‹ Guillaume de Champeaux et les écoles de Paris au XIIe siècle, S'apreès des documents inéditsChapitre 12 sur 83 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

néants dd syst^xk phii.osopiiiql'e de cuili.aüme DE CHAMPEAUX

. Le Traiti^ de VOriÿifif de tâme cl le«» Quarantf-ieux Vraymettv mWtIf.— Pi'-bal» OD Oriftnl >>t en Occidonl sur Toriiîinr' de Pâme ; le Iraduriant'Rie matériel, le {zénératianioine, le rivatkiniame primitir cl simultané, le rréatianisme »ucccs'-ir. — (Won de (Ambrai et Guillaume de Champeaux. —II. La nature de l'ùme. — Le simidieisme de r.uilUume de Champeaux : identité réelle de U subklance et de^ facultés. — 111. L'animiamc et le viulismc. — L*CM>encc de la per^rw nalilé humaine.

Le réalisme! tel est le centre du système philusopliique de Guillaume de Champeaux.

Ccpemlaiit, quoique la qiicstiou des universaux ait à peu près absorbe tous les regards et tous les efforts eu philosophie, Guillaume de Champeaux composa des écrits nombreux et variés'. Sa position .à Paris et sa renommée dans toute l'Europe studieuse devaient, en effet, lui attirer, de la part des esprits que tourmentaient le désir de savoir, une foule de questions auxquelles sa science et sa bonté ne pouvaient éviter de répondre. De tous ces écrits philosophiques il ne nous reste que le fragment sur l'Origine de l'âtne publié par Dom Martènc , et les quarante-deux

* Cr. de Wiscli, Itibliolh. citterc-, p. 153.

106 nÉBRlS DU SYSTÈME PHILOSOPHIQUE

Fragments inédits déco\i\er\s pa^^f. F. Ravaisson, D’après CCS Fragments, Guillaume de Champeaus s’occupa surtout de la psychologie ; il considéra l’âme soit dans son origine, soit dans sa nature, soit dans scs rapports avec le cor])S. Voyons quelle fut sa manière de penser sur ces diverses questions, si brûlantes même de nos jours.

C’est surtout dans les premiers siècles du christianisme (ju’on se préoccupa de la question de l’origine de l’âme. Il y avait, en Occident, des disciples de Tcrtullicn et d’Apollinaire qui, appuyés sur l’idée de la vie par le sang, enseignaient le traducianisme matériel, et, à côté d’eux, une seconde école qui, rejetant ce traducianisme matériel, n’admctiait qu’un traducianisme spirituel, lequel fut plus tard désigné sous le nom de génératianisme et consistait en ce que l’âme du fils, loin de lui être transmise par le sang élaboré du père, était engendrée de l’âme même des parents*. En Orient, au contraire, dominaient les sectateurs d’Origene qui soutenaient la création des âmes, mais aussi leur préexistence et leur déchéance personnelle avant leur incorporation. — Le traducianisme deTerlullicn et de ses disciples avait le double avantage de donner de la transmission du péché originel une explication sufGsamment spécieuse pour frapper certains esprits et de ne pas

' s. lliitronjnii Epist. ad Marcclliiiiim et Anaptydiiam : < pars

orcidcntalium autuinanl ut >|üOiiioJo corpus ex corpore, sic anima nascatur ex anima. » — Cl. S. .Yiifiisl. ad Optalum, Epiit. 196, c. vi, n* 20. — Billiiart, Smbi. Iheohp., l. lil, p.OOO.

DE GUILLAUME DE CHAMPEAUX. 107

compromettre la sainteté de Dieu en cette affaire ; mais, en revanche, elle compromettait singulièrement la spiritualité de l’Ame ; car, si un être d’une espèce ne peut produire qu’un être de cette niêine espèce, comment l’âme du fils peut-elle être d’une espèce immatérielle, si elle dérive d’un germe spécifiquement matériel ' ? — Le généralianisme, sans être hétérodoxe’, était loin de satisfaire les esprits’. Car, si d’une part il facilitait l'intelligence de la transmission du péché originel, d’autre part, comment comprendre la génération d’une âme par une âme? Assurément fâme du fils est une substance aussi bien que l’Ame du père ; or, si l’âme du fils dérive de fâme du père, comment làmc du père est-elle une substance simple? Dira-t-on que l’âme du père, tout en étant une substance simple, contient avec elle la substance de l'Ame du lils?Mais alors, l’Ame du fils existe donc déjà, et substantiellement? et si elle c.xiste déjà substantiellement avec l’âme du père, elle n’est donc pas réellement engendrée par l’Ame du père? — Quant à l'opinion des partisans d’Origpne, d’abord elle avait le tort de ne reposer sur aucune preuve positive ; ensuite elle donnait à l’àme de l’bomme

^ « 1I1Î qui ainnuis ex una propagnri asserunl, qiitim Dous primo homini (ledil, alquO'ila eas ex parcnlilms truhl dicunt, si Terlullinni opinionem S4?quunlur. profedo eas non ^pirilu» sed cnrporn esse curilendunt, et corpu- Iciitis feminibus exoriri. Quo pcrvcTsius quid dici {>otesl? s S. .Vti^usl.. ad Optatum, Epifst. 100, c. iv.

* Voir in dissertnlion du cardinal dcNoris (Vindiciæ Auÿustinianæ, c. iv, ^ 5], — Turticlc de Msr Beclen dans la fleviie catholique de Louvain, septembre 1X47, — M. lîlwRhs, du Rt^alime en théologie et en philosophie, p. 501-508; Louvain, IXjG. Quant û la lettre de S. Eni. ie cardinal Patrixzi ù S. Eut. le cardinal urclievt^que de Ualincs louchant les ouvrages pliilosophiqiics de M. Uhaglis, publiée le - mars 1800, elle condamne, non pas le génératianisrne spinliiel, mais le Iradiifianismo matériel, et encore ne le con— <Jamne-t-clle pas comme enlacbé d'iiéré3ie,mais seulement comme ne pouvant s'cnaeiguirr ems danger, < npiniones quæ nbsqiie peiiculo tradi non p>ssuul. »

’ c De traduce carnis non ambigilur, sed de auimx ainbigilur. » S. Auguste ad MarcetiinwN, Epist, 1 i5.

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