‹ Guillaume de Flavy, capitaine de Compiègne; contribution à l'histoire de Jeanne d'Arc et à l'étude de la vie militaire et privée au XVe siècleChapitre 70 sur 115 · Oise, irrondiMement de Compiègne · texte numérisé non relu

Oise, irrondiMement de Compiègne

Tautre. Et, incontinant après, ledit Pierrain, tousjours persévérant en sa mauvaise voulenté, se ala seoir sur une pièce de bois estant assez près de Tostel des Chapperons, audit lieu de Ribecourt, et ledit suppliant d'autre costé. Lequel Simon fut fait prisonnier des doien et chapitre de Noion parung appelle Jehan Garny, leur sergent audit lieu. Et, lui estant ainsi prisonnier, ledit Pierrain se retourna devers lui et derechief l'appella faulx traitre, armignac, en lui disant telz parolles ou en substance : « Vien ça, je te combatray », en gectant son chappel a terre disant : cVela mon gaige! » Et lors un appelle Pierre Monnart, hoste desdis de chapitre de Noyon, recueilli ledit gaige en lui disant : « Se tu es filz de bonne mère, vien avant et je te combatray.» Lequel suppliant se sentant ainsi injurié et villené dudit Pierrain, qui estoit homme de bas estât, se leva de la place ou il estoit : et en se partant dist que, se il devoit mourir en la place, il ne pourroit plus souffrir teles paroles. Et lors print une pierre en sa main avec ladicte petite hachete dont dessus est faicte mencion, laquele il tenoit, et se approucherent lesdits Pierrain, suppliant, l'un de l'autre, icellui Pierrain tenant en sa main un plançon de très grant longueur, duquel il esuia plusieurs grans et terribles cops sur ledit suppliant pour le cuidcr assener. Et en ce faisant, pource que icellui suppliant avoit sadicte hachete, ainsi courte que dit est, et qu'il ne osoit aproucher près dudit Pierrain pour doubte d'icellui grant plançon, icellui suppliant gecta sadicte hachete contre ledit Pierrain et le assena au front. Et d'icellui cop ledit Pierrain chey a terre, et telement que dix ou onze jours après ledit fait advenu, ledit Pierrain est aie de vie a trespassement. Pour occasion duquel cas ledit suppliant, doubtant rigueur de justice, s'est absenté du païs... par quoy ledit suppliant et sadicte femme, qui ont acoustumé de vivre notablement du leur, sans faire tort a autruy, sont en voye de desercion totale si notre grâce et miséricorde ne leur est sur ce impetré... Donné a Paris, le vjm» jour de juing, Tan de grâce mil cccc xxvij et de notre règne le cinqm*. Scellées de notre scel ordonné en l'absence du grant. Ainsi signé. Par le Conseil.

Oger

Archives nationales, JJ 173, n* 681.

1427. novembre 4. — Ordonnance de paiement et quittance de Guillaume de Flavy, ècuyer au receveur des finances de Languedoc de la somme de 50 1. 1.. pour être allô de Lusignan vers le comte de Foix. porter des lettrée closes du roi et l'entretenir secrètement ^

Guillaume, evesque et duc de Laon, per de France, président des comptes du Roy nostre sire et gênerai conseiller par luy ordonné sur

I. Sur cette mission dont l'objet est inconnu, cf. Jean /•' comte de Foix, lieutenant du roi en Languedoc, Etude historique sur le sud-ouest de la France pendant le premier tiers du xv« siècle j par Léon Flourac, p. 18 (Paris, i884, in-8), et Vallet de Viriville, Histoire de Charles VU, t. II, p. i56.

le fait et gouvernement de toutes ses finances en ses pays de Languedoc et duchié de Guienne a Jehan Seaume, receveur gênerai des dictes finances, salut. Nous vous mandons que des deniers de votre recepte, vous payez, vous baillez et délivrez a Guillaume de Flavy, escuier, la somme de cinquante livres tournois, laquelle nous lui avons ordonnée et tauxée, et par ces présentes ordonnons et tauxons, pour partie de la despense que faire lui a convenu et conviendra pour estre venu lui deuxième a cheval, de devers le roy nostre dit seigneur estant a Lesegnen en Poictou, par devers monseigneur le conte de Foix et de Bigorre, lieutenant gênerai pour ledit seigneur desdits pays, estant en son pays de Bearn, et aussi par devers nous, en la ville de Montpellier, apporter a mondit seigneur le conte et lieutenant et a nous, certaines lectres closes, tant du roy nostre dit sire comme d'aucuns de ses principaulx conseillers, et dire de bouche aucunes choses secrètes a lui enchargées qui grandement touchent les bien, honneur et prouffit d'icelluy seigneur et mesmement la tuicion, seurté et garde desdits pays ; et par rapportant ces présentes avec quictance sur ce dudit escuier tant seulement, ladicte somme de L 1. t. sera allouée en comptes et rabatue de votre dicte recepte par tout ou il appartendra. Donné soubz notre signet le iiij* jour de novembre, Tan mil cccc vint et sept.

Pasquot.

En la présence de moy, Jehan Pasquot, notaire et secrétaire du roy nostre sire, congnut et confessa Guillaume de Flavy, escuier, avoir eu et receu de Jehan Seaume, receveur gênerai de toutes les finances dudit seigneur en ses pays de Languedoc et duchié de Guienne, la somme de cinquante livre^ournois, laquelle révérend père en Dieu, monseigneur Tevesque et duc de Laon, per de France, président des comptes du roy nostre dit seigneur et gênerai conseiller par lui ordonné sur le fait et gouvernement des dictes finances par ses lectres patentes données du jour et date de ces présentes et pour les causes contenues en icelles lui a ordonnée et tauxée, comme par lesdictcs lectres peut plus plainement apparoir : de laquelle somme de L 1. t. ledit escuier se lient pour content et bien payé et en quitta ledit receveur et tous autres. Tesmoing mon saing manuel cy mis le iiij« jour de novembre Tan mil cccc vint et sept.

J. Pasquot.

Bibliothèque nationale, Dossier» bleus^ 37a (fr., 29817) orig., parchemin.

1428. — Extraits de la n Chronique anoninne a relatifs à la oampagne d'Argonne.

Ou tamps de quaresme fist messire Jehan de Luxembourcq ung grant mandement de gens d'armes en Picardie pour aller mettre le siège a Beaumont, es marches de Barrois, Ardenne et de Rettcloix contre les armignas, dont Willaume de Flavy estoit cappitaine. Et

fu son armée preste pour mettre ledit siège en la peneuse sepmaine. Et lors il party de Beaurevoir pour aller mectre ledit siège a très belle compaignie de gens d'armes et d*archiers tous piccars.

De Tan mil iiij'' xxviij.

Le xvij« jour du moix d'avril oudit an, après Pasques, fut le siège mis et assis devant Beaumont en Argonne par Monseigneur Jehan de Luxembourg, accompaignié de grand quantité de gentilz hommes de Piccardie, en nombre de viij* hommes d'armes et xiij* archiers, tous piccars et boullenoix et y eubt grant escarmuche an mectant ledit siège. Car ceulx de dedens sallirent hors et en fin furent remis dedens leur ville : mais ilz menèrent prisonnier Enguerannet de Grinbeval, bon homme d'armes, qui fat très villainement navré et le tint on pour mort tout le siège durant. Car par malice, ledit Willaume de Flavy fist mectre ung linsel en terre, disant que c'estoit ledit Enguerranet et lui fist faire son service honnorablement, comme il eust esté mors; et ne furent que iij hommes de dedens ne de dehors la ville qui seuist qu'il fust en vie. Et en ce point fu secrètement gardés jusques au [fol. 480, v*J traictié de la reddicion dudit lieu...

[Fol. 480, v*]. En le fin de cedit moix de may rendy Willaumes de Flavy la forteresse de Beaumont a messire Jehan de Luxembourg et s'en party sauvement, lui et sa gent, et y fu commis cappitaine Waleran de Bournonville. Et en ce meisme tamps se rendirent ceulx de Raucourt* ou fur[entj mis les Hennequins*, qui estoient compaignons de grand emprise et très hardis en toutes places. Et ledit Enguerranet, qui fu délivrés par ledit traittié, fu mis a Villers les Mouson 2, lequel lieu de [fol. 481, r*] Villers avoit esté fortiffié et remis en estât durant ledit siège de Beaumont et y fut mise très grosse garnison.

En ce tamps meismes furent trieves données et abstinence de guerre entre ledit messire Jehan de Luxembourcq et ceulx de Mouson jusques au jour Saint Remy ^, en dedens lequel jour ceulx dudit Mouson dévoient envoier, comme ilz firent, devers leur roy assavoir se ilz aroient de luy aide et contfort pour repondre audit jour se ilz volroient tenir ou non. Et enfin, se tinrent sans eulx rendre.

[F'ol. 483, v"]. Oudit moix de septembre fu le siège mis devant le chastel de Passavant ^ par les ducqz de Loeraine et de Bar. Et fu rendue par traictié en le hn du moix d'octobre *.

Bibliothèque nationale, fr., a3oi8, fol. 480, r«.

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