‹ Guillaume de Champeaux et les écoles de Paris au XIIe siècle, S'apreès des documents inéditsChapitre 30 sur 83 · I.EI R KONDATIOM ET I.El'tl ESPRIT · texte numérisé non relu

I.EI R KONDATIOM ET I.El'tl ESPRIT

Oii étailaloiscn 1 lOS, après les fêtes de Pâques. Or, ce ne fut qu'en II 13 que Louis Vl,aliu de lénioif^ner à Guillaume de Champeaux et à scs religieux son respect cl sa confiance, donna scs lettres patentes pour l’érection de la nouvelle église cl pour la fondation et la dotation du monastère. De 1108 à 1115, c'est-à-dire tout le temps qn’y resta Guillaume tie Champeaux, il fallutdonc vivredans une extrême pauvreté et une grande mortification. Guillaume de Champeaux prit immédiateinenl l'habit des chanoines réguliers et traça une règle dont les points principaux furent le silence, l'élude, la science ecclésiastique, la charité fraternelle, l'hospitalité, la pauvreté, le jeune et l’obéissance. Le travail des mains fut imposé, non-seulement pour donner au corps sa part des peines de la vie, mais aussi afin de pouvoir lui procurer s.i nourriture'.

Telle est l'origine de cette abbaye qui eut l’honneur d’abriter les jours de tant d'hommes éminents, de donner à l'Église deu.v archevêques, six évér]iies, sept cardinaux, cinquante-(|uatre abbés, et d'attirer, |)ar sa science et sa piété, des visiteurs tels que saint licrnard et saint Thoiiias de (iantorbéry. Celle congrégation ac(|uit un tel ascendant, que plusieurs églises collégiales cl plusieurs communautés religieuses désirèrent embrasser la même observance régulière. ;V 1a mort de Gilduin, le successeur de Guillaume de Champeaux, elle conqitait déjà (|uarante-quatrc maisons. Sa réputation se réi>aiidil non-senicmcnl dans toute la

' Vuir ic IV Goiirtl»ii, onvi‘. ti//, du cb. lu nu cli. i\x. — Voir imii' I abbaye de Sninl-Vielor, IjOt'r ordtHhf lÜbl. S. Viet., ii. 987. Ms. de la Bibl. impbink*; Antiquitates ejusdt’in a0t)alin\ J. Tliouloiise niiclore. Ms. n. 1038; AHHoleâ Kcclesix S. Vict., J. Tliouleuse, n. 43'i ; les n** GOi. 070 cl 13 du fonds de Saiul-Viclor; Essai tur la fondation de VÊcok de i>aint-J'icior de Paris, par M. Ilu^uuin.

‘.'44 L'ÉCOI,E ET L'ABUaVE DE SAINT-VICTOII

Krancp, mais jusqu'en Angleterre et en Irlande Jacques de Vilry, dans son Histoire occidentale, lui donne les plus beaux éloges : « Comme le (lambeau du Seigneur, dit-il, elle est élevée sur le chandelier. Elle éclaire non-.seulement la ville, mais les contrées éloignées ; elle apprend aux peuples à coimailrc Dieu ; elle les excite à l'aimer. Elle fournil aux étudiants de Paris et à la multitude qui y alfluc de toutes parts les eaux du la purification. Cette sainte et respectable congrégation, dans le camp des suidais du Seigneur, est le refuge des pauvres, la consolation de ceux qui pleurent, le soutien du faible; elle répare les forces de ceux qui sont fatigués, elle relève ceux qui tombent, elle offre à tous les écoliers un port assuré, elle ouvre un sein miséricordieux à ceux qui veulent échapper au naufrage de ce monde ; elle les accueille avec bonté, elle les entretient, elle les nourrit. Dès son origine, elle a été ornée et embellie par des docteurs de Paris, hommes lettrés et honnêtes, qui brillaient au milieu d'elle comme des étoiles étincelantes ou comme des pierres précieuses *. » Le pape Innocent III lui-méinc reconnut les bienfaits et la grande iniluence de cette abbaye : car, lorsque les étudiants de Paris représentèrent au pape <|u'ils ne pouvaient, soit à cause des dépenses du voyage, soit à cause de l’interruption des éludes, se rendre à Rome pour solliciter l’absolution de l’excommunication portée contre ceux qui frappaient les clercs, et si souvent encourue, c'est à l’abbé de Saint-Victor qu’innocent III accorda le pouvoir de donner cette absolution.

Toutefois, ce ne sont là (|ue scs succès extérieurs, et

* Voir le 1’. JüuriUti, onvr. cité, iiUrotl. — llélyol, ouvr. cUéy Ij0*l5i li 15-*».

• //«/. occid.f p. ‘iH.

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