‹ Guillaume de Flavy, capitaine de Compiègne; contribution à l'histoire de Jeanne d'Arc et à l'étude de la vie militaire et privée au XVe siècleChapitre 69 sur 115 · Aixh, nat., K" 25, P. J* txuiix · texte numérisé non relu

Aixh, nat., K" 25, P. J* txuiix

4. « Car, avec ce, la vicomtesse le excusa de tout et print ladicte charge •tir elle* • Maihitu d'Escouchy, i, l, p. 146.

^« Poupatucourt pour justifier cas secondes rémissions déclarait les pre-* incomplètes. Selon le Mémoire sur Guillaume de Fla^^ dans Procès \t d'Arc, u V, p, 373. « La dicte remission n'auroit este cnterince arrétdu Parlement du Cinq juin tSoo^Sa ans après le fait* • Blanche à QtCli date vivait encore. (Je u*ai pu rctrwuvcr cette pièce.)

cultes, sans doute, la cause fut soustraite à la cour pour être portée devant la juridiction spéciale et personnelle du roi, le Grand Conseil. La position de Blanche était vraiment singulière. Elle avait fait des aveux dont il n'y avait plus trace dans les rémissions. Le 1 1 août, enfin, le Parlement déclarait surseoir jusqu'en septembre, et renoncer à instruire cette affaire. Blanche était remise entre les mains de Denis de Chailly*, bailli de Meaux. Pierre de Louvain promettait, sous caution, de comparaître à cette date*.

Le 14 novembre 1450, le roi, en réservant l'intérêt des parties, faisait déclarer, en présence des seigneurs de son sang l'entérinement de la lettre de rémission octroyée à Blanche et imposait silence à son procureur'. Le Parlement dut se contenter de lui retirer la tutelle de son fils*. Blanche sortit donc indemne de la Conciergerie'.

1. Denis de Chailly, comme Guillaume de Flavy, avait fait sa fortune dans les rangs des partisans. En 1428, il s*était emparé de Mailly sur les Bourguignons. (Col. de Bourgogne, t. CIII, fol. 33.) Compagnon de Jeanne d'Arc en i43o; en 1441, qualifié de bailli de Meaux, il reçut la capitainerie de Crécy en Brie (Bibl. nat., fr., 21410, fol. 66); « lequel avoit de belles terres ou pays de Franche. » (Duclercq, t. I, p. 326.)

2. Arch. nat., X2« 26, fol. 3o v«, P. J. xci; Arch. nat., X** 32, P. J. c.

3. c Et imposa silence le feu roy de sa bouche à son procureur en son grand conseil, en présence des seigneurs de son sang, d (Arch. nat., X^* 33, 12 juillet 1463, P. J. c.)

4. Chariot de Flavy fut baillé à Guy de Ncsle, seigneur d'Offémont et à Charles de Flavy, frère de Guillaume. (Arch. nat., X«* 26, fol. 120, v«.)

5. Une affaire criminelle au quinzième, siècle présente beaucoup d'analogies avec l'histoire de Blanche d'Overbreuc. Cf. Introduction j p. xviii-xrx. Comme elle. Renée de Vendômois avait tué son mari, Jean de S. Berthenin, avec la complicité d'un domestique nommé Grosjean. Renée obtint également une lettre de rémission, mais ne put jamais la faire entériner, sur l'opposition du procureur du roi. La cour de Parlement la condamna même à être brûlée vive: cette peine terrible fut néanmoins commuée. Renée de Vendômois dut alors faire amende honorable, publiquement, devant la cour, puis elle fut murée dans une chambrette de recluse, au cimetière de saints Innocents, à Paris. (Cf. Arch. nat., X^* 5 1,20 mars 1485-86, 19 septembre i486; X2* 54,27 février 1485-86, 2 mars 1485-86; i3 et 17 juillet i486.)— Marquis de Rochambeau, Renée de Vandomois la recluse (Paris, 1881, in-8 de 29 pages). [Extrait de la Revue historique et archéologique du Maine, t. X, (1881).] — En 1457, Catherine de Châteauneuf, ayant tué son mari, Jacques de Hasonville, la cour la condamna a être traînée vive sur une claie, de la Conciergerie au Grand Châtelet ; puis elle fut brûlée vive au marché aux Pourceaux, à Paris. (Collection Lcnain, t. 188, fol. 357, v*».)

GUILLAUME DE FLAVY ET BLANCHE d'OVERBREUC I I I

Pierre de Louvain qui avait, sinon Toreille du roi, du moins celle d'un bien puissant conseiller de son entourage, était réintégré dans sa charge de capitaine^ : il devait partir pour cette fameuse conquête de la Normandie', puis pour la campagne de Guyenne, où, par son extraordinaire témérité, il se couvrait de gloire 'et faisait oublier une fâcheuse mésaventure de sa vie.

La société d'alors était oublieuse, indulgente aux enfants hardis, attentive aux beaux récits d'aventures *.

T. « Et par ainsy fut mis Pierre de Louvain à plaine délivrance. Et lui furent remis en sa main grant partie des gens qu'il avoit paravant en son gouvernement.» Mathieu (VEscouchy^ t. I, p. 146-147. Cf. dans les extraits des comptes d'Etienne de Bonney, par Dufourny, les marques de la faveur royale. (Bibl. nat., SaSii, fol. iSy, v«, i5o, ro, et i52, r«.) — Son arrestation est du 26 mai 1449; au mois d'octobre 1449, il est au siège de Rouen. Chartier, t. II, p. 141.

2. Robertus Blondelli, De reductione Normannicey dans Narratives ofthe expulsion 0/ the english front Normandy, MCCCCXLIX-MCCCCL, éd. by J.Stevenson, p. 210,340,361, 372 (London, i^63,\n'%)[R€v.Brit.Medii ^vi Scrip,]; Chartier, t. II, p. 141, 2o5, 2i5, 237.

3. Chartier, t. II, p. 241, 256, 277,31 5.— Il conduisit l'assaut de Blayc, le 20 mai i43i,et, le 23 juin 145 1, fut fait chevalier après la journée de Fronsac.

4. Blanche d'Overbreuc épousa P. de Louvain dès 1450. Leur union ne fut pas heureuse, les frères de Flavy s'étant ligués contre Louvain : cette vendetta dura quinze ans. En 145 1, pendant la conquête de la Guyenne, un prêtre, Pierre Fremery, et un nommé Doubte, sicaires de Raoul de Flavy, suivirent Louvain de Libourne à Bordeaux où l'un d'eux le laissa pour mort. (Arch, nat., X** 25, 3o juillet 1454). Le i5 juin 1464, sur le chemin de Compiègne à Berzy, au milieu de la forêt, Pierre de Louvain et sa suite furent de nouveau assaillis par le gens des Raoul. Jean Trenchant^un de ses scrvitcurs,renferra d'une javeline; il fut déchiqueté de vingt-cinq plaies mortelles, le ventre ouvert et la cervelle répandue. Raoul de Flavy, le dernier, lui coupa la gorge, et d'une sagctte lui creva ensuite les yeux. (Ârch. nat., Xî» 34, 23 février 1464-65 et X** 60, 20 mars 1491-92.) La même année, Blanche épousa, en troisièmes noces, Pierre Puy, maître des requêtes de l'hôtel Louis XI : il débrouilla et embrouilla cette inextricable suite de procès civils et criminels. Sous la terreur des Flavy et des Louvain, ligués cette fois contre elle. Blanche n'osait plus sortir de sa maison. Elle vivait encore en l'an i5oo. (Mémoire sur Guillaume de Flavy, dans Procès de Jeanne d'Arc, t. V. p. 373.)

Paris, 1427. Juin 6. — Lettre de rémlnlon accordée à Simon d'Aobigny >. èouyer, au sujet d'une rixe dans une taverne de Ribécourt, où un nommé OaTlot, dit Pierrain. l'avait appelé « Armagnac ».

Henry, par la grâce de Dieu roy de France et d'Angleterre. Savoir faisons a tous presens et avenir, Nous, avoir receu Tumble supplicacion de Simon d'Aubigny, escuier, jeune homme aagié de xxx ans ou environ, chargié de jeune femme, demeurant a Dreslincourt^ contenant que le lundi ve jour de may derrenier passé, ou environ, il ala en la ville de Ribécourt ^, qui est joingnant ou assez prez dudit lieu Dreslincourt, en entencion de baillier a ferme ou autrement aucunes terres et héritages qu'il avoit et a en ladicte ville a cause de sa femme. Et, lui venu en ladicte ville, ala en la maison d'un nommé Adam Régnier, dit le Fauqueur, tavernier et merchant publique demeurant en ladicte ville de Ribécourt, et entra en une chambre ou il avoit plusieurs personnes qui vivoient ensemble, en espérance dey boire et trouver gens a qui il peust bailler seurement ses dictes terres. Entre lesquelz gens, qui estoient en ladicte chambre, estoit un nommé Pierre Gaviot, dit Pierrain : dont ledit suppliant ne savoit riens. Et quand il vit icellui Pierrain, pource que par plusieurs foiz il avoit dit plusieurs injures et villenies audit suppliant, tant en son absence comme en sa présence, il le escria en lui disant : « Es tu le bon varlet ? je t'ai trouvé !» ou autres parolles en substance. Et lors ledit Pierrain respondi : « Tu m'as trouvé voirement, faulx traitre, armignacl tu me cuidoies trouver despourveu! » Et se leva ledit Pierrain soudainement de la table ou il estoit assis et print un grant plançon qu'il avoit au plus près de lui. Lequel suppliant, qui lors ne se guectoit aucunement dudit Pierrain, tenoit une petite hachete, de iij piez ou environ, en sa main; et quant il apperceut la mauvaise voulenié dudit Pierrain, il print un petit plançon qu'il trouf a ylec et le gecta audit Pierrain, mais il ne le assena pas lors. Et ce fait, lesdits suppliant et Pierrain yssirent hors dudit hostel emmi la rue. Et quant ilz furent dehors, ledit Pierrain, en persévérant en son mauvais courage, injurioit tousjours de parolles ledit suppliant et tellement que lesdits Pierrain et suppliant se approucherent l'un de Tautre et essuierent plusieurs cops l'un contre Tautre. Mais par le moien de plusieurs personnes, qui la esloient, qui les desmeurent, ilz ne firent aucun mal l'un a

Page 1