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des hommes ,*on oublie trop souvent d'associer teUii de cetie demoiselle Lcgnis , d'une famille noble qui existe encore au milieu de nous , * et dont la fortune entière fut employcc au succès «le cette sublime entreprise. Vincent de Paule rassembla, dans l'église de Saint-Lazare, un f^rand nombre d'enfans abandonnes, et , en présence des dames qui s'étaient chargées d'en prendre soin , il prononça un discours qu'il termina par cette éloquente péroraison :
« Or sus , Mesdames , la compassion et la » charité vous ont fait adopter ces petites créa- » tares pour vos en fans ; vous avez été leurs >' mères selon la grâce , depuis que leurs mères , » selon la nature, les ont abandonnés; voyez " maintenant si vous voulez aussi cesser d'être » leurs mères pour devenir leurs juges : leur » vie et leur mort sont maintenant entre vos » mains ; je m'en vais prendre les voix et les » suffrages : il esttems de prononcer leur arrêt » et de savoir si vous ne voulez plus avoir de
* M. le baron Legrns , aide-(te-camp de S. A. R. le prince de Condé , et M. Legras de Beieagii} , ci-devant préfet à INIagdebourg.
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» miséricorde pour eux. Ils vi^Tont si vous » continuez d'en prendre un soin charitable ; » ils mourront tous si vous les délaissez. »
Le discours de l'orateur chrétien fit plus d'effet que les raisonnemens de Duterrier, et il eut cet heureux résultat de faire naître à quelques-uns des convives , et particulièrement à M""' Dubelloy , le désir de m'accompagner dans la visite qne je me proposais de faire le lendemain à l'hospice des Enfans-Trouvés , et dont il me reste à rendre compte.
On parle sans cesse du mal qui s'est fait depuis vingt ans , et l'an ne dit rien du bien qui s'est opéré. Nulle part ce bien n'est aussi sensible que dans les hospices , où il était le plus nécessaire, et ne se remarque avec plus d'intérêt que dans l'établissement des Enfans- Trouvés , confiés à la surveillance spéciale de M. Pélicot , un des administrateurs des hospices , et à M. Hucherard , agent de surveillance.
Je défère souvent à l'opinion et au mépris publics ce qui me paraît répréhensible dans nos habitudes et dans nos mœurs; mais j'éprouve bien plus de plaisir à signalera l'admiration et
DES ENFANS-TROUVÉS. 35; à la reconnaissance nationales les hommes et les choses qui m'en paraissent dignes. J'en trouve et j'en saisis aujourd'hui l'occasion.
Cet hospice , établi depuis quelques années rue de la Bourbe , a été transféré le 4 du mois d'octobre dernier rue d'Enfer , dans une maison consacrée, antérieurement à 1789,3 l'éducation de jeunes oratoriens. On pourrait croire qu'on avait eu le pressentiment de sa destination future , lorsque l'on plaça , il y a plus d'un siècle , sur la façade de la chapelle , les inscriptions suivantes :
Sanctissima Trinitati etinfantue Jesu sacrum. *
et plus bas :
Incem'c/is infante m pannis involutum. **
La chapelle par où nous commençâmes notre visite est d'une noble simplicité. On y remarque la belle statue de saint Vincent de Paule, par Stouf. C'est une idée heureuse et touchante que
* Consacré à la Sainte -Trinité et à l'enfant Jésus. -** Vous trouverez un eniant en^'eloppé de langes.
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d'avoir placé les fonts baptismaux sous les yeux du saint, qui semble sourire aux enfans qu'on y \ présente. '
En sortant de la chapelle , nous traversâmes de vastes magasins destinés à préparer et à dis- ! tribuerles layettes d'enfans que l'on fournit aux ! nourrices ; on est frappé de l'ordre admirable i qui règne dans un lieu oij des besoins de tous j les momens exigent un mouvement et un dépla- ! cernent continuels, |
Le premier étage est occupé par la crèche et i les infirmeries. Celte salle de la crèche offre un spectacle également intéressant pour le cœur et 1 pour les yeux. Cent cinquante berceaux enfer , j disposés sur deux lignes parallèles et garnis eu i toile d'une éclatante blancheur, en sont le ' principal ornement. Une circonstance dont je ne dois pas oublier de faire mention, c'est que ; le fer employé à la fabrication de ces berceaux est celui des grilles de Fancienne maison de Port- i Royal ^ dont on avait fait une prison en 179^, sous le nom cruellement dérisoire de Porl-Libre.
En jetant les yeux sur un très-ancien et trèsmauvais tableau qui se trouve au-dessus du foyer de la crèche , BI°"= Dubelloy s'étonna
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qu'aucun de nos grands peintres n'eût encore consacré ses pinceaux à décorer ce pieux asile. Combien de sujets sublimes offerts au génie de la peiuture , dans la vie du vénérable fondateur de cette maison! Saint Vincent de Paille au marché Saint - Landry , gémissant sur le sort des enfans abandonnés , dont la misère et la honte faisaient alors un odieux trafic.
L assemblée des dames à Saint- Lazare , dans laquelle il jeta les fondemens de cette vaste et sainte entreprise.
Vinstilulion des Sœurs delà Charité, inappréciable bienfait dont la révolution avait privé cet hospice, et qui vient tout récemment de lui être rendu. Avec quel intérêt on verrait figurer dans celte composition cette sœur Giroud , dont on voit le portrait à l'une des extrémités de la crèche , et qui , pendant quarante années qu'elle passa dans cet hospice , reçut entre ses mains deux cent vingt - un mille enfans abandonnés !
Le peintre n'oublierait pas d'y placer la respectable sœur Bignon , la supérieure actuelle de ces filles dévouées, dont les vertus
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angéliques ne sauraient trouver de récompense sur la terre.
« Je ne sais , continua-t-elle , si mon cœur m'abuse , mais il me semble que la visite que Madame Royale a faite le mois dernier dans cette maison fournirait aux peintres célèbres dont s'honore aujourd'hui l'école française le ! sujet d'un tableau oii tout ce que l'imagination j peut concevoir de plus noble , de plus touchant , déplus pittoresque, trouverait naturellement j sa place. » J
J'aurais désiré que l'espace et le tems qui me . pressent m'eussent permis d'entrer dans les j détails administratifs d'un établissement à l'exa- j men duquel les mœurs et la morale publiques i sont si particulièrement intéressées; je dois me borner à présenter ici les principaux résultats.
On reçoit annuellement à l'hospice des Enfans - trouvés , à Paris , cinq à six mille enfans.
Au-dessus de deux ans , les enfans abandonnés sont envoyés à l'hospice des Orphelins du faubourg Saint-Antoine.
Le nombre des enfans reçus depuis i64o , époque de la fondation de cet établissement ,