1, n. 29. — Iteceveur, Hist., t. V, p. 305.

4 Voir M. P. Lorain, ouïr. cité, p. 79-80. — Fleury, Hist. 1. LX VII, n 1.

Toutefois, ce n’était pas encore là le rôle spécial auquel il était destiné. Le pape Gélase venait de mourir à Cluny le 29 janvier de l’année 1119. L’abbé Ponce, alors toutpuissant, soit par suite de sa famille qui. était l’une des plus opulentes de l’Auvergne et lui valait d’èlre le filleul do Pascal II, soit par suite de son titre d'abbé de Cluny, titre alors célèbre entre tous, et que Louis VII devait illustrer encore eu déclarant l’abbaye de Cluny « le membre le plus noble de son royaume1, » l’abbé Ponce contribua singulièrement à faire éliie pape l’archevêque de Vienne , son ami et son protecteur, Calixle II*. Calixte II, qui voulait travailler à la réconciliation entre l’Église et l’État, et qui connaissait la réputation de sagesse, de modération et de sainteté que s’était acquise Guillaume de Champeaux, envoya ce dernier avec l’abbé Ponce à Strasbourg, pour négocier avec l’Empereur. L’Empereur commença par leur demander conseil sur le moyen de faire sérieusement la paix sans diminuer son autorité. Guillaume de Champeaux lui répondit: «Prince, si vous voulez, avoir une paix véritable, il faut que vous renonciez absolument à l’investiture des évêchés et des abbayes ; et, pour vous assurer que votre autorité n’en souffrira aucun préjudice, sachez que, lorsque j’ai été élu évêque dans le royaume de France, je n’ai rien reçu de la main du roi, ni avant ni après mon ordination. Et cependant, en ce qui concerne les tributs, la milice et les autres droits qui appartiennent à l’État, je sers le roi aussi fidèlement (pie vous servent vos évêques, dont l’investiture vousa valu toutes ces dissensions, et même la sentence d’anathème. » Alors le roi, levant les mains,

1 Voir llist. de f abbaye de C.luuy, par M. P. Lorain; p. 77.

8 Voir Pierre le Vénérable, par M. Daparay, 1" partie, ch. n, p. 20. — Caliilc II ri'-gna jusqu’au 13 décembre 1124.

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