CLÉ>ORD
Comparez maintenant à ce tableau celui que présente aujourd'hui la France pacifiée , respirant sous un roi dont la puissance est fondée sur l'amour des peuples , sur le respect des lois qu'il s'est imposées lui-même , sur cette liberté politique , objet de tant de travaux , de tant de sacrifices , et à laquelle la nation ne renoncera jamais. A quelle autre époque les Français ontils joui , dans une sécurité plus profonde , des
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biens , àes souvenirs et des espérances qui leur sont le plus chères ? J'arrive du château : j'ai vu le roi au milieu des pairs du royaume , des députés des départemens, de cette foule de héros, représentans de la gloire nationale; j'ai entendu les paroles de la bouche du monarque ; .j'ai la -dans tous les yeux , dans tous les cœurs , et je suis sorti convaincu que la France ne séparait plus les mots de roi , de patrie et de liberté.
DUTERRIER.
Pour se faire une idée juste d'un tableau , il ne faut pas en oublier les ombres; or, M. de Clénord ne nous parle pas de cette nuée de courtisans de toutige , de toutes dimensions , de toutes couleurs , dont plusieurs n'ont pas même pris la peine de changer la livrée vert et or qu'ils portaient l'année dernière , et qui ne se pressent autour du trône que pour en intercepter la lumière ; il ne dit rien de ces ennemis de l'Etat que révoltent les mots de charte constilutionnelk , et qui travaillent avec tant d'ardeur à la détruire; de cette foule active de gens médiocres , sans autres titres que leur importunité , sans autre recommandation que leur impudence , qui se glissent dans tous les emplois , et se courbent
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de manière à passer sous toutes les portes ; de ces délateurs à gage que l'on paie à tant la calomnie , et de ces écrivains infâmes qui se vendent à tant la page.
FRÉMINVILLE
Tout cela est vrai , et tout cela n'empêche pas de remarquer qu'il s'est fait dans notre situation et dans nos mœurs des cliangemens on ne peut plus heureux ; le véritable thermomètre de la prospérité publique , c'est le luxe ; or ,' jamais il n'y a eu tant de voitures , jamais on n'a donné tant de bals , jamais on n'a fait tant de visites et vendu tant de bonbons que cette année ; donc , comme disait dernièrement le Journal des Débats , jamais la France n'a été dans un état plus florissant.
Si quelques personnes ne se contentaient pas des preuves de mon cousin Fréminville , on pourrait ajouter que nos finances se rétablissent, que nos relations commerciales s'accroissent, que nos manufactures prospèrent , et , ce qui vaut mieux encore , que l'esprit public , sans lequel il n'y a ni patrie ni véritable grandeur , fait chaque jour d'incontestables progrès.
fiEVUE DE l'an m. 13CCC. XIV. t) CLÉNORD.
Le Franc-Parleur ne dit rien des sciences et des lettres ?
C'est qu'il n'y a malheureusement rien de beau à en dire , et que l'iniluence du nouvel ordre de choses ne s'y est pas encore fait sentir.
DUTERRIER.
Il est de fait qu'à l'exception de la Fie de Bossuef^ar M. de Beausset , on n'a pnblié aucun ouvrage remarquable dans aucun genre depuis la restauration.
CLÉISCRD.
On nous en a donné la monnaie en brochures, en pamphlets , en libelles , en dissertations de toute espèce ; et , si l'on y regardait bien , on verrait que nos littérateurs , en dix mois , nous ont débité , par cahiers , plus de paradoxes , de vérités , de mensonges et d'esprit , qu'il n'en faudrait pour remplir cent volumes in-octavo.
Pour être juste , il faut ajouter que dans ceitc nuée de brochures , dont plusieurs resteront
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comme matériaux liistoriques , il en est une qui mérite d'être classée parmi les meilleurs livres. Les Réflexions polili(]ues de M. de Chateaubriand ont eu sur Topinion publique l'influence qu'obtiendront toujours la raison présentée avec éloquence et la vérité dite avec courage.