CHAPITRE II
OCILLADHE DE CHAMPEAUX. SES PREHifeRES ÉTUDES BT SON PROFESSORAT
û Taris :<>ou*i Mané^oli) de Lutcnbarli. — Éliidi^ ù Compiégiit* »oui> noàcclia. — Proniicr professorat à Notr^'llamc de Pari». — Éludes î Laon soiis Anselme. — Second professorat. — Guillaume de Cliampeau\ écolâlre et archidiacre de Paii«.
Guillaume naquit sous le pontincat d'Alexandre 11' et sous lerègne dePhilippeT'*, vers l'an 1070’, à Champeaux, village situé dans la Brie, près de Melun, et alors dans le diocèse de Paris'. C'était trente-sept ans après la naissance de saint de Anselme de Cantorhéry, huit avant celle d'Abélard et vingt avant celle de saint Bernard.
Jeune encore, il fut envoyé à Paris pour y faire ses éludes.
Or, en ce temps-là il y avait à Paris un maître renommé entre tous les autres, Manégold de Lutenbach. Fabricius
* Couronnû le 30 septembre 1001, mort le 30 avril 1073.
< Rcftoe delUOOà 1108.
* Voir M. Ilaurdau. — M. Roiissclot place celte naissance vers 1008. Ouït. cité, 1. 1, p. 217.
* a Campellis, quod est dioecesis Parisiensis in Bria, tertio a Beleduno milliario dissilum. s Gallia ChrUtiana nova, t. IX, p. 877.
GUIIXAIISIE DE CHASII'EArX.
l’appelle « le maître des maîtres modernes » P'après les hénédiclins de Saint-Maiir, « il fut une source de lumière et de doctrine pour la France pendant lescimpian le dernières années du onzième siècle’. Outre son Kxplicalion du |)ropliètc Isaïe et scs Gloses sur saint Mathieu, il composa sur le Psautier un ouvrage d’or’. Grâce à son application il devint aussi grand philosophe qu'hahilc théologien*. Les sciences naturelles de son temi)s ne lui étaient point inconnues’. Il enseigna d'ahord en .\l.sace, pays de sa naissance, et y forma plusieurs disciples, entre autres saint 'fhénger, cpii fut evéque de Metz. l)’.\lsace il pénétra en France et v parcourut divers pays, se faisant partout la réputation d'un des plus célèbres docteurs de son tenq)s'. A Paris il ouvrit une école. Sa femme et scs Pilles, qui étaient très-savantes en philosophie, enseignaient de leur côté les personnes de leur sexe’. Plus tard, peut-être après avoir [lerdu sa femme et ses tilles*, il revint eu Alsace, se fit prêtre, et dès I0!I5 commença à évangéliser son pays et à exhorter le peuple a se soumettre au pape Grégoire VII, dont l'autorité était méconnue par suite de l'assentiment
* € Mndernorum niagistci' niagi^lrunim. » Fabric., lUblioth. med. et inf. iat., IV, 12.
* Histoire litU*raire de la France, t MI. p. âl-52.
^ 8 Tcxlum Isaiæ proplittlic paginnlibusdaii^nlisHi^tinxit.Siipor Mattliæuin vero giüsÿas cortliniiat; >crilHl. Scnbîl ijuaijuc <uper I*>.»l;eriuin opus præ^Unmijkt topaztiiiii et niirtiiu pndiütsuni. » Fabric., ilnd.
* Cf. 8 .Magi»(ri ^laneguldi npU'Ctilimi ctvnlra Woircimuin CulonientM^nri. » 21 cliapilrc', apml Mignc, PatroL curs , t. CLV.
l.c ch.ipUrc IV (1c ropiisiulo prccitt!* csl iiililulê : n Qiiod in mon<tiraii(io solcm cl Innnin cl linbilabilibu't iiiaculis «leccpli &iiit,cl <1(111» inde Macrobio crediderit in fuie facile |)criclilaUir. »
* Cf. .\lbciic. Chrouie , ad ann. 10*10.
Cl'. Histoire iUh'raire de la France, l. VII, p. 5I-rt*2. — « Per idem lempu» noruil in Tculoni.i <|uidan> |-litIo»o|ihu8 , cui numen .Mcnegaldus, cujus uxur cl liliic in pbi)oso|>hia fucruiil perniaxiniæ. v Muralori in Annal,
* L’biftoirc en effet n'en hit plu.*< aucune mention.