‹ Guillaume de Flavy, capitaine de Compiègne; contribution à l'histoire de Jeanne d'Arc et à l'étude de la vie militaire et privée au XVe siècleChapitre 77 sur 115 · J , XII · texte numérisé non relu

J , XII

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I evcnail d'Artoi» vert l'aria» où il carrait le 3o septembre^ îtf Paria^ édition Tuciey, p- 347. Sur l'ilinéraire de Philippe Is Boa* ttoc lH>te tot^re**ante ât M. Hermalu Lercvre<PaiiTalls.(CArr)ittfne d€ MùroMm»', **'» fT 7 17. n. a,

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1429, septembre 30. — La municipalité de Gompiègne délibère sur la remise de la ville entre les mains du duo de Bourgogne pendant les tréres : elle décide d'envosrer une ambassade à Cbarles vn et proteste de sa fidélité.

Le jeudi, pénultième jour de septembre. Ton tint assemblée pour sçavoir si Guillaume de Flavi, capitaine, iroit vers le conte de Clermont a Senlis, suivant le sauf conduit envoie, pour remectre la ville en la main de Monseigneur le duc de Bourgogne pendant les abstinences : la conclusion de l'Assemblée fut que le capitaine y envoiroit et qu'ils envoiroient par devers le Roy pour scavoir sa volonté. [Car Compiegne ne vouloit autre prince que le Roy ni se soubmettre a autre capitaine qu'a celuy qui estoit soubmis aux volontés de sa majesté < ]

Délibérations municipales de Compiegne perdues, extraites des Anti' quitei de la ville de Compiegne, par dom Gilesson (Bibl. nat., fr., 18763, fol. i3o, f).

[1429, septembre-déoembreS]. — Mémoire bourguignon, rédigé sous l'inspiration de Hugues de LannoyS, pour maintenir l'alUance anglo-bourguignonne.

Advertissemens, a correction, des choses qui sont nécessairement a faire et exécuter pour le bien du roy et de son royaume de France, et pour relever le povre peuple dudit royaume des très douloureuses et importables misères, porvretez et oppressions, qui longuement y ont esté et encores de plus en plus se y continuent, oyes les grans clameurs et proposicions faictes par les ambassadeurs présentement venus par deçà.

Premièrement, pour ce que nagueres a esté avisié de tenir une journée en la ville d'Aucerre, pour parler de paix générale et trouver qui pourra moien d'y parvenir, ou l'en entend que Nostre Saint Père le Pape envolera aucuns de messeigneurs cardinaux, et y vcnront monseigneur le duc de Savoye et autres grans seigneurs pour estre médiateurs de ladicte paix ; a laquelle journée il semble que le roy ne doit

1. Ceci parait bien nne réflexion de dom Gilesson. Mais il ne faut pas oublier qae cette opinion était fondée sur la série de ces délibérations de Compiegne perdues.

2. Ce mémoire est en effet postérieur à la conférence de Montdidier terminée le a6 septembre 143g (P. J., xx) qui décidait Touverture d*un congrès général de la paix à Auxerre : antérieur au 35 décembre, puisqu'il y est question de l'expiration des trêves à la Noél et du payement des gens d*armes à ce terme, qui fera défaut. Ce terme ne semble même pas très proche, puisque Ton aura le temps de faire passer et de réunir avant cette date une armée anglaise. Des dons mentionnés à lu date du i5 décembre 1439 attestent que Hugues de Lannoy était en Angleterre, comme ambassadeur du duc de Bourgogne, Proce<r<^/np,t. IV, ; .9;il est fort vraisemblable qu'il négocia avec le conseil de Henri VI dans le sens de ce mémoire, retrouvé parmi ses papiers. Cf. Beaucourr, Histoire de Charles VU, t. II. p. 416, n. i.

3. Surcc personnage, cf. la notice Je M. Charles Potvin dans le Compte rendu delà commission royale d'histoire^ ^* série, t. VI, p. 1 17-138 (Bruxelles, 1H79).

PIÈCES JlTSTtFlCATlVES

>int laissicrquil n'envoie notabkmentgens, grandement et souffisamacnt institues sur toutes les choses qui peuvent servir a la matière ; ir se ainsi ne le faisoit, on lui en poarroit donner grant charge et liroit Vcn qu'il ne vuelt point entendre a paix, et vuelt estrc juge en cause et querelle^ et qu1l n'a point compassion de la destruction lu royaume de France, ou quel chascun jour se commectent murdrcs, domicîdes, sacrilèges^ larrecins, ravissemens, crimes, depopulacions villes et toutes autres manières de détestables arcins, dont ledit >yaume, qui n este ou temps passô tant renommé de puissance, no* Messe, justice, libéralité et richesse et est si bas et petit estai que piteable chose est de Toîr et veoir : et se le Roy fait ce que dit est, ^ieu et le monde^ et par especial le pueple du royaume de France, eroni trcs contens de lui et en acquerra plus avant leur courage et 9Vction, supposé ores que le fruit de la dicte paix générale ne s*en ensuive : et ne pourra Ten dire de raison qu'il ne se soit mie en son ftcvoir et que a lui n'aura mie tenu que la dicte paix ne soit avenue* Tt en faisant le contraire est vraysemblablement a doubter que le pueple, qui est si opprimé comme dît est et qui désire paix, ne se ^urnast incontinent a Tobcissânce de la partie adverse. Et est a tîtendre que, a la dicte journée, les parties ou leur deputei seront figiez en lieux divers et séparez et assez près dudit lieu d*Aucerre, ^u seront Icsdiz cardinauîx et médiateurs.

item semble que Ten devrait cscrirc devers nostrc dit saint Père le ?ape quci ou cas qu'il envoiera icsdiz cardinauîx, il les eslise et or- 'donne tclz qui ne soient point parciaulx en la matière. Fl s*il convient jue le CiKJinaî de Saint Eustace soit l'un» ainsi que les adversaires îcsirent» comme l'en a entendu, nostre dit saint Perc y envoie l'un es trois cardinnii!-:: c'«?*^t assavoir Monseigneur des l'rsins, Monseineuf de ' -eigneur de Rouen. Et aussi de ce pourroit

|Q cscrirc gongnc et a Mons, de Savoyc. Et semble

|ii'il souiîiroitque Mons* le Cardinal feist ce que dit est.

Item semble que, non obstant le pourchas de iadicte paix générale,

lui devant toutes autres choses doit csire préférée, et pour pourvcoir

lia très grande nécessite qui présentement est en France, de laquelle

Roy et son conseil pcucnt avoir plaine cognoissance, et afin que plus

r»nt dommage ne inconvénient n'y aviengne [fol. 45, v*] le roy de-

3 il prestement faire mecire sus une bonne et grande puissance de

^d'armes et d'archiers, soubz bon et vertueux capitaine, qui soit

pbey de ses gens et vueille garder justice, et qui se conduise selon

iructionseî ordonnances qui lui seront bailliéespar deçà, desquel-

^^^ as une partie pourroit esire gens de pié, pour iceulx incontinent

envoler en France ou ilz puissent estre devant ce Noël et emploieren

U manière que cy après sera touchié, car audit jour de Noël le paie-

Bitfit dei gens de guerre qui sont par deçà fauldra, et aussi Tabsti-

oeiicc ptrticulierc adonc expirera*

lum et encores semble que ccste provision ne sera pas souffisant

ins autre trop plusgrandei voue laconquestc nouvellement et en peu

temps taictc parles adversaires et que ilz sont en voulenié de pour-

■ leur coup, lant que fortune leur est favorable, et pour ce est ne-

silé treï cogcntc que le roy, des maintenant, se prépare et dispose

en tous ses affaires, afin de, au plaisir de Dieu, passer en toute la plus haulte et grant puissance que faire se pourra avant la dicte journée d'Aucerre en son dit royaume de Ffance. Car se ainsi est, et Dieu vueille que Ten peust venir a traictié de paix générale, les pourparlemens de la dicte paix en seront plus avantageux et plus grandement a Tonneur et entencien du roy qu'ilz ne seroient se les adversaires ne veoient ladicte venue du Roy : et s'il convient procéder a voye de guerre, les provisions et moiens en seront plus prestz.

Item et avecques ce, sera besoing de mectre sus une armée souffisant pour envoler en Guienne, avecques les Anglois, Gascons afin d'empeschier et mectre en guerre le conte d'Armignac et son frère le conte de Foix, son frère, le seigneur de Le Breth • et autres de par de la, desquelz le Dauphin se aide etpourroitaidier en sa guerre de France.

Item et avecques ce, semble que pour Tentrenement de la seignorie du Roy et conduite de la guerre, se l'en fault a la dicte paix générale, comme est a présupposer, veu l'orgueil desdiz adversaires qui cuident estre audessus de leur fait, mais que Monseigneur de Bourgongne ne s'en entremette, le roy devroit par tous moiens convenables, tendre a ce que le dit Monseigneur de Bourgongne et ses subgez se boutassent plus avant ou fait de la dicte guerre, en lui baillant auctorite grande et notable selon ce que a son estât appartient. Car bonnement sanz lui aucun bon exploit durable n'y puet estre fait, considérée l'affection que ceulx du royaume ont eu a ses prédécesseurs et a lui, et ont encores, et la grande puissance qu'il a en divers pays et seignories, dont une grant partie n'est point du royaume ne subgecte a la couronne de France, par quoy l'obéissance que le roy a par de la et, au plaisir de Dieu, aura plus avant par conqueste, se continuera et entretenera. Et considéré aussi que l'imagination des vassaulx et subgez de mondit seigneur de Bourgogne est que il n'est point [fol. 46, r®] tenu de exposer les personnes de lui et de sesdiz vassaulx et subgez sanz renumeracion, le Roy lui pourroit faire présenter et donner aucune grande seignorie, notable et telle que a son estât appartient, dont lui et sesdiz vassaulx et subgez fussent contens, pour la tenir en héritage, pour lui et ses hoirs en fief,ou a icelle tenir en morgage pour une somme de deniers telle que sera avisiée : laquelle lui seroit paiée dedens un terme,ou sinon ladicte seignorie lui demourroit en héritage, comme dit est.

Item et en ce faisant et remontrant a mondit seigneur de Bourgongne l'entencion que le roy a de s'en aler et de fermement persévérer en ses affaires de France, lui pourroit estre requis très justement, de par le Roy, que il se voulsist mettre sus abonne puissance pour faire prestement aucun bon exploit de guerre, en actendant la venue du roy, et mettre le pays d'entour Paris en obéissance, afin que la ville de Paris * et les autres bonnes villes d'entour, qui sont en grand péril et dangier, fussent en seurté, comme la chose très nécessairement le

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