‹ Guillaume Poyet, 1473-1548Chapitre 8 sur 11 · PIECES JUSTIFICATIVES · texte numérisé non relu

PIECES JUSTIFICATIVES

Lettre de Poyet à Montmorency

24 décembre [1533].

Monseigneur, depuis vostre parlement le Roy a continué son chemin pour venir en ce lieu d'Espargny, où il arriva sabmedy derrenier, avecques toute sa compagnie, qui est la grâce à Dieu en bonne disposition. Il dit qu'il en partira vendredi pour aller à Cisteaux, et de là à Dijon, et de Dijon en la maison de Monsieur de Guise, qui est icy, et vint au devant de luy à Mascon. Je m'en yré, si Dieu plaist, au partir de Dijon, pour aller boire de vostre bon vin de Chantilly; car la Bourgogne n'a esté guères belle ceste années, au reste qu'il y a beau chemin et point de fruyt. Monseigneur, je demeuré à Lyon troys jours et pour accompaigner Monsieur le Légat et, en le suyvant, il receut à Mascon unes lettres de Suysse par Boys Rigault, avecques ung livre en françois sobz le nom de Beda, dont l'intitulation s'addresse au roy, qui est la chose la plus infidèle, héréticque et scandaleuse que feust jamais veue depuis l'avènement de Nostre Seigneur. Hz ont deslié le sac et gecté tout dehors eulx, déclairans manifestement de leur dampnée et misérable doctrine, ainsy que pourrez veoir et entendre par la lecture du livre. Hz soulioient parler en paroUes couvertes, craignans la puissance des hommes;

mais à présent ils monstrent qu'ils n'ont Dieu ni les hommes en aucune craincle, et ont voullu parler en langaige maternel, vulgaire, pour envenimer et gaster l'universel de tout le peuple crestien.

Monseigneur, le dit livre fut envoyé au roy par Monsieur le Légat, qui fera son chemin droit à Dijon. J'ay suivi cette marche au dré jusques ycy, où j'ay veu le roy et tous l'avoir prinse comme elle se debvoit prendre ; et vous est addressé l'affaire pour y pourvoir. Dont je loue Dieu, prenant mon contentement sur l'espérance de l'yssue qui en adviendra par vostre bonne providence ; car il est temps ; et l'on dit que vous pourrez bien congnoistre par la lecture du livre dont il vient. Dieu le vueille affin de l'exterminacion de ces malheureux espritz.

Monseigneur, je m'en yré, si Dieu plaist, aujord'hui à Gisteaux, et de là à Dijon, actendre le roy ; et quant je me seré confessé à ces bons religieulx je prière nostre Seigneur qu'il vous vueille longuement maintenir en sa grâce. A Espargny, la vigille de Nouel.

Vostre très humble et obbéissant serviteur.

Bibliothèque Nationale ; fr. 4.050, fo 95 (original).

Lettre de Poyet à Ségnier

Nantes, 3 septembre [1535 ?]

A Monsieur Séguier, advocat du roy aux généraulx de la justice, à Paris

Belislre, je suys bien aise que vous avez esté despesché. J'en rescriptz ung mot à Monsieur le Grant Maistre en ung pacquet addressé à Monsieur le Chancellier, où je vous

accoustre comme il appartient. Si je paye jamais d'uytiesme de mon creu, tu seras pendu. Nous faisons ycy la justice comme le pays le requiert. Et adieu ; faictes mes recommandations à mademoiselle ma commère, et partout ailleurs où il appartiendra. Et adieu cocquin. A Nantes, le IIP septembre.

Ton meilleur amy et serviteur.

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