‹ Guillaume de Flavy, capitaine de Compiègne; contribution à l'histoire de Jeanne d'Arc et à l'étude de la vie militaire et privée au XVe siècleChapitre 2 sur 115 · Procès de Jeanne d'Arc, t. V, p · texte numérisé non relu

Procès de Jeanne d'Arc, t. V, p

2. Aperçus nouveaux sur l'Iiistoire de Jeanne d'ArCy p. 77-85 (Paris, i85o, in-8).

3. Blanche d'AurebrucIie, vicomtesse d'Acy et ses trois mariSj dans les Mémoires des Antiquaires de I^icardie, t. XIX, p. 401-423 (Amiens, i863). Il existe un tirage à part.

4. Chronique de Mathieu d'E'icouchy, nouvelle édition revue sur les manuscrits et publiée avec des notes et éclaircissements (Paris, i863, 3 vol. in-8 [Société de l'Histoire de France]).

INTRODUCTION

presque continuellement en Picardie^ Violent et procédurier, il fut bien souvent appelé au Parlement de Paris, comme plaignant ou défendeur^. C'était là une double raison de connaître les Flavy dont les procès et les siens propres remplissent parallèlement les registres de cette juridiction.

Le chroniqueur Jacques Duclercq^ est bien différent. Licencié en droit, le seigneur de Beauvoir en Ternois paraît avoir passé entre Arras et Lille une existence tranquille. Né à Arras, en 1420, il meurt dans cette ville en i5oi 's sur le lard, il écrivit pour se désennuyer. Ce qu'il nous rapporte de Guillaume de Flavy est original, mais déjà comme un écho de traditions locales.

Duclercq est en effet un esprit d'une extrême crédulité, l'imagination hantée de sorcelleries et d'extravagances. Mais, comme il a le goût du détail et de la couleur, son témoi-

1 . Né à Quesnoy-le-Vicomte, vers 1420, d'une famille notable de Péronne, il fit partie du conseil de cette ville, dont il fat le prévôt jusqu'en 1454. Il passa le reste de son existence à Ncsle, Saint-Quentin, Senlis, Compiègne. Cf. l'importante introduction de M. de Beaucourt à la Chronique, t. I, p. I à XXIII.

2. Mathieu d'Escouchy fut un singulier homme de loi. Poursuivi par Jean Froment, sous l'inculpation de faux et de meurtre, avant 1441, il poursuivit à son tour Gillette de Catigny, veuve de Jean Froment, cherchant à la convaincre de sorcellerie, en 1450. Son fils Forsy Froment le frappe de plusieurs coups de dague à l'hôtel du tabellionage de Péronne, en 1456. Entre temps il avait une affaire avec Pierre d'Avesnes, religieux, au sujet d'une rixe : jusqu'à la lin de ses jours il devait répondre de poursuites pour faux en écriture, faux-scel, etc.

3. Mémoires de J. Duclercq imprimés sur les manuscrits du roi et publiés pour la première fois par Frédéric baron de Reiffcnberg (Bruxelles» 1823,4 vol. in-8 [Collection des Mémoires relatifs à l'histoire des Pays- Bas]). Cette édition est médiocre et établie sur une copie du dix-huitième siècle ; une autre édition a été donnée par Buchon, en i838, dans la série du Panthéon littéraire. L'éditeur a amélioré le texte de RcifVcnbcrg, d'après le manuscrit unique d'Arras, du seizième siècle. Cf. Catalogue général des manuscrits des bibliothèques de France^i. IV, n" 578 (Paris, 1872, série in-4).

4. Ce que nous savons de Duclercq et de sa famille est rapporté par lui au tome IV des Mémoires, p. 253-238. Cf. également une brève notice de Mlle Dupont, dans le Bulletin de la Société de l'Histoire de France, iSbyi838, p. 104-107.

INTRODUCTION XI

gnage sur Guillaume de Flavy est bien précieux : il nous donne rimpressionmêmequeFlavy avait causée aux hommes de son temps, un peu sous la forme d'un conte terrible pour effrayer de petits enfants. Guillaume de Flavy devient ainsi un géant, une sorte d'ogre vieilli, abominable « tyran », soldat admirable par ailleurs. Il faut bien croire que Ton racontait encore la fin cruelle de Guillaume au temps de Jacques Duclercq, puisque nous trouvons dans sa chronique une tradition, à n'en pas douter orale, défigurant les détails essentiels de son assassinat.

L'imagination populaire avait retenu ces traits typiques de la fin de Guillaume de Flavy : la complicité du barbier, l'oreiller qui servit à étouffer Guillaume. C'est pourquoi Blanche d'Overbreuc tranche la gorge de son mari d'un coup de rasoir et pose sur sa face sanglante l'oreiller qui le suf- /oque *.

Ainsi est transposée bourgeoisement cette fin dans la réalité plus proche de celle du chef des Atrides.

Pour les événements militaires auxquels Guillaume de Flavy et les partisans picards prirent part, nous avons fait un usage presque constant de la Chronique anonyme^ dite des Cordeliers^. (Bibl. nat., fr., 23o£8.)

1. Mémoires de J. Duclercq, édition de Rciffenberg, t. I, p. 419-421.

2. Recueilde chroniques depuis la création du monde à l'année 1431.Dc 1404 à 1422, le texte a été donné par Douct d'Arcq, en 1860, au t. VI de Monstrclety p. 191-327. L'éditeur ne s'est pas rendu compte de la valeur de ce texte, publié comme un véritable bouche-trou. La suite a été utilisée l.curcusemcnt par MM. Vallct de \':riville dans son Histoire de Charles Vil, de Beaucnuri, et surtout dans les remarquables études de M. Germain Lerèvre-Ponialis, /e5 Partisans dans la Haute Xormandie^ dans in Bibliothèque de l'École des chartes, depuis i8y3, t. LIV, LV, LVI, LVII. — Ce qui est relatif à Jeanne d'Arc n'a pas été connu par Julc.» Quichcrat lors de la publication du Procès, mais figure dans IcSuyplément aux témoignages contemporains sur Jeanne d'Arc, dans la Revue historique, t. XIX, mai-juin 1882, p. 72-83. Quicherat donne cette relation comme inédite : elle avait paru, par les soins de M. Félix Brassart, dans les Souvenirs de la Flandre wallonne, t. I (1881), 2" série, p. 148-138, précédée d'aperçus critiques.

XII INTRODUCTION

Il n'en n'existe pas encore d'édition critique et complète, bien qu'elle soit la meilleure source pour les opérations de ce genre et dans cette région K Monstrelet a eu sous les yeux la Chronique anonyme et en a délayé de longs morceaux 2. Son auteur paraît le témoin oculaire de bien des faits qu'il rapporte, un picard sans doute* d'une situation médiocre*.

Les archives communales de l'Ile-de-France et de la Picardie nous ont ensuite permis, à défaut de chroniques abondantes, de retracer tout un côté inconnu de l'activité de Guillaume de Flavy.

Certains de ces registres municipaux nous offrent en effet de véritables récits dont l'abondance et le détail dépassent de beaucoup tous les historiographes contemporains : documents précieux qui nous donnent une chronique locale au jour le jour et le reflet si rare de l'opinion publique. Les villes du quinzième siècle étaient encore des personnes morales. Dans leurs procès verbaux de délibérations, les greffiers de ces municipalités nous ont conservé de véritables histoires, comme les chroniqueurs à la solde d'une famille célébraient ses gestes. Sans s'en douter, peut-être, le comptable qui enregistra le départ de messageries, l'arrivée des dépêches, les pots de vin offerts gracieusement pour l'entrée de personnages éminents, nous a laissé une foule d'éléments

1. Une édition est préparée par M. Germain Lefèvre-Pontalis pour la Société de l'Histoire de France.

2. Le procédé de Monstrelet est bien souvent déplorable. Il éncne la rusticité pittoresque de l'anonyme sans tenir compte des éléments précis de sa chronologie. L'appréciation de Rabelais sur Monstrelet est donc ici parfaitement justifiée. — Sur les emprunts de Monstrelet, voir en particulier la pièce justificative n» m.

3. Le manuscrit fr., 23oi8 est du moins dans un picard très net; mais il ne faut pas oublier que ce ms., d'ailleurs unique, et d'une écriture de la première moitié du quinzième siècle, ne parait pas un original.

4. C'est ce qu'il semble résulter des causes secrètes qu'il donne de la levée du siège de Compiègne en i43o, et du rôle important attribué aux communes.

INTRODUCTION XIII

chronologiques de la plus haute importance. Enfin, le pouvoir central avait intérêt à ménager ces municipalités : de là l'envoi de véritables circulaires gouvernementales dont la découverte est une des nouveautés les plus intéressantes pour rhistoire du quinzième siècle*.

Les archives communales de Compiègne nous ont été particulièrement utiles^.

Nous avons visité aussi les archives communales d*Abbeville^, Beauvais*,Châlons^ Crépy-en- Valois^, Douai^,Laon8,

I. Cf. entre autres P. J. n» xxiiv. — Ces documents sont à rapprocher des relations officielles qui circulèrent en Europe, à la fin du moyen âge, sur les événements qui parurent les plus importants. Le fait a été signale par M. Léopold Delisle dans Une lettre du bâtard d'Orléans acquise pour le musée Condé (Paris, 1899), et développé avec abondance et de nouveaux arguments par M. Germain Lefèvre-Pontalis : Les sources allemandes de rhistoire de Jeanne d'Arc, Eberhard de Windeche^ p. 139-146 (Paris, 1903).

3. Visitées au dix-huitième siècle par dom Grenier (Collection de Picardie, t. XX, XX bis)y ces archives ont été classées par M. H. de Lepinois (Notes extraites des Archives communales de Compiègne àams la Bibliothèque de l'Ecole des chartes, t. XXIV [i863], p. 471-499, et t. XXV [1864], p. 1 24-161), dépouillées pour les événements de 1429- 1430, par M. A. Sorel, la prise de Jeanne d'Arc devant Compiègne (Paris, 1899, i"-^)- t)cpuis le dix-huitième siècle, un grand nombre de pièces paraissent avoir disparu, les registres de délibérations entre autres. Ces registres ont été certainement vus par dom Gilesson, bénédictin, mort en 1666. Les manuscrits de dom Gilesson sont aujourd'hui déposés à la Bibliothèque nationale, fr., 24063-24067. [Sorte de rédaction de notes conservées sous la cote fr., i87()2-i8763]. Cf. Ulysse Robert, Supplément à VHistoire littéraire de la Congrégation de Saint'Maur, p. 5o-5i (Paris, 1881, in-8).

3. Archives très importantes; pour ce qui concerne Amiens, l'inventaire fort détaillé par M. G. Durand suffit (Séries A.\-CC, 1891-1901, 4 vol. in-4).

4. Inventaire de M. Rose (1887, in-4), niais insuffisant. 3. Classées, mais sans inventaire.

6. Les comptes des Argentiers de Crcpy forment une série très complète (de 1432-3; 1436-37; 1438-39; 1440-41; 1442-43; 1443-46; 1447-48) qui aurait un grand intérêt si les dépenses n'étaient portées en gros et sans dates précises. Pas d'inventaire.

7. Série très complète des comptes(CC 206 [1400) à 219 [1430]). Les délibérations commencent après 1432 seulement.

8. ce 10 (1430), ce 1 1 (1440-1443), ce 12 (1446-1449). Les dépenses sont portées sans dates précises. Inventaire sommaire de A. Matton (Laon, i883, in-4).

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