AVANT GUILLAUME DE CHAMUEAUN
tronomie, et Julius Firmicus dans l'astrologie judiciaire Ne pourrail-oii pas dire, à la vue de scs essais, de scs travaux. et de ses découvertes, qu’il devauga Bacon? Bacon, sans doute, formula la vraie méthode des sciences naturelles, et nul ne lui ravira cette gloire : mais Gerberl n’at-il pas posé, quoique dans une mesure imparfaite, ce que Bacon devait formuler six siècles après lui? Malgré l’assertion d’Ampère’, nous croyons que le mouverncnl inventeur dans les sciences peut prendre dans (îerbert sa première date*. Si Gerbert eût entendu Bacon s’écrier qu’il faut pousser riiommc aux faits, il eût reconnu dans cette parole sa propre pensée et il y eût applaudi.
Tel est le premier essai sérieux de la philosophie, soit sjiéculative, soit expérimeutale, au moyen âge. Naturellement, en vertu de la double loi de progrès et d’analogie «jui gouverne les sciences comme les choses, ce mouvement philoso|)hiquc dut produire un mouvement théologi(|uc correspondant.
« La théologie chrétienne, dit M. Guizot, subit dans le cours du neuvième siècle une révolution en général méconnue. Du sixième au huitième siècle, elle avait som-
■ Voir Vincciil lie IlcauvaU, Triihtnic; lliitoire iithraire de la France, I.VI, p.OtO.
* J. J. Ampère, Hitloire liU&aire de la France ara ni le douzième siècle. l’ari», I8r<9-I8iü, t. lit, p. 310.
* Cf. Iltt'llcr, Papes allem.. l™ p. 85-88. — Itock, Herbert et son
siècle. Viriine, 18.37, Iracluit ilc l’allemand pr M. J. M. .Axingor, 1859. — M. Maille, ourr. cité, p. 79-80, 23’>-23*, ‘237 cl 210.
Ci LES ÉCOLES ET LES SYSTÈMES EN FRANCE
meillé, coinmt! la pensée liiimaine tout entière. On ne voit dans cet intervalle aucune grande question religieuse débattue ; il y a des évêques, des prêtres, des moines, point de théologiens . C’est sous Charlemagne que les débats lliéologiipies recommencent... Toutefois, il va un abîme entre la théologie des cinq premiers siècles, née au sein de la société romaine, et la théologie du movcn âge, née au sein de l’Cglise chrétienne, et qui a vraiment commencé au neuvième siècle'. » Dans les premiers siècles on raisonnait lu foi, maintenant on la parle sans faire autre chose que la délayer. Üii traite de grandes questions, le culte des images, la nature de Jésus-Christ, la procession du Saint- Ksprit, la Trinité, la prédestination, le libre arbitre, l’Eucharistie; mais rien n’est traité grandement ; on se joue dans les textes des docteurs qui ont |)récédé, mais on ne songe pas à la pensée (|ui est la lumière des t( xtes ; on n'examine pas les choses en elles-mêmes, mais dans les mots par lesquels les devanciers les ont exprimées; on est encore barbare juscjiie dans les choses de l’esprit, et les meilleures intelligences sont presque toujours étrangères au point de vue philosophique ; on fait des syllogismes ç.i et là, mais eu fermant les yeux sur la majeure et la mineure, comme des gens (|ui bâtiraient une maison sans s'occuper de la nature des matér.aux qu’ils emploient. C’est là le caractère de lu théologie scolastique jusqu’à saint .Anselme. Pour nous en convaincre, examinons d’une manière plus précise, quoique brève, les efforts qui se sont faits en théologie durant cette période initiale du moyen âge.
On peut distinguer trois phases : d’abord la phase des pures et simples expositions, ensuite celle des discus-
' M. Guiiol, llittoire de la civilisalion en France, t.II, p.SSÔ, 28' leçon.
AVANT GUtU.Al’ME DE CIIAMI'EAIX.
sioiis, car la discussion est comme le passade de la simple exposition au système proprement dit; enfin, celle des systèmes ou des corps de doctrine. Ces trois phases, parfaitement distinctes en elles-mêmes, ne le sont pas toujours dans l’ordre des temps; mais ce que nous étudions ici, c'est moins l’ordre des temps que l’ordre des choses.
Ceux qui ne firent qu’exposer la théoloj'ie furent au neu* vième siècle quatre archevêques, saint Remi de Lyon , saint Âdon de Vienne, Hincmar de Reims et Rhaban de Mayence, et au dixième deux moines, Remi d'Auxerre et saint Odon de Cluny. Il serait fort peu intéressant de les suivre dans le détail de leurs écrits, de leurs chroniques, de leurs commentaires et de leurs sermons'. Qu'il nous suffise de savoir que les deux plus remarquables d'entre, eux furent Remi d’Auxerre, dont nous avons déjà parlé, et Hincmar de Reims (806-882), cet homme, d’nne activité étonnante, qui sut trouver dans sa vie assez de temps pour assister à trente-neuf conciles, pour entretenir des raj)ports avec les hommes les plus considérables de son siècle, laisser après lui (jiiatrc cent vingt-trois lettres et soixante-dix ouvrages grands ou petits, mais qui fut un homme d’affaires plutêl qu'un homme d'études, qui pensa à tout sans rien creuser, qui déploya un grand esprit de gouvernement, une profonde habileté pratique, mais peu de science Ihéologique, et qui enfin tacha les dernières années de sa vie par la cruauté qu’il exerça dans la mort de Gottschalk.
A côté des esprits qu’une simple exposition satisfaisait, s’élevèrent des esprits plus chercheurs, qui ne craignirent
' M. Guiiol, OMvr. cite, p. 55.5-53i.
LES ÉCOLES ET LES SYSTÈMES EY EHAXCE
pas (l’oiilrer dans les dirilcuitôs dos clioscs et de rendre leur vie douloureuse pour jouir d'une plus vive lumière. Tels furent Gottsclialk, Ratramne, Scot Érigène dans son Iraité sur la Prédesliuation, Pascliase Radhi rt, lîérenger, Guitmond et Lanfranc. Toutefois, ces liomiues ne discutèrent que quelipies points dogmatiques en rajiport plus ou moins direct avec les idées pliilosoplii(|ues de leur temps. I.üs idées métapliysi(|ues les porlèreut à approfondir la notion de la prédestination, et les idées expérimentales, développées par les sciences naturelles, dirigèrent leurs réflexions sur reucliaristie et la transsubstantiation. « Leurs travaux, dit M. Guiïol,nc forment point d'ensemble, ne se rattacbeutà aucune gramie idée, à aucun système général et fécond, autour des(|ucls on puisse les grouper; ce sont des travaux isolés, partiels, assez peu variés, et plus remarquables par l'activité ipii s'y manifeste que par leurs résidtals'. » C'est entre ces deux dogmes de la prédestination et de rKucliarislio (|ue la tliéologic d’alors cul tout son flux et son reflux ; à peine avait on touebé l'un qu’<m revenait à l’autre avec une nouvelle vigueur. Plus d’une fois des vagues rebelles essayèrent de franchir le grain de sable mystérieux que Dieu avait imposé à leur élan ; cependant la vérité Ihéologique lut maintenue, et si elle ne resta pas cette mer calme, mais nuageuse, des siècles antérieurs, du moins, en devenant agitée, elle devint étincelante; les mots se polirent .'ious les coujis et montrèrent une signification plus nuancée, les idées ellcs-mcmcs se distinguèrent davantage les unes des autres, et en perdant de leur confusion elles gagnèrent de l'exactitude.
Nous ne sortirons pas de cette é|)oque troublée, sans don
' Histoire île la cirilisalioit en l'rance, t. II, p. 535.
AVANT GUFILAtIME DE CHAMPEAUX.
ner un homma;;e et un souvenir à cette fleur de Gandersheim, qui charma le dixième siècle par la pureté de son coeur et la noblesse de son esprit, et l’embauma des parfums si poétiques de sa piété. Elle s'appelait Hrolsvitha, c’est-à-dire Rose Blanche et faisait, avec les docteurs de son temps, un contraste plein de fraîcheur et de sérénité. Dieu sans doute l’a placée sur les derniers confins du dixième siècle (98 i), pour reposer des discordes, quelquefois cruelles, dont on est témoin en parcourant cette époque.
Cependant, au onzième siècle, les questions se multiplient; les esprits deviennent moins concentrés ; la théolofçie prend de rétenduc et cherche à se dilater dans les vérités qui touchent à la Trinité, à l’Incarnation, à Thumanité de Jésus-Christ* ; l’ardeur de l'étude et le mouvement des croisades au"mentenl les voyages et les relations entre les différentes écoles ; les sermons, devenus plus fré(|uents, grâce au zèle de saint Bierre Damien, font naître dans les esj)rits comme dans les cœurs un besoin plus senti de pénétrer dans l'intérieur de la religion. De là aussi, à la suite de tous ces efforts et de tous ces progrès partiels, le besoin de les recueillir et de les synthétiser dans un système. C’est à l’école du Bec, sous banfranc (1042-1089), que celte nécessité se fil rtinanpier davantage. Jns(]u’alors on y avait donne une éducation théologique plutôt qu'une instruction Ihéologique ; la foi y était pieuse, mais peu savante; les esprits, fatigués des détails, demandaient un maître qui les coordonnât, les rattachât à
* Voir C;mlù, Hitl, univers., I. IX, p. 641, elt-, — Mignc, Pairol. C.urs.,
I vol. — Ch. Mngniii, Théâtre de Kroswitha. — H. l’hil*rèle Cliasli;.», Hevue des Deux Mondes, 1845.
* Cr. Cuitmund. archii-p. Aversan.; Confessio de S. Trinitale, Clirisii humauitttte, etc. Signe, Pairol. Curs., t. CXI.IX et suiv.
LES ÉCOLES ET LES SYSTÈMES EN EOANCE
des principes plus vastes et posât ainsi les bases d’un enseignement vraiment scientifique. C’est sans doute l’activité que Lanfranc déploya dans ce but qui lui valut une réputation européenne* et le fit appeler par dom Acbery n le phénix des génies et le miracle de son temps’. » Cependant, il s'en faut beaucoup qu’il soit digne de cette métaphore. Malgré l’éclat extérieur de sa vie, il n’a laissé que soixantetrois Lettres peu intéressantes, un Commentaire sur saint Paul, qui n’est qu’un écho assez mal sonore de la tradition patrologique, et un Traité contre Béreutjer^ qui, malgré sa valeur, aurait à subir beaucoup de transformations pour devenir un corps de doctrine*. C’est son successeur .1 l’abbaye du Bec et au siège archiépisco|ial de Cantorbéry, saint Anselme (d055-H0*J), qui devait avoir la gloire de poser dans le moyen âge le premier système de théologie chrétienne.
Effectivement, lorsqu’on étudie les ouvrages de saint Anselme on y découvre un plan complet, sinon dans scs détails, du moins dans son ensemble. — D'abord, c'est Dieu qui nous est montré. Nous voyons son existence et ses attributs dans le de Divinitatis essentia moiiolot/ium
* « Faiita illiiis poriti®! in toU iiberlim innotuit Europa. > Ordcric Vint, Histoire ecclésiastique, nd nnn. 1009.
* a In^iMiioruni phœuix saafpie adatis miraculuni, a
® De Corpore et sanguine Douiini. Voir Bérault-Urrcaslel, Histoire (le l'Église, I. XIX. col. S‘2Î. — Voir fcs ouvrages dans Migiic, l'atrol. ciirs., t. CL.
* Toutclois il Torma i l’abbave du Dec une biHiotbùque qui ne renrermait pas moins de 160 volumes. Voir le Catalogue des manuscrits de l’abbaye du Bec au douzième siècle, publié par M. Ilavais.<on. Rapports sur les MOliothiques des départements de l'Ouest, l’aria. 18il. in-8. p. 573 et sniv. — Cf. I. an franc, Sotice biographique, littéraire et philosophique, par M . A Charma. Paria. 18t9. p. 98 et li5. — H. Ch. Jounlain, la Philosophie de saint Thomas d'Aquin. Paris. 18.38, t. I, p. 7.
‘ Cf. Dom Ceillier, Histoire gén&ale des auteurs sacrés, etc., t. XIV, ch. I. — Migne, Palrot. curs., l. CLVlll cl CLIX.
AVANT GUILLAUME DE CHAMPEAUX. U1
et dans le Proslogium seit coHoquium de Dei exUtentia; puis sa vie intime, la génération du Verbe et la procession du Saint-Esprit, soit dans le traité général de Fide Trinitalis, soit dans le traité spécial de Processione Spiriltts Sancti contra Græcos (vingt-neuf chapitres). — Ensuite il traite de I’Ange, ainsi que de I'IIomme considéré dans scs éléments principaux : c’est l’objet du Dialogns de veritate, du Dialogus de libéra arbitrio, du livre de Voluutate, du livre de Originali peccato, et enfin du traité de la Chute du diable. De là, s’élevant au Mkdiateir, il nous le fait connaître dans le traité de Incarnatione Verbi, dans le Car Deus homo et dans le Liber de cunceptn Virginali. — Enfin, cherchant à pénétrer les moyens par lesquels l’homme, uni au Médiateur, peut atteindre à Dieu, il indique d'abord la coopération à la grâce dans son Traité de la concorde de la prescience, de la prédestination et de la grâce avec le libre arbitre, ensuite la réception des sacrements qu il ne touche que faiblement dans le traité du Pain azyme et du pain /ermenté et dans le traité des Mariages entre parents, enfin la pratique des vertus qui est le but de ses Homélies et de scs Méditations.
l’el est le plan de saint .\nselmc, plan magnifique et digne du génie qui l’a conçu. Toutefois, si ce plan est à peu près complet dans son objet, le point de vue auquel s’est placé saint Anselme pour le tracer et l’exécuter, est loin d'être complet. Saint Anselme avait un esprit essentiellement métaphysique, qui se résume tout entier dans les |ireiivcs qu’il a données de l’existence de Dieu et qui, aux yeux de leurs défenseurs, constituent son titre à l’iinmortalité. Tout ce qu’il regardait, il le voyait à travers une lumière abstraite ; il aimait à apercevoir les dogmes jusque dans les faits, et les choses pratiques elles-mêmes deve-
LES ÉCOLES ET LES SYSTÈMES EN FRANCE
ua
liaient spéculatives sous scs regards. C’est ce <jui ilunna à son système uu caractère purement dogmatique et conséquemment incomplet.
Pour comlilcr cctic lacune, parut àcotè de saint Anselme uiE homme qui lui ressemblait par la sainteté et l’énergie, mais qui eu différait par la tournure de l’esprit, llildcberl, cet homme admirable qui, pendant trente-sept ans, illustra l'épiscopat français sur les sièges du Mans (I0U7-1 12t)) et de Tours (H20-fl5i), et sutdéfendre sou pajs contre le roi d’.\uglctcrre avec on courage qui lui valut les bonncurs d'un douloureux emprisonucmcnl, était un des esprits les plus élégants et les plus gracieux de son siècle. Il y avait dans sou âme uu mélange de vigueur et de tendresse, d’austérité et de douceur, ipii donnait à sa physionomie un charme d'une délicatesse ravissante et ipii ne semble lui avoir fait prendre eu horreur ni les hommes ni les choses de ce monde. Pendant que saint Anselme laissait son esprit se plonger dans la métaphysique de la théodicée, Ilildehert épanchait les flots de son imnginatiuu dans des poésies que la postérité a conservées sous le nom de Carviiiifi', s'occupait de zoologie, étudiait les animaux terrestres’, envoyait à scs amis des lettres où il savait rendre présents son cœur et son esprit, écrivait la vie de quelques saints” et surtout composait des ouvrages sur la morale chrétienne. C'était le côté moral des choses cpii le frappait davantage ; et quoique passiouué pour le vrai, peut-être
* Cf. Dum Cciliicr, ouvr. ti//, t. \IV, cl>. xmii. § i. — J. J. AmfH*ro, Hiiloire iitl&aire fie ta France avant te douzième siède, i. III, cli. xsi.
* Cf. Histoire littéraire de la France. U*5 btîncilulins tic Syinl-Maur,
I VII, p.
^ Voir l’/V de sainte Marie d'Ffjupfe. impriiiitV «îan» noll.intlii» an lomc l-'^ d avril ; Vie de saint Itngnes, abhé de Clan»/, an ft»mc 111 titi inoi^ ;
Vie de sainte Hadeponde, reine de France, üf. Dont Mabillon. Analeda. Dom Coaugcmlre, Dom Cciliicr, onvr. citV^ p. 217 iH 221.
AVAM (II ILI.AUIE DE CIIAUPEAI X.
le beau et le bien avaient-ils A scs yeux des charmes plus séduisants. Les titres de ses principaux ouvrages sulTiseiit pour nous montrer en lui un moraliste; car outre son Traité théologique et ses Sermons', il composa une Philosophie morale de l'honnête et de l’nt'de, un livre intitulé : De ta pla'mie et du combat de la chair et de Ttlme, un autre : Sur les quatre vertus de la vie honnête, une Application morale de l’Ancien Testament, et un dernier livre ayant pour litre: Lamentation de l'âme pécheresse. Tous ces ouvrages sont 1 emplis, comme ses lettres, de ce parfum de loyauté et d’affabilité qui no s’échappe que des Ames vraiment grandes. Aussi tolérant qu'orthodoxe, il savait, en repoussant les erreurs de Bérenger, se souvenir qu’il l’avait eu pour maître et rester plein d’estime pour sa personne. Quand il songeait à lui-même, la première chose qui lui venait à l'esprit, c’était son devoir, et quand il pensait aux autres, c'était pour attacher tout d’abord sa pensée A leurs droits. C'est ainsi que, d’unç part, il couchait sur la dure, portait le cilice, se nourrissait sobrement, veillait souvent, et que, d'autre part, il envoyait, sans aucune malice, mais par une condescendance purement gracieuse, un éventail A un de ses amis, évêque ou prêtre, pour chasser les mouches pendant la célébration des saints mystères*. En un mot, Hildebert représentait la sagesse pratique, comme saint Anselme la sagesse spéculative.
Mais la théologie n’est pas seulement dogmatique et morale, elle implique encore une troisième branche, la discipline. Or, A celte même époque, vivait un autre saint évêque, Yves de Chartres (1040-H I5). Esprit éminemment positif, il faisait porter tous ses travaux, non plus
• Cf. Dom Ceillier, t. XIV, c!i. xviii, g ‘2 et 5, n* 0.
' Uildeb., Kpiil. II.
04 LES ÉCOLES ET LES SYSTÈMES EN FnANCE
seulement comme Hildcbert sur les princi|>cs delà morale, mais sur leurs applications les plus détaillées; nullement législateur, il était canoniste et casiiiste. Son regard méthodique aimait à se lixcr sur les lois et à les coordonner d’après leur véritable sens. Son goût pour l’exactitude, même extérieure, le faisait s’appliquer non-seulement à l’étude des grandes lois sociales de l’Église, mais encore à celles des préceptes purement cérémoniels. La collection de ses Lettres * le témoigne d’une manière évidente, ainsi que son Mlcrologue ou observations sur les rites et les offices ecclésiastiques-, et surtout sa Panormie et son Décret. Sa Panormie est un corps de toutes les règles du droit ecclésiastique ; elle comprend trois parties Le Décret, divisé endix-sept parties, traite, au point de vue de la jurisprudence surtout, de la foi, de l'Éucbaristie, de l'Église, de l’observation des fêtes, de l’Écriture, des conciles, de la primauté du pajie, des droits des primats, des métropolitains et des évêques, de la vie des clercs, des moines et des religieuses, des mariages légitimes, des vierges, des veuves, des crimes, de l’excomunication juste ou injuste, des pénitences, des devoirs des laïques et de la manière de les juger. U J’ai rassemblé en un corps, dit-il lui-même, les extraits des règles ecclésiastiques, partie des lettres des pontifes romains, partie des actes des conciles, partie des traités des Pères orthodoxes et des constitutions des rois catholiques, aiin que celui qui ne peut avoir à la main les écrits d’où j’ai tiré ces extraits, puisse du moins trouver ici ce qui lui paraîtra utile pour sa cause *. » Il est donc manifeste
• Yves lie Chartres a laissé •2U‘J lettres. Voir Doiii Ceillier, oinr. cilC, I. XIV, ch. VIII, g 5, |i. 99-125.
* IMd., g 4, p. 125-129.
» Ibid., g 2, p. 98-99.
‘ Yvon. Ikcrel., in prolog., p. 1.
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