L’FCOLE DE SAINT-VICTOR
aussi le dégoût quelque peu sceptique et même dédaigneux que signala l’auteur de V Imitation^ à l'endroit de la pliilosopliic et de toutes ces discussions violentes sur des sujets obscurs et abstraits, pour la solution desquels l’esprit humain ne se sentait pas encore mûr*? San» doute on ne pourrait en vouloirà Guillaumede Champeaux, pas plus qu’à Roscelin et qu’à Abélard, de n’avoir dit le dernier mot sur aucune question : car, quelque savants que nous soyons, nous ne savons le tout de rien, et nos livres les plus pro- (onds ne sont que des préfaces pour les siècles suivants. Cependant le vide qui resta dans les intelligences après tant d’agitations et tant d’espérances, fit que l'on se rejeta d’autant plus du côté du cœur, dans les régions du sentiment, jusqu'à ces endroits enfoncés où l’àmc s'affadit, parce qu’on ne l’y nourrit plus que d'un pain couvert de miel délicat ou détrempé de larmes mélancoliques.
Mais ces recherches nous entraîneraient trop loin. Rornons-nous à l’étude de la deuxième période, et surtout de l’influence qu’y exerça Guillaume de Champeaux. Cette période peut se diviser en deux parties : colle que Guillaume passa à Paris, suit comme archidiacre, soit surtout comme fondateur de l’abbaye de Saint-Victor; et celie qu’il passa à Chàlons, sur le siège épiscopal de cette ville.
l.’hommc agit sous une triple impulsion : celle de l’instinct, celle du sentiment et celle de la raison. Quoique ces
‘ lie Imilal., lil) t, c, ni.
• Cf. eti.im MelnUigic. Joann. Sormsli.