‹ Guillaume de Champeaux et les écoles de Paris au XIIe siècle, S'apreès des documents inéditsChapitre 24 sur 83 · I.E RÉALISME · texte numérisé non relu

I.E RÉALISME

poinl de vue Je la constitution cliimique du globe, agissaient dans l'atmosphère et dans l'ccorce terrestre avec plus d'intensité qu’aujourd'liui , de sorte que de vastes cliaines de montagnes étaient soulevées et que de grands cataclysmes, en creusant de profondes vallées, changeaient le relief des plaines ', je ne me représente plus l'inllucncc de cette puissance pour développer la vie ; car la composition chimique des êtres vivants ne souffre ni une grande chaleur ni une forte électricité. Elle cède meme à ces forces en se simplifiant dans sa composition. Les composés produits sous l’inilucncc de la vie sont plus complexes généralement que les composés de la nature inorganique ; leur stabilité est moindre et leur formation fort lente. Dans cet état de choses, il faudrait donc expliquer comment cette nature serait assez puissante pour engendrer la vie, tout en étant cependant incapable d'altérer la composition chimique des produits vivants. Si on alléguait que cette nature puissante n'a pas créé les espèces actuelles, mais les espèces antédiluviennes, que l’on prétendait avoir été plus fortement constituées, au point de vue chimique, que les autres, je rappellerais que les conditions où vivaient les espèces antédiluviennes devaient avoir les plus grands rapports avec les conditions du monde actuel, à en juger par les formes de ces espèces, par la composition des os que nous trouvons à l'état fossile, et par l'habitude de leur vie sur la terre et dans les eaux douces ou salées ’.

Donc, d'après la science contemporaine, il est constaté que les trois règnes sont réellement distincts entre eux.

' Voir à ce propos l'inu'rosjanle confûrcncc faile à Auierrc.lc 20 fôv. 1800, sur le» Oscillations de l'dcorce terrestre pendant les périodes quaternaire et moderne, par M. Ilôkcn, professeur île g&logie à 1a Faculté des sciences de Paris. ,

’ M. Cberreul, ouvr, cité, 1. 1, p. S54-3.Ô8,

ET LES SCIENCES MODEnNES

Mais, d’après cette même science, est-ce là une distinction qui rejette toute identité? Nullement. C'est une distinction de formes et de types, mais non de matière. Voyons-lc d’abord pour les deux règnes organiques.

« Les résultats des observations et recherches à ce sujet, disait Tiedemann, nous mettent dans la nécessité d'admettre l’axiome établi par G. R. Treviranus , qu’il existe une matière propre aux êtres organiques, apte à la vie et jouissant de la propriété de revêtir certaines formes , en même temps qu’elle acquiert un mode particulier d’action. La manière dont cette propriété se manifeste dans le développement réel de la forme est subordonnée au conflit et à la réciprocité d’action qui existe entre la matière organique et les influences extérieures ou physiques, circonstances en raison desquelles elle prend ou une forme animale ou une forme végétale » Et, en effet, ne paraît-il pas vraisemblable de le conclure, a la vue de ces êtres ambigus que Tondit être animaux pendantquelques minutes ou quelques heures, végétaux pendant le reste de leur existence, et qui semblent marquer, sous les formes d’une transition entre le règne animal et le règne végétal, un fond réellement identique* ? Aussi Gæthe a-t-il dit dans ses Pemées : a Lorsqu’on observe des plantes et dos animaux inférieurs, on peut à peine les distinguer. Un point vital immobile ou doué . de mouvements à peine sensibles, voilà tout ce que nous apercevons. Ce jwiut peut-il devenir Vun ou l'outre suivant les circonstances , plante sous l'influence de la lumière, animal sous l'influence de l’obscurité? Quoique l’observation et l’analogie indiquent qu’il en doit être ainsi, nous

* Tiedemann, l, I, p. l.‘>3 el 151.

■* Voir Bory de Sainl-Vincent sur le règne psycltodiaire. Art. Ilitloire naturelle du Oüiwnn. clanique tTUuloire naturelle, t. Ylll, p'. ^(7.

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