‹ Guillaume Poyet, 1473-1548Chapitre 9 sur 11 · G. POYET · texte numérisé non relu

G. POYET

Biblioth. Nationale; Clairambault, 312, fo 137 (original).

Lettres portant don à G. Poyet d'une pension annuelle de 2.000 livres

Coucy, 16 juillet 1535.

Francoys, par la grâce de Dieu roy de France, à nos amez et féaulx les gens de nos comptes à Paris, et trésorier de nostre épargne, présent et avenir, salut et dilection. Savoir vous faisons que nous, regardans et considérans les grandes peines et continuels labeurs que prend et soustient nostre amé et féal conseiller et président en noz parlemens de Paris et Bretaigne, maistre Guillaume Poyet estant de nostre Conseil privé, tant pour l'exercice desdits offices que pour la conduicte et direction de nos plus grans et principaulx affaires qui ordinairement se offrent et surviennent à Tentour de nostre personne, auxquelz nous donnons ordre et provision par l'advis dudit président et autres grans et notables personnaiges de nostre dit Conseil privé, aussy pour luy donner meilleur moyen et afin qu'il ayt mieulx de quoy entretenir son estât et supporter la despence qu'il luy convient faire en nostre dit service, mesmement en nostre court où nous Pavons appelé et voulons

qu'il réside une partie de l'année prés nostre personne, pour assister en noslre dit Conseil privé et nous donner son advis es matières et affaires de grande importance, à quoy et autres charges, dont nous reposons sur luy, il se acquicte vertueusement et travaille continuellement en grant soing et diligence, faisant services très recommandables à nous et à la chose publicque de nostre royaume, à ces causes et autres à ce nous mouvans, avons à nostre dit conseiller et président octroyé et ordonné, octroyons et ordonnons par ces présentes la somme de deux mil livres tournoys de pension par chascun an, oultre et par dessus ses gaiges, pensions et autres bienffaiz qu'il a de nous à cause de ses dits offices, et laquelle pension nous voulons et entendons luy estre doresnavant payée par chascun an, à commencer du premier jour de janvier derrainement passé, des deniers de nostre dite Espargne, en nostre chasteau du Louvre à Paris, selon nos mandemens et acquictz qui en seront chascun an levez et expédiez sur vous, trésorier dudit Espargne. Si vous mandons et à chascun de vous en son regard que de ladite pension de 2.000 livres par chascun an vous faictes et permectez nostre dit conseiller joyr et user plainement et paisiblement selon nostre dit vouloir. Car tel est nostre plaisir, nonobstans quelzconques ordonnances, restrinctions, mandemens ou deffences à ce contraires. Donné à Coussy, le seiziesme jour de juillet, l'an de grâce mil cinq cens trente cinq, et de nostre règne le vingt uniesme. François.

Par le roy : Bayard.

Arch. Nationales; J. 963, n» 34 (Original, scellé sur simple queue).

Lettre de Poyet à Montmorency

Paris, 3 novembre [1538]

Monseigneur, vous avez placé l'herbe et fait venir le fruit à propos pour en estre servy et en user à voslre volunté, comme de celluy qui est creu en vostre jardin et auquel vous avez donné la nourriture et l'entretènement dont il a prins sa perfection.

Monseigneur, je n'ignore point le bien dont il a procédé et que les volages que j'ay faict en vostre compagnie, de vostre grâce et de mon grant eur, ont esté cause de m'avoir mis en quelque estime envers le roy, pour les bonnes et grandes parolles qu'il vous a pieu de luy en porter, et que, quelque propos que le roy eust prins en ceste affaire en vostre absence, si je n'eusse esté si avant en vostre bonne grâce, cela ne m'eust pas esté de grant avancement ; c'est à vous, Monseigneur, vers lequel pour le tout je me doibtz retirer, pour y vouloir vivre et mourir et avoir ceste grâce que de servir le roy en la charge qu'il m'a commise par vostre moyen, selon vostre bon advis et non autrement, ayant désir. Monseigneur, que vous en ayez la congnoissance comme j'en ay la volunté.

Monseigneur, je vous supplie très humblement me vouloir avoir et retenir en affection parfaicte de bon serviteur, et, en ce faisant, je n'auray jamais peine à fère service ; autrement, Monseigneur, j'en appelle Dieu à tesmoing que j'aymeroye mieulx estre en ma maison tel que j'estoye il y a vingt ans ; mais l'espérance certaine que j'ay. Monseigneur, de vostre bonté et amytié me feroit vivre en ce contentement que je n'auray jamais peine de servir.

Monseigneur, je vous mercye très humblement de l'advertissement, que m'avez donné par l'esleu d'Avranche, de

ne me haster d'aller vers le roy; car il m'eust esté impossible d'y aller si lost ; mais ce sera le plus tost que je pourray, vous suppliant, Monseigneur, ce pendant et toujours me voulloir entretenir en sa bonne grâce et en la vostre, et me fère cest honneur veoir ung mot de lettre que je lui escriptz, et, s'il est digne de luy, commander qu'il soit présenté, sinon en ordonner et fère à vostre bon plaisir.

Vostre très humble et très obligé serviteur.

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