Id., loc. cit
.5. Kxactement cnl7I4.3,0i2 hommes, 2.931 femmes, 6,680 g:in;on3,G,311 filles: total, US,',)ti4. — Ccfifun.^ of Canada. 1663 /o 1S71, Ottawa, 1876, vol. IV, p. 49. 6. Ue 1684 a 16'J8 ; de 1703 à 1713.
colonie ^ Mais, en toute justice, il n'y a pas lieu démettre les colons en cause. L'erreur fondamentale de l'historien, c'est qu'il ne croit pas que le Canada ait eu jusque-là de vrais colons. Voyez comme il juge les Français du Saint- Laurent! « La plupart s'étaient contentés de courir les bois. Les plus raisonnables avaient essayé quelques cultures, mais sans choix et sans suite. Un terrain où l'on avait bâti et semé à la hâte était aussi légèrement abandonné que défriché » -. D'un bout à l'autre, le jugement est à reviser. Il n'est pas vrai que la plupart des Canadiens se soient contentés de courir les bois.
Cinq cents coureurs de bois, chaque année ^, entre 1670 et 1715, c'est une déperdition considérable de forces, mais cela laisse pourtant, pour les travaux de la colonisation, en ne tenant pas compte de la participation des femmes et des enfants, de deux à quatre mille hommes*. Et malgré l'Iroquois et malgré l'Anglais, ces colons-là ont, de 1667 à 1719, accru la superficie des terres mises en culture de cinquante mille arpents-^.
Le quinzième livre de l'Histoire philosophique s'arrête à la paix d'Utrecht. Le seizième va nous mener jusqu'à la perte de la colonie.
On conçoit très bien que Raynal s'étende sur l'établisse-
1. La Compagnie de Lî colonie fondée en 1700 fait banqueroute en 1704. — RivEuiN. Mémoire historique à iMunseigneur le comte de Pontchartraiii sur les mauvais effets de la réunion des castors dans une seule main. Aixh.col. Canada. Corr. gén. 22, 1704-1705, fol. aô6.
2. Édit. 1783, Neuchâtel et Genève, t. VII, liv. XVI, p. 262.
3 Mémoire pour faire connaître à MS"" Colbert les désordres causés par les coureurs des bois. — Dlchesniai;, 13 novembre 1681. Arch. col. Canada. Corr. ç;én. 5, 1679-1681, fol. 320.
4. 1.791 en IBS.'); 2.138 en 1692; 2.600 en 1698; 2.876 en 1706: 3. 042 en 1714; 3.816 en 1719. Censures of Canada, 1665 to 1871, Ottawa, 1870, vol. IV, pp. 16. 2^3. 41, 49, 52.
5. Arpents on culture : 11,448 en 1667, 24,827 en 1681, 28,663 en 1688, 26,669 en 1692. 28,110 on 1695, 32,524 en 1698, 43,671 en 1706, 63,032 en 1719. Id., pp. 7, 13, 23, 29, 35, 41, 48, 52.
ment que les Français font à l'Ile Royale' (île du Cap Breton) après le traité d'Utrecht. Cette Ile Royale suscite tant d'espérances^. Pour échapper à la domination anglaise, les Acadiens doivent s'y réfugier en masse. Surtout on s'imagine qu'en dépensant, sans compter, aux fortifications de Louisbourg, on élève à l'entrée de In Nouvelle-France un boulevard inexpugnable, on assure la liberté du passage, on annule les effets désastreux de la cession de l'Acadie et de Terre-Neuve.
Ce fut un échec lamentable. Les Acadiens n'immigrèrent pas à l'Ile Royale. A la vérité, cela ne dépendit pas de leur volonté, et Raynal leur fait une injure gratuite en prétendant « qu'ils aimèrent mieux garder leurs possessions sous la domination de l'Angleterre que de les sacrifier pour des avantages équivoques à leur attachement pour la France-. >» Si les colons de Port-Royal, des Mines, de Beaubassin et de Chipady n'ont point franchi le Bras-d'Or, c'est que, malgré les ordres qu'ils recevaient de Londres, les gouverneurs de la Nouvelle-Ecosse, Nicholson, Vetch, Caulfield, Philipps les ont retenus-^. Quant à Louisbourg, mal défendue en 174.0, hors d'état de se défendre en 1758, la ruineuse forteresse sera, chaque fois, pour l'assaillant anglais une proie facile*. L'Ile Royale n'est qu'un rocher stérile. Elle ne peut subsister sans les secours qui lui viennent continuellement de la France, du Canada, et surtout de sa voisine l'Ile Saint-Jean, aujourd'hui l'île du Prince Edouard, Raynal marque bien le contraste entre les deux îles. D'un côté, une terre qui se
1. Edit. 1783, Neuchàtel et G-^oeve, t. VU, liv. XVI, pp. 203-211.