SES PREMIÈRES ÉTUDES ET SON PROFESSORAT
qu’Othon, évèquc de Strasbourg, avait donné à l'empereur Henri IV. Plusieurs prêtres, soit pour mener une vie pénitente, soit pour no (tas communiquer avec ceux qui persistaient dans leur obéissance à l'empereur excommunié, se retirèrent dans les bois. Manégold en rassembla quelquesuns autour de lui ; et ntin de mener avec eux la vie religieuse, il lit construire un monastère à Morbac ou Murbacb, dont il lut le premier supérieur. Telle fut l'origine de la congrégation des chanoines réguliers de .Murbacb'. Manégold avait encore un caractère égal à sa science et à sa piété : car plutôt que de renoncer à la noble indépendance de sa parole, il aima mieuxs'ex|ioscrà la colère de l'Empereur* qui en düü8 le fit jeter eu prison*.
Pendant son séjour à Paris, il eut jilusieurs disciples, dont deux seulement ont su Iraiisiucttre leur nom à la jiiisléritè, Gérard de Loudun* et Guillaume de Cbampeaiix.
' Fnbricins dil en eitet ; « Vcnsiiiiilt* cûam clarissimo Miiratorio vUum de todeni mctilioneii) lîcri in a Puis, après avoir cité le Ic&te de
Murjlori, il ajoute c Fuit hic nia^iétcr Mme^oldus do Lulcnbach inter primes caiiuiiicos el piepoailus canonicorum rogularium Muihaccnsium in Alsalia. s l/K\ Ë9t>cc ce même Xané^old <|ui fui chanoine cl mtoIis-
li((uc de Pddcrbonr à qui NVil>j|d, abbé do Slavelo cl de Corbie, écrivit sur ijuillaiime de (.haiitpeaiix (voir Introd.. p. 0)t >ous ne le croyons |>as. Car la ll> lellrc de \>ibald ayant pour objet une afTaiie arrivée eu tliO, la Ü7^ qui est une ré|ionse à la 146*, doit être dulée au moins de lliO. Or, ai le maître do Guillaume de Champeaux eût encore vécu à cette époque, assit-* réiiicfil $ou âge et >a science eussent interdit à ^Ythnld ce ton de conse iller et même de prolecbMir que nous lui voyons piendre dans la lettre dont il aagil. Cf. D.Ccdlier, llisloire générale des auteurs eccle\iasliiiues, l. XIV, p. .*t31.ch. \xx\x. — Migne. Pff/rW. nfri., l. CLXXXIX, col. I2W-P257.
* « Sireimiis assertor vcrilntis luit, a qua ncc prornissia ncc minis schiainatici régis llecli potiiit; quinimo in disaensione ilia quæ inter Gregorium VII el llenricum IV exulta fuit, pro liienda justitia l.dioruvit usque ad vincula. » Fahrk., Biàlioi. med. et inf. fat., IV. 12. — Cf. Migiie, Vatrot. cars., t. CI.V, coi. 117 sq.~ Anonymus Meliicensis, cap. 105. ~ lleiyot, /fû/. des ordres rctigieuXj II* partie, ch. xv, t. Il, p. lOUlÜO.
^ .U. L. Maître pense, sans toutefois eu donner la preuve, que Mané*gold ji'alla pas directement de Paris en .AUace, mais vint auparavant i Coudun,
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GUUUUME DE CKAXPEAGX.
Si nous songeons » toute l’influence qu’exerce sur nous notre premier maître, peut-être ne trouverons-nous pas téméraire (l’attribuer .i Manégold une partie de cette science universelle, soit naturelle soit tlu'-ologique, que nous trouvons dans Guillaume de Champeaux, et surtout ce fond sérieux, ce caractère méditatif, ces teintes allemandes, ces habitudes d’abstraction, ce regard scrutateur, ce langage quelquefois légèrement nuageux, eu un mol cet air tant soit peu germanique (jui est resté empreint sur sa physionomie malgré les coups de pinceaux qu’y ont donnés ensuite Roscelin cl Anselme de Laon.
Roscelin fut son deuxième maître*. Il enseignait à Compïègne avec une hardiesse qui attirait sur lui les regards de toute la l' rance. Dès 1080, il avait embrassé sur les universaux une opinion qui dépassait celle de Rhaban Maur et même celle de son maître, Jean le Sourd’. C’était la formule extrême du nominalisme. Il la défendait avec vigueur, affectant |>our l’abstrait et le transcendant un mépris qui lui donnait une grande apparence de bon sens et le faisait passer pour, un esprit robuste, très-peu sensible aux chimères de l'imagination, et assez maître de lui pour ne compter qu’avec les réalités dont on peut constater évidemment l’existence. A cette espèce de positivisme s’ajoutaient, comme charmes, son amour de l’indépendance, sa préférence des arguments de raison aux textes de la tradition, et l'application immédiate qu’il faisait
en Poitou, où il aunil en Uéraril pour C-lùte. Ec»le$ ^piscopalet et motuuiiçuet, p. 09 el Iô7.
' SI Rousselot, imrr. cité, t. I, p. ‘2i9, dit : i Quoique les preuves de Fait Diaiiqueiit, oii lie peut (tuère en duulir.a — H. Frédéric Saulnicr le rcgartic comme ccriain; Ho$ceiin, as vie et ta doctrina, Paris, 18ô5, p. 8.
• Cf. Du Boulay, //«». vniv. Parit., t. I, p. A43. — Cousin, Fropm., PkiUtt. du moyen içe, p. 00-97.