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r Réptiqtit de Poignant pf»ur Charles de Klavy. « Ki avnt» cinq ans qu «i
Comment, si malheureuse, n'aurait-elle pas souhaité une délivrance prochaine ^
En 1445, arrivait dans le pays de Noyon un nouveau venu: le capitaine Pierre de Louvain*, soldat de fortune, ayant lors la charge de 100 lances royales.
Pierre de Louvain était fils d'un bourgeois du Puy ; malgré cette origine, il se faisait appeler noble Pierre de Louvain '. Dès Tenfance,il courut les aventures : esprit ingénieux, téméraire et charmeur.
Le curieux chroniqueur et consul du Puy-en-Vélay, Etienne de Médicis, nous a tracé de ses débuts un bien savoureux tableau:
ne l'avoit batue, fors que une foiz lui donna ung soufflet qu'elle avoit bien gaignc. » (Arch. nat., XU 25, P. J. liiiviii.)
1. tt Et elle respondi... qu'elle vouidroit ja estre morte. » (Ârch. nat.,
2. Nous avons conservé à ce nom la forme traditionnelle que Ton rencontre le plus souvent dans les chroniques, les registres du Parlement, les comptes. Nous ferons observer toutefois que ce personnage signe toujours Lovin. Quelques documents donnent la forme Louvaing : cette graphie est une façon d'indiquer la mouillure méridionale. Ce mot, formé sur Lupinus, aurait peut-être été mieux rendu par Lovin^ nom méridional qui complétait parfaitement la physionomie de ce personnage : nous avions contre nous la forme Louvain beaucoup plus fréquente.
3. « Louvain est de bas estât, natif de la ville. » (Ârch. nat., Xu 4800, fol. 56, V*. — Louvain portait néanmoins d'argent à la fasce d'or au loup passant en chef d'argent et en pointe une molette à six pointes (Bibl. nat., Pièces originales, 1761, n» 40): le sceau le mieux conservé de Pierre de Louvain prouve que cette descripiion d'un des d'Hozier est exacte. Il se trouve au bas d'une quittance du 3i décembre 1459 et porte la signature autographe P. db Lovin, vycontk db B[erzy] (Bibl. nat.. Pièces originales^ 1 761, no 9); dans les registres delà Chambre des comptes [analyses de Dufourny (Bibl. nat., fr., 325 11)], il est nommé Pierre Louvain^escuier; mais à partir de 1452, il est dit Messire Pierre de Louvain, chevalier seigneur de Bercy ou Ben^y. — Cette noblesse des Louvain était assez obscure au dixhuitième siècle, où nous voyons Claude de Louvain, écuyer, capitaine au régiment de Vcxin Infanterie, obtenir une maintenue de noblesse sur sa requête a contenant que sa famille est depuis i5o ans en possession de la noblesse... et quoi qu'il soit privé de l'avantage de rapporter des titres plus anciens, par la négligence de ses pères à les conserver, les preuves qu'il est en état de rapporter justifient que leur noblesse remonte beaucoup plus haut... Mais, comme il craindroit d'éprouver quelque difficulté, sous prétexte qu'il ne rapporte pas des titres primitifs en possession de sa famille [on a remplacé ce mot par noblesse] il préfère de recourir de nouveau à la puissance et à l'autorité de sa majesté... » (Bibl. nat., Nouveau d'Ho\ier,2ib,)
GUILLAUME DE FLâVY ET BLANCHE d'oVEUBREUC g?
•• Il fut ung bourgeois du Puy, qui eust ungfils qu'on appelloit noble Pierre deLouvain, lequel en ses tendres jours s'en alla en cour pourestre mys en service ; tellement que, pour les grandes debellacîons qui journellement puUuloient entre le treschrestîcn Roy de France Charles vij* et le petit Henry, roy d'Angleterre, il trouva maistre promptement»car bîenadroict enfaot,astucieux et de bonne yndole estoii *• »
Pierre de Louvain fut donc cet enfant perdu, mais aussi gâté de la fortune.
Dans son iolî et instructif roman du Jouvencel^Jenn de Buetl, le très expérimenté capitaine, élève de La Hire, nous a fait un récit plus vrai d'un de ces apprentissages, La guerre nourrissait alors un homme audacieux : celui qui possédait Part redoutable et délicat de ses ruses, s'il ne pouvait toujours aspirer à devenir « le plus grand empereur du monde » et à épouser d'une façon romanesque la fille du ro! Amydas, se poussait assez rapidement dans la vie'.
Mais il fallait un commencement : nous avons de bonnes rai* sons de croire que celui de Pierre de Louvain ne fut pas aussi magnifique que le chroniqueur Etienne de Médicis nous le rapporte.
Le Jouvencel avait commencé par la conquête de chèvres, de Tunique vache d'un capitaine voisin, d' •* aucuns chevaulx povres racsgres et farcineux qu on avoît mys à la pâture *, *• Au retour d^une de ces expéditions, il rembourrait son jaque d'une lessive volée ^, On imagine plus vraisemblablement ainsi des débuts de Pierre de Louvain.
1. Attgnfttin Chassa in g, Le Hvrt dé Podio ou Chroniques d'Etttnnt de MêdîciSf bourgeois du Puy,u II, p. 3S; ouvrage pubhc au nom de la Société acnJéniiquc du Puy (Le Puy-cn-Vcky, 1869, 2 vol. in-4)»
2, Le Joiivenct't par Jean de BueiK suivi du commentaire de Guillaume Trin^ant^ cdition Camille Fiivrc et Lc»>n Lcce&trc (Paris, rSjj, 2 voL lii-b \Société de t Histoire de France]),
?» « Mon frcrc le mc*ticr de la guerre est de perdre et de gaîgncr^ comme vous »caive2. Si \Ay mant^iê à ma ^cunci^sc des choses atgrc& et amèrcs» je espère co mangicr quci4ue jour de plus douke&. » (Réponse d'Antoine de Ch«ibdnnc5 à Jacques^son fr^rc,qui le blÂmalt de $e$ imprudences). Chromq.te martinienne^édiûon Vcrnrd, foUccLixjx, v*.[Bit»l-aat, Réserve, G 2S4,] 4« Le J^^H%*ettcelt i. I, p, 2^, -i. • AincoUgaingria la buée dont iltii son |acquc a Le Jùufencel * 1 *^^i.
Le Puy en Velay avait vu dans le premier quart du quinzième siècle,duhaut de ses courtines, parmi le merveilleux et tragique paysage de ses montagnes, couler les rudes bandes des routiers méridionaux. En septembre 1428, Rodrigue deVillandrkndo,Jean Valette, Andrelin ravagaient le Velay * ; en i43o,Rodrigue,Guilhem ou Guyonet Valette tournaient encore autour du Puy^ En 143 1, les officiers de la commune durent enjoindre aux habitants de ne pas laisser entrer dans la ville des gens d'armes inconnus^.
II est plus que vraisemblable que le jeune Pierre de Louvain fit donc ses premières armes dans ces pillardes bandes des routiers du midi. Vers 1438, en effet, une lettre de rémission accordée à Jean Le Lait nous apprend que ce dernier « s'en ala en la guerre en la compaignie de Pierre Louvain où il a esté par l'espace de deux ans, et plus, pendant lequel temps il a tenu les champs et a vescu sur le païs*».
Mais Torigine de la faveur de Pierre de Louvain devait être la venue de Charles VII au Puy, en 1439. Selon le chroniqueur Etienne de Médicis, Pierre de Louvain aurait été assez adroit pour solliciter et obtenir de ce prince l'office de capitaine et la garde des clefs de la ville « dont il estoit», lui exposant : « qu'il en avoit bien besoingh au Puy, qui estoit la clef du pays, avoir aucun bon capitaine qui se souciast de ladicte ville et du pays
1. J. Quicherat, Rodrigue de Villandrando, Vun des combattants pour l'indépendance française au quinzième siècle y p. 35 (Paris, 1879, in-8). — Michel de Bernis, C/irowi^MCS béarnaises^ édition Buchon, p. 594 (Paris 1 85 1 [Panthéon littéraire]).