‹ Guillaume de Flavy, capitaine de Compiègne; contribution à l'histoire de Jeanne d'Arc et à l'étude de la vie militaire et privée au XVe siècleChapitre 25 sur 115 · Monstrelet, t. IV, p. 28a · texte numérisé non relu

Monstrelet, t. IV, p. 28a

2. Chronique anonyme, fr., 23oi8, fol. 498, v®, P. J. xxxiii.

3. « Et fu ledit duc de Bourgongne à ce siège lequelx y fist getter pluseurs pierres d'engiens, n (Chronique anonyme, Bibl. nat.,fr.,23oi8, fol. 497, v^, P. J. XXXIII.) « Le chastel de Choisy estoit garny d'Ermaignacs, mais il fut en brief tout démolis et abbatus de bombardes. » (Livre des trahisons, p. 201.)

4. a Et eulx estans audit siège ung escuier gascon nommé Poton de Xaintrailles, et les gensd*armes de sa compagnie, passèrent la rivière d'Esne, entre Soissons et le Pont [à Choisy], et frappèrent sur ledit siège et prindrent et tuèrent plusieurs gens ; et entre les autres fut prins ung nommé Jehan de Brimeu, du païs de Picardie. » (Berry, dans Procès, t. IV, p. 49.) La prise de Jean de Brimeu a été rapportée également par Monstrelet. « Etaulcuns briefz jours ensievans, Jehan de Brimeu alaht, à tout cent combatans ou environ, devers le duc de Bourgongne, en passant parmy le bois, au lez vers CrespyenValoix, futsoubdainement envayd'aulcuns Franchoix, qui àcheste cause estoient venus de devers Atheri en celle marche... Si fu la cause de sa dicte prinse, pour che que luy et ses gens, chevaulchoient en trayn, et ne se porent assambler... De laquelle prinse ledit Jehan de Brimeu fut depuis mis ôs mains de Pothon de Saincte Treille... » Texte de Quicherat (Procès, t. IV, p. 399, [d'après le manuscrit français, 8346].) Douôt d'Arcq, t. IV, p. 383, lit Achery et ajoute en note: (Aisne à une lieue de La Fère). Nous proposons la correction Attichy [sur Aisne] qui se trouve à égale distance de Soissons et de Choisy. — La détention de Jean de Brimeu ne fut pas de longue durée puisque figurant à la revue du 17 avril 1430, avec 53 hommes d'armes, 140 hommes de trait et i trompette. (Arch. du Nord, B 1492, fol. 25.) Il est porté présent à la revue suivante du 24 mai. (Arch. du Nord B 1492, fol. 29.)

5. « En boutant le fu partout et habandonnerent la place, le xvj« jour de

LA CARRIERE MILITAIRE 4r

armes et bagages, en mettant le feu à ce qui restait de la ville *. On regagna Compiègne sur des pontons : Louis de Flavy ramenaît à son frère le gros canon qu'il lui avait prêté*. La forteresse de Choisy fut ensuite rasée ^ parles Bourguignons.

Choisy s'étant rendu le i6, au tcnioignage de la Chronique anonyme, et Jeanne étant arrivée à Compiègne le 14, il parait nécessaire de situer à la date du i5 mai 1430 Tépjsode de Pont-Lév<iquc,

La marche sur Soissons n'est connue que par un seul témoignage, mais très précis^ celui du héraut Berry *• Le sens de cette Opéfatton est identique au but poursuivi à Poni-Lévéque, Il s'agissait pour Jeanne d'Arc de gagner Soissons. pour passer TAjsne, et opérer une diversion sur les derrières des troupes de Philippe le Bon.

La trahison de Guichard Bourncl, capitaine de Soissons, devait mettre un obstacle à ce but. Guichard Bournel donna à entendre aux habitants que les gens du roi de France venaient pour établir une grosse garnison dans la place : seuls les chefs de cette armée furent alors autorisés à entrer dans la ville. Les troupes campèrent; devant la mauvaise volonté de Guichard Bournel, la compagnie de Jeanne d'Arc se dispersa^.

mny* • (Chronique anonyme^fr., a3oi8^foK 497, v*. P. J.xxxm.) l^ 17, Philippe le lion Mt toujours devant Choisy. (Arch. du Nord, B 33»>8.) — I^ daic de \sï reddition de Choisy» donnée par la Chronique anonyme^ s'accorde parfaitement 9WC r<îtjit joumaHcr qui &itj;nale le 7 mai au soir la présence de Philippe le B Chnijty (Arch, du Nord, B 3398), et le renseignement de l^eFévrc

^, my, qui hxc à dix joars le séjour de Philippe le Ban au siège

\U il,}:. 178),

r* • Ceux de dedens se retrayrent à Temblde de nuyt et par bateaux dedes» U ville de Compicng:nc. ■ {Livre des trahisons^ p» 20 1.) « Firent traictic <voc Ici commis du dessus dit Duc. tel qu'il se départirent, saufs leurs corps et kunbicns. ^^Monstrtlet^i, IV, 3JS2.)« Et en la fin la prindrcnt par composition. • {Berry ^ datis Procès^ t. !V, p. 49,) Ce passage est sans doute la Mmrcc du quatrain de Martial d'Auvergne.

a, Sorel, Pri$e de Jeanne d'Arc, p. i58, n. 2.

1. Montsutett t. IV^ p, 382. « Laquelle, sans dclay, après qu'ils s'en furent l»i,r',. t ,t t^r. ,<t démolie et arjiséc. * — Les 7 et S mars 1439. La municif ^,ne ht ;ibiittre « partie des vieux murs du chastcl de Choisy

qui cit.jLiri,. ucitiourcjt droictt après le dcsmoHsscment dudit ChastcL n» «BibL nAt., Dom Grenier, t. XX ^^, fol. 189, r«, P. J. lix,)

. " t. IV, p. 49-30. Cf. F. Brarip Jeanne d'A rcet le capitaine de Soissofii

m <4»on»,impnmerie de 1 '-«4 r^^5o/iso«iî^îi» i904^in-8,de 44 pages,)

5. La mêtne aventure serait arrivée à Jeanne d*Ârc« le 34 avril I43a»

Par Tentremise de Jean de Luxembourg, Philippe le Bon venait en effet d'acheter le capitaine de Soissons * qui ne tarda pas à rejoindre les troupes de Philippe le Bon *.

A quelle date convient-il de placer cette marche sur Soissons? La Chronique du héraut Berry nous apprend que la Pucelle était accompagnée de l'archevêque de Reims, chancelier de France, et du comte de Vendôme. Or, par un compte de Compiègne, nous savons que le chancelier de France et le comte de Vendôme quittèrent précisément Compiègne le i8 mai 1430». La marche de Jeanne d'Arc est donc du 18, et Jeanne arriva sans doute en une seule étape, dans la soirée, devaiît Soissons*.

Le siège de Compiègne n'était plus qu'une question d'heures *. Le conseil du duc répartissait les cantonnements, arrêtait l'attaque du boulevard, qui formait la tête du pont. Le 22, Jeanne,

devant Senlis, qui délibéra de ne pas la recevoir. (A Ibum des Archives départementales, n« X25.)

1. a Et incontinant qu'ilz furent partis de Soissons ledit Guischard vendit laditte cité au duc de Bourgongne et la mit en la main de messire Jehan de Luxembourg ; dont il fist laidement contre son honneur. » (fierry, dans P>*ocès, t. IV, p. 5o.) — Nous avons retrouvé aux Archives du Nord la pièce comptable qui établit la vente de Soissons par Guichard Bournel, pour 4 000 salus d'or. (B 1492, fol. 64, V et P. J. XXXV.)

2. Berry affirme en effet que Guichard Bournel rejoignit Philippe le Bon, « lequel par ce moyen eust obéissance duditPont à Soissy. » {Procès, t. IV, p. 5o.)Choisy devait être déjà aux mains des Bourguignons.

3. Arch.com. de Compiègne, CC, i3, fol. 291. Compte de pots-de-vin publié dans Sorti, Prise de Jeanne dWrc, p. 145-146.

4. jBerrx,dans Procès, t. IV, 49. — Nous savons encore qu'après l'échec devant Soissons la plupart des seigneurs français se rabbatirent sur Senlis, tandis que Jeanne gagnait Crépy-en-Valois, puis Compiègne. Mais en l'absence des comptes de la municipalité de Senlis, pour cette période, nous n'avons pu y vérifier notre induction au sujet de la date du 18.

5. Les événements de Compiègne ont déjà été étudiés par M. A. Sorel. {La Prise de Jeanne d'Arc devant Compiègne et F histoire des sièges de la même ville sous Charles VI et Charles VII^ d'après des documents inédits [Paris, 1889, in-8, 382 pages].) M. Sorel s'en est tenu au dépouillement et à la publication des comptes municipaux de Compiègne. Au milieu des graves événements de l'année 1430, toutes les villes de la région du Valois furent en communication perpétuelle. Il aurait fallu tenir compte de ces documents. M. Sorel a négligé en outre l'étude des documents anglo-bourguignons de Lille, le troisième compte de Jean Abonnel entre autres. Enfin les deux sources les plus précises, comme chroniques, lui ont échappé : La Chronique anony^me, fr., 23oi8, qui a donné les causes secrètes de la levée du siège, que corroborent parfaitement les documents d'archives, et le Livre des trahisons de France.

LA CàRRIKRE MIUTAJBK 4^

k Crépy-cn- Valois, apprenait des nouvelles du siège. Elle panîi à minuit, et entrait dansCompîègnc parla porte de Pierrcfonds, entre quatre et cinq heures du maiin, le 23 mai 1430. [ La ville forte de Compicgne, située sur la rive gauche de frOîse, en aval du confluent de l'Aisne, grâce au pont qui commandait le chemin de France en Picardie^ présentait au quinzième L siècle une position militaire dont les Anglo-Bourguignons a%'aient [su apprécier importance \

De Tautre côté de IVau, rapide et profonde, s'étendait une [large prairie marécageuse^ au bout de laquelle, à 2 kilomètres de la ville, Tabrupte falaise de Margny^ fermait Thorixon* En Lamont de la ville, la falaise forme coude brusquement et cet lulement dissimule Clairoix ' et Coudun * ; en aval, clic s*abat, fîc long de la rivière se déploie la basse prairie de Vcneite*. On communiquait de Compicgne^ avec la rive droite de l'Oise par un pont de pierre du treizième siècle^ en amont de celui qui I existe de nos jours. La tête du pont, en bois, était défendue par [tin boulevard indépendant, avec pont-levis'.

j. « l^dicte ville de Compicngfie^ qui est grosse et grande villc^de grant [ lotir et enclose eupaniedc deulx rivières d'Oize et d'Enuc, v Le Fèvre de fSâini'Hemr^ t. Il, p, 178. — Projet de campagne de Philippe le Bon.F. J. XXX.

a* llargny-îès'Compiègnc (Qisc)^ arrondissement et canton de Compicgne. I Au qiiiftiràme siècle, ce villugc était désigne^ dïin& Monstrelct^ sous le nom \ûç » Mtfrgny sur la cauchié a: une voie garnie de pavés, conduisant du poni de Compiègne à Margny, avait cté en effet ménagée à cau&c des iuondallîon» de la prairie. (Douôt d'Arcq, t, IV, p. 383, imprime Margny sur la \Camhi€,)

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