‹ Guillaume de Champeaux et les écoles de Paris au XIIe siècle, S'apreès des documents inéditsChapitre 56 sur 83 · IU · texte numérisé non relu

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ilunt que, si Guillaume de Cliampeauv, lorsqu'il avait à sa pleine disposition les religieux de Clairvaux, n’en a pris aucun pour réformer et gouverner ses couvents, et que, s'il leur a préféré des religieux de Cluny et de Dijon, c’est qu'il ne partageait pas en tout la méthode mystique qui régnait à Clairvaux.

Du reste, rien n’est plus conforme à son caractère (|uc cette conclusion. Tandis que saint Bernard, tout en vivant dans son intelligence, vivait par son cœur, Guillaume de Champeaux, au contraire, tout en vivant dans son cœur, vivait par son intelligence; là c'était surtout l'ardeur, ici surtout la prudence ; là on se complaisait dans les élans enthousiastes, ici l’on s’en déliait pour ne se complaire que dans les mouvements réfléchis. Bernard accablait tout d’ahord ses ennemis, quels qu'ils fussent, Abélard, Henri de Cluny ou Pierre le Vénérable ; Guillaume n’a pas laissé dans l’histoire une seule parole d’amertume contre Abélard, malgré les discussions qui se sont élevées entre eux. En un Hiot, si Bernard et Guillaume se chérissaient, ce n’était pas parce qu'ils se res.semblaient, mais parce qu’ils se complétaient. Quand l’amitié était en eux plus vive que la pensée, ils avaient beau être deux, à eux deux ils n’étaient qu’un ; mais lorsque la pensée reprenait le premier rang, d’un ils redevenaient deux.

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