‹ Guillaume de Flavy, capitaine de Compiègne; contribution à l'histoire de Jeanne d'Arc et à l'étude de la vie militaire et privée au XVe siècleChapitre 24 sur 115 · I. Cette liste d'après Chartier et Martial d'Auvergne · texte numérisé non relu

I. Cette liste d'après Chartier et Martial d'Auvergne

3. Jusqu'à présent, nous n'avions sur ce fait que le témoignage de la Chronique de Tournai, regardé comme inacceptable par les historiens. « Le roi par aulcun de son conseil envoia en leur aide Jeanne la Pucelle, avec ij« hommes italiens. » {Recueil des Chroniques de Flandre ^ t. III [i856], p. 415-416.) La chronique italienne de Morosini est muette sur ce point. Mais ce témoignage prend beaucoup de poids, de là l'identité de Barthélémy Baretta, que nous avons réussi à reconstituer.

a Ni les chroniqueurs ni les procès ne parlent de ce compagnon de la Pucelle. » (Quicherat, Procès, t. V, p. 72, n. i.) Faisons d'abord remarquer que Chartier met au nombre des gens de guerre que Jeanne rencontra à Lagny « ung Cappitaine nommé Bareec ». (Procès, t. IV, p. 91.) Martial d'Auvergne rime ainsi d'après Chartier (Procès, t. V, p. 72) :

Adonc elle Loré, Foucault Et ung autre nommé Parrecte Les cercherent par bas et hault Pour parler bien à leur barrecte.

Enfin le Mémoire à consulter sur Guillaume de Flavy (Procès, t. V, p. 177) s'exprime ainsi : a Et n'y seroit demeuré que Barrette, lieutenant de ladicte Pucelle et xxxiij hommes d'armes de sa compagnie. »

Une copie du compte d'Hémon Raguier (Bibl. nat., fr., 20684) nous a permis d'identifier ce personnage. On y lit en effet la mention suivante à la date de 143 1. a A Barthélémy Beretta, escuier, capitaine de gens d'armes et de trait.» Cest évidemment un italien, et il est fort probable qu'il conduisait le contingent italien signalé par la Chronique de Tournai. On sait d'ailleurs que les Italiens étaient nombreux en France, venus à la suite de Theodoro da Valperga.

Baretta resta en garnison à Compiègne pendant le siège (Sorel, Prise de Jeanne d'Arc, p. 333) ; en 1433, on le trouve à Beaumont en Argonne (Boutiot» Guerre des Anglais, p. 62); en 1440, il prenait part à la Praguerie (Berry, édition Godefroy, p. 410-41 1); Barthélémy Barette escuier, xli 1. pour partie de ses despens allant de Graville à Tours ù, 1446 (Compte de Xaincoins, copie de Dufourny [Bibl. nat., fr., 325ii, fol. 100]); en 1447, en garnison à Tours (fr., 325 11, fol. 112, r<>).

LA CARRIERE MILITAIRE Bç

d'Oîse. S'emparer du pont de Choisy était donc une opération préliminaire essentielle du siège de Compiègne, prévue par VApis^. Un château défendait ce pas^age : Louis de Flavy, frère cadet de Guillaume, en avait la garde. Le siège de Choisy commença le - mai ^ ei le premier soin des assiégés fut de détruire précisément le pont de l'Aisne. Compiègne, avait contribué à la défense de la place par Tenvoî d*un gro^i canon, et Guillaume de Flavy avait fait passer k son frère des gens de sa garnison ^

Le siège de Choisy-au-Bac mérite de retenir rattention des historiens de Jeanne d'Arc ; le dispositif de Choisy et Compiègne, en Tabscnce de ponts sur TAisne et TOise, ont détermine en effet les deux dernières marches si fiévreuses de Jeanne d'Arc : Tune »ur Pont*Lcvêque, Tautre sur Soissons.

La marche sur Pont-Levôque est un des épisodes les plus obscurs de la vie de Jeanne d*Arc.

Nous avons vu que Jeanne se trouvait à Compiègne le 14 mai: tPhilippc le Bon était devant Choisy depuis le 7 mai, Jeanne ésolut de porter secours aux assiégés.

Le pont de TAisne ayant été détruit^ pour trouver un passage, Jeanne se proposa donc de marcher le long de TOîse pour gagner

ponts d*Ourscamp ou de Scmpigny, rétablis par le duc de Bourgogne, lors de son séjour à Noyon. C'est cette marche que Ton appelle la tentative sur Pont-Levcque. Ce fut une affaire des plu:^ sérieuses, puisque Jeanne, avec Théodoro da Valperga, igaud de Fontaines, Poton de XaintraUles et Jacques de Chabannes conduisait au minimum 2 000 hommes^. Les 800 Anglais,

1. 1 Item et pour parler du fait de Compieugne est a présupposer que kimiit seigneur aura mis en obéissance Pont à ChoUy. u (Bibl. uat., ûdctis fonds fr.j' 1378, foL 12, P. J* xxx.)

3, Arch. du Nord, B 3^98 (États joumuliers). Présence de Philippe le Bon à Poni à Choisy, ic 7 au soir.

I. SorcL Prise de Jeanne d*Arc^ p. i58, n. 2» — « Loys de Fîavy qui In ♦enoii de por messirc Guiliaumc de FInvy » {Monstrekt, L IV, p. 38ï); • leur U dvoif grosses garnisons de gens deWillaume de Flavy. b [Chfxmique ârtonftnt^ Bibï. nat.» fr., 23ot8, fol. 497, v*, P» J. xxxm»)

4, La Ckroftiqm anonyme (fr„ 33oi8,fol. 498,v», P.J. xxxin) donne même è Jeanne tme troupe de quntrc mille hommes. « £n ce temps arrivèrent Edglotr du Pont Levcsque cmprei Noyon et la furent ung jour assalis ;if le gambon de Compiengnc et autres en nombre de iii)* hommes dont

surpris a entre le point du jour et le soleil levé* », étaient enfoncés, sans le secours que leur porta la garnison de Noyon*.

La ville de Choisy avait dû subir une attaque d'artillerie violente ^, et seul Poton de Xintrailles, qui sut tenter l'impossible et réussir, parvint à franchir l'Aisne et à tomber sur les troupes bourguignonnes devant Choisy*. La garnison française dut capituler le i6 mai ^; elle obtint la vie sauve, et sortit le soir avec

la Pucelle avoit le nom d'estre le capitaine. La se deffendirent Engloix très grandement, qui n'estoient que xijc hommes, mais il cuissent en fort tamps, se ilz n*euissent esté secourus de Monseigneur de Saveuses, qui se tenoit à SaintEloydeNoyon, atout vii je hommes qui reboutèrent leurs anemis. ». — Monstrelet, t. IV, p. 382, évalue à deux mille hommes seulement les effectifs français, et nous fait connaître les motifs de la garde de Pont-Lévêque, base du ravitaillement de Tarmée de Philippe le Bon devant Choisy. Le Fèvre de Saint-Remy, t. H, p. 178, est plus vague sur les chiffres, mais précise rimportance de cet engagement par ses résultats. « Et en icelluy [Pont Levêque] les adversaires du duc assemblez en grant nombre pour combatre le duc... et y eult grant foison de navrez d'un costé et d'aultre. s

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