I. La otnute oHaintlc devait porter Ctaoy, Mai doute
de Guillaume de Flavy; et lors Louvain bailla a Blanche cent mailles d'or. Aux Brandons, i'a[n] ccccilviii, Guillaume arriva a Nesle, ou Blanche, le barbier et le bastart machinèrent sa mort; entreprindrent le tuer quant dormiroit après disner, et TestoufFeroient d*un orillier. Et ainsi le voulut l'en faire et exécuter : car Blanche, voyant que Guillaume de Flavy estoit endormy, appela lesdiz barbier et bastart, et apporta Forillier. Lors le bastart lui demanda s'elle auroit bon ceur, et elle respondit que ne se souciassent que d'eulx mesmes, et qu'elle feroit son personnaige. Quant le bastart commença a entrer en Tuys de la chambre de Guillaume de Flavy, Blanche lui dit ses motz : c Tu as peur, il faut faire ce qui a esté conclut. >> Mais pour lors le cas ne fut commis. Depuis, ilz adviserent de faire mourir Guillaume de Flavy par poissons; en misdrent en son potaige et l'en servirent en son disner. Lequel commança a les sentir, et trouva son potaige fort salé, et dist au bastart qu'il en tatast. Qui n'osa y contredire, et dit au barbier que s'estoit cuidé empoisonner lui mesmes; lequel lui dist qu'il mengast d'aucune chose qu'il nomme, et qu'il seroit garanti. En après ilz conclurent, Blanche présente, pour ce que Guillaume avoit mal au nez, de lui bailler oingnement courosift, et y mectre des poisons. Et ainsi que fut devisé, fut iait : et en lieu de lui bailler oingnement d'uille et de cire, lui baillèrent oingnement apostoîorum, et y misdrent des poissons. Et incontinant, tout le nez de Guillaume de Flavy se enfla et leva. Non contens après Blanche et le bastart machinèrent de tuer et estouffer Guillaume de Flavy par la manière précédente. A ung jour après disner, Guillaume de Flavy se mist a dormir;en ce faisant avoit acoustumé avoir près de lui ung sien serviteur, nomme Basteur. Quant il fut monté pour dormir, Blanche lui commança a froter les mains; mais, quant il fut endormy, elle dit audit serviteur qu'il s'en alast, et qu'elle se vouloit reposer. Et après qu'il s'en fut allé, elle ala quérir lesdiz bastart et barbier et ung orillier, se mist sur le lit de Guillaume de Flavy, et le bastart estant sur son corps le frapa d'ung bâton pour l'assommer. Dont Guillaume de Flavy commença se remuer et escrier. Lequel cry ledit Basteur oyt, et vint entrer en la chambre de son maistre. Mais les dessusdiz lui vouldrent courir suz; qui par ce s'enfouyt. Ledit bastart frapa d'un Cousteau Guillaume de Flavy par la gorge. Lui et Blanche l'estouferent. Ce fait le bastart et le barbier s'enfouirent. A la clameur de Basteur les autres serviteurs vindrent et trouvèrent Blanche ayant son cul assiz sur le visaige de Guillaume de Flavy et sa robe entortillée entour le corps de Guillaume de Flavy. Le bastart s'enfouyt es bois près de Nesle : vers la nuyt se retrahy vers le chastel de Nesle et envoya une femme a Blanche qui lui envoya vj mailles d'or et lui manda s'en aler a Bercy vers Louvain et il sauroii quoy il auroit a faire. Si sy en ala. Combien que entre v et vj heures le cas eust esté commis, toutcsfoiz le lendemain, au matin, les gens de Louvain furent dedans le chastel de Nesle. Le bastart confessa a Henry et Penot David qu'il avoit fait le murtre et que Louvain lui avoit fait faire. Quant Blanche fut relevée, Louvain lui envoya une verge d'or csmaillée, ou avoit escript une H et cop et ung arbres figuré et deux G, qu'on dit estre entendu A ce cop abrèges^. Apres ledit cas le bastart fut mené a Bercy. Quant y arriva le chastel estoit fermé : on
HÈCeS JUSTinOiTtVBS
frappa pour ouvrir. Fui demandé se s'estoît le baMart, Qui dit que oy. Fut demandé se s'cstoit fait. Qui respondtt que oy. On fit reculer celui qui conduisoil le bastart* et lui ouvry l'en le chasiel et entra dedans. Le feu Toy adverty du cas» bailla sa commission a maiitrc Robert Thiboust pour s'en informer ci savoir la veriié : qui se transporta a Soissons ou il tiison inform'iCîon. Mais fut mis paine pour Tempcscher par menaces et par poissons, tellement que le premier tesmoing, après qu'il cust jure, chewt mort devant le contmissaire* Après Tinformation faite Louvain ti Blanche lurent emprisonnez céans ei furent plusieurs foi^ iûterrogue^, mais toujout^ dénièrent le cas...
Archive» nitioaa1«s» Xt* 5f,
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ri40%» mal 3. — Hector et Raoul dû FLavy cxatre BUmoho d'ÛTerbreue.
Ou jeudi iij^ jour de may iiij* Ixiiij. Nanterre, président.
En la cause d*entre Messire Ector et Raoul de Flavy, chevaliers, frères, demandeurs d'une part et dame Blanche d'Auvrebruch, défenderesse d'autre part.
Popaincourt. pour ïcf^ défenses de ladite défenderesse, dit que feu Guillaume de Klavy durant sa vie a fort tendu a appliquera lui les hcri* Uiiges de la Personne, aussi feu messire Charles de Flwvy a fort tendu d'avoir ceulx de la défenderesse: et pour rendre inutiles les arres[z qu'elle a eux les demandeurs se pleignent contre elle. Dit que feu Guillaume de Fijvy, qui avoit peu ou néant, pour trouver moyen de se loger en Fostel d*Auvrebruech lit ja pieça parler du mariage de la défenderesse : pour y parvenir y eust des promesses signées de Messire Ector de Fluvy, de Raoul Thibault, et d'un appelle CoquiUart. Entre autres promesses Guillaume de Flavy promist acquicter la défenderesse et subvenir a ses père et mère, dont a fait le contraire. Trouva motcn d'avoir en sa puiss;ince les perc et mère de la défenderesse, pour en faire ce que bon lui scmbleroit, promise ne l'espouser que jusques a trois uns, car elle n'avait lors que ix ans, mais ce nonobstant il l'espousa trois mois après, contraigny ses perc et merea lui faire lesdonacions dont s'aident les demandeurs, a vendu de leurs heritaiges jusque* a 3tvj"» cscus, a vendu plus de xij» livres de rente qu'il baillera par decla- , radoUy qu'on n'auroit pas pour cent cinquante nui cscus. Non content
rchanda de les faire morir. Marchanda de faire morir la défenderesse ?mmc. Print la mère et la détint en ung chastel, print aussi le perc et le dciint ou chastel de Pernaot ou par rage de tin la fait morir. Le tenojt cnchesné et, par rage de fm, manga ses souliers, voire encore sa 5itnte. Oultrc Guillaume de Fluvy menaça la défenderesse, sa femme, que s'cUc ne faisoit les alienucion'i de ses terres qu'il la feroit morir. Voulf qu'elle donnast iîj* livres de rente qu'elle avoit sur le vidame d'Amiens a sa bastardc qu'il eust posi matrimonium d'eulx. Saditc femcoe n'avoii que vivre, sinon parle moien d'un nommé Bastonnade; iouffroit que tes serviteurs la villena:^scnt, lui defendoit sa table et son
lit. Finaliter marchanda a son bastart de Tempoisonner el lui dist s'il ne la faisoit morir, qu'il le fairoit morir. Ledit bastart s'en descouvry a la défenderesse et lui dist comment Guillaume de Flavy avoit fait morir son frère (sic) et que s*elle le vouloit croire il feroit a Guillaume de Flavy ce qu'il vouloit qu'il fist a la défenderesse, ainsi que fut fait...
Archives nationalet, TiU 32.
1472, déoembre 1. — Charles de Oaaconrt contre Pierre Pny et Blanche d'OTerhreao.
En la cause d'entre messire Charles de Gaucourt, chevalier, demandeur en demande petitoire d'une part et M* Pierre Puy, aussi chevalier, conseiller du Roy en la court de céans, et dame Blanche d'Aurebruch sa femme, défendeurs, d'autre part.
Vaudetar, pour les défendeurs, défend et dit qu'il est vray que feu messire Jehan la Personne et Jehanne [de Perncs] estoient frère et scur : et fut Jehanne conjomcte par mariage a Baudoyn d'Aurebruch, duquel mariage vint messsire Robert d'Aurebruch. Et dudit messire Jehan vint messire Guy le Personne et dudit messire Guy yssist Guiot, de cujus successione agitur. Or Guiot ala de vie a trespas et dehiissa son héritier ledit messire Robert. Ledit messire Jehan la Personne fit en son vivant de belles acquisitions et, après son trespas, délaissa Jehanne d'Eneval sa femme et ledit messire Guy, Jehanne de Neelle qui esioit douée de xv« t. Et après fut fait le mariage de Guillaume de Flavy et de ladicte Blanche, fille dudit messire Robert, lequel de Flavy traicta et composa avec ladicte dame Jehanne d'Eneval ou ses héritiers et avec dame Jehanne de Neelle touchant les meubles el conquestz d'elle... Dit qu'il y eut procès contre Jehanne Laisseline et messire Robert d'Auvrebruch a cause de la succession de Guiot ; et après ce messire Robert ala dévie a trespas et délaissa la femme de Flavy son héritière et depuis traicta et transiga ledit de Flavy Tan mil iiij« xxxvj avec Michel Marsot comme aiant droit de [fol. 14] Laisseline : et bailla ledit Flavy xj« 1. 1. et qu'il poyroit de la moictie' du fief de La Mote et de plusieurs autres terres...
Lequel de Flavy paia lesdits xj« t. et de ce a joy Marsot... et fut fait ledict iraictié a Boulongne devant l'eschevin. Et vint a la notice de Flavy que le procureur de Marsot Tavoit fait anticiper. Parquoy Tan iiij* xxxix Flavy escripvita Marsot a Amiens qu'il lui vouloist conformer ledit traictié. Ce qu'il fit audit Amiens...
[Fol. 14, v»]. — Michon, pour le demandeur, réplique et dit que son entencion est bien fondée et que feu Jehan la Personne premier de ce nom et Tassarl estoient frères. Dit que Jehan fut marié deux foiz. Duquel premier mariage yssit une nommée Isabeau et du second messire Jehan la Personne. Et dudit messire Jehan est yssu messire Guy, et de Guy est issu Guiot. Et de ladicte Isabeau qui fut mariée a Jacques Laisselin est yssue Jehanne Lesseline, mère de Marsot, et dudit Tassart est
PIÈCES JtlSTIFrCATIVM 269
ysfue Philippe In Personne et de ladicte Philippe est yssue Jehanne Marc, femme de Pierre d'Ordre, et de ladicte Jehanne Marc est yssue Jehanne d*OrJre, femme de Habert. Dit que Guiot ala de vie a trespas deUissécs ses parentes prouchaines Jehanne Laisseline, en son vivant tnere dudit Michel Marsot, et demoiselle Jehanne d'Ordre femme de Jehan de H^ibcrt ; et c^toicni ses héritiers ou l'une d*ictljc5 du cosié et ligne dont sont yssues les terres et seigneuries, cest assavoir du costd des Personnes dont est question,.,
P.irquoy ledit de Flavy dist audit Marsot ' que jamais ne partiroit de Boulongne tant qu'il (nj cust appoincté avecques luy. en usant de grans menaces de mort et d'autres. Porquoy ledit Marsot doublant leclles menaces se mist en une église dudil lieu de Boulongr^e pour estrc seur de sa personne. Et, icelui ainsi estant en ladicte esglise, fut dit que leglise ne le sauveroit et qu41 en seroît mîs hors et que pensait de chevir avec ledit Flavy, autrement lui en prendroit mal, et que quant Flavy Tauroit tué qu*il en seroit quicte pour un cheval et pour moi ni*» Dont ledit Marsot fut en grand double de sa personne. Apres ledit Flavy le ronnda a sa seurté et quant ledit Marsot fut devers lui, fut contrainct de signer certain appoinctemcnt que Flavy avoit fait faire par lequel ledit Marsot quicioii le droit qu'il avoit en la succession de feu Guiot pour lu somme de itj< 1. et autres rentes. Depuis lequel appoinctement ainsi fait ledit Marsotse tint en la ville d'Amiens cuidant estre a seurié : pendant lequel temps ledit Marsot esioit en telle crainctc qu'il n'asott partir Lidicte ville d'Amiens. Et lui fut dit par Saveuscs que ladicte ville ne le snuvroit point. Parquoy doublant les menasses que luy fjixoit ledit Flnvy fut contrainct de conferraer le traictc fait à Boulongne..... A ce que njcssirc Jehan ta Personne et Jehanne esloieni frerc et seur etc., dit que mcssire Jehan la Personne n'eut oncques seur nommée Jehanne et nye que ladicte Jehanne ait este m»riée a Buudouyn d*Auvrebrucch et que dudil Bauduoyn soit venu messire Robert ne que dudit M* Robert ioit venue la femme de Puy, :iins est bastarde : car Robert estoil impotent et decUaraque quant la lemmc de Puy lut nec qu'il y avoil 3tij mois que n*avoit en compaignie a la racre, ains csïoit absent. El vient la succession de ceuli de la Personne et par in généalogie que baille partie elle dit qu'elle vient de Jehunuc de Courteville et non pas du costé des Personnes... •»
Archivet oixiontîef, Xi*49i4* fol. rJ, v*.
1485, Mal 19. — Lea LoutbIb contre Gbarlea de Gftuoourt et Robert Btaraol»
Du mercredi xk jour de may mil iii)* iiij> et cinq, en la tourncUc criminelle» J, de la Vacquerie, président.
Entre maisire Claude de Louvain, messire Gilles, Anthoine, Barthe- Ict, Nicolas et Anihoine Louvains appellans de mai^tre Pierre deCeri- «ay, conseiller du roy en la court de céans d'une pan et Cnarks
I. Xn îend««.TouÉ fiic pif Gutltiume de Flavy à MarM>f. 4 Bottlognc-tur-Mer.
seigneur de Gaulcourt et Robert Marsot, escuiers, intimez d'autre part.
Piedefer pour lesditz appellans dit pour ses causes d'appel que Fan mil iiij*' cinquante et deux messire Pierre de Louvain, père desditz appellans, acquist de dame Blanche d'Auvrebrucch, leur mère, leur terre de Beu*, Nelle *, Herlyes^, Tilloy * et autres declairées es lectres d'aequisicion sur ce faictes et en bailla xiij ou xiiij mille escus qui furent employez a sa remission, comme on scet...
Archive! nationales, X >■ Ss.
i486, février 28 et 2 mars. — Extraits du procès orlminel de Renée de Vendômois qui avait assassine son mari, Jean de Saint Berthenin. contenant des allusions au procès de Blanche d'Overbreuc.
Du mardi, derrenier jour de février mil iiij« iiij" etcincq, en la grant chambre.
J. de la Vacquerie président...
Entre Régnée de Vendosmoys, damoiselle, prisonnere en la consiergcrie du palais a Paris, demanderesse et requérant l'entérinement de certaines lectres de rémission par elle obtenues du roy nostre sire d'une part et Marguerite de Saint Berthenin et Ambrois de Marueil, escuier, ballistrcs des enffans mineurs d'ans de feu Jehan de Saint Berthenin, en son vivant escuier, seigneur de Soulday, et le procureur gênerai du roy défendeur et opposant a l'entérinement desdictes lectres de remission d'autre part...
Michon, pour les enfants et héritiers dudit de Sainct Berthenin, demandeur a l'entérinement desdictes lectres de remission dit que la matière qui s'offre de présent a très bien besoin de la bonne provision de la court, car de tous les meurtres et omicides qui furent oncques traictez en la dicte cour dont il soit mémoire, n'en est point de si horrible, excecrable et abhominable a Dieu et au monde...
Elle et ledit Duplessis souspirerent et machinèrent ensemble de meurdrir tuer et occire led. de Sainct Berthenin et prenent jour pour ce faire ; lequel ainsi prins cuiderent mectre a ezecucion leurd. dampnable entreprinse, ce qu'ilz ne peurent. Et après adviserçnt ensemble qu'ilz feroient venir a ung matin ung nommé Gros Jehan, serviteur dudit Duplessis, en aucun lieu ouquel il trouveroit a l'issue de la messe led. de Sainct Berthenin, pourcequ'il estoit coustumier d'oïr la messe tous les jours, comme beaucop de gentilz gens ont de coustume de faire, et qu'il viendroit en abit de coquin lui demander l'aumosne pour Dieu et que en luy donnant l'aumosne il le tueroit : ce qui fut fait et exécuté. Car led. Gros Jehan, en abit de cocquin, vint incontinant lad. machinacion et conspiracion prinse entre lesd. demanderesse et Du-
I. Bu (Eure-et-Loire), arrondissement de Dreux, canton d^Anet. 3. Nesics (Aisne), commune de Seringes, près de Fcre-en-Tardenois.
3. Herly (Somme), arrondissement de Montdidier, canton de Roye.