‹ Guillaume Raynal, historien du CanadaChapitre 25 sur 62 · Id., p · texte numérisé non relu

Id., p

3. « Us veuleat tous partir à l'exception de deux t'amilles », ûcrit Vetch aux lords du commerce, à !a date du 14 novembre 1714. Et il ajoute que le départ des Acadiens avec leurs troupeau:^ dépouillera entièrement la colonie et qu'il aura cet autre inconvénient de procurer aux Frauçais la colonisation « immédiate » du Cap-Breton. Casgr.un. La QuesUon acadienne el le lùipport sur les archives du Canada pour îSd'i. Québec 1S2.5, pp. 4-7.

4. Édit. 1783, Xcuchàtel et Genève, t. VII. liv. XVI, pp. 2S5-2S9.

GUILL-\L'jIE PwAYNAL

refuse à l'agriculture * », de l'autre u un pays uni que la nature avait enrichi de prairies abondantes, par une infinité de petites sources qui la traversaient; un sol extrêmement varié, ouvert à la culture de tous lés grains, du gibier...- ». L'iiistorique n'est pas aussi satisfaisant. Une erreur, mais pour laquelle Raynal a la circonstance atténuante d'avoir suivi Charlevoix^, c'est de représenter l'île Saint-Jean comme abandonnée après la dissolution de la compagnie que le comte de Saiat-Pierre a formée en 1719. A partir de 1720, la nouvelle colonie a des habitants dont le nombre va grandir rapidement ^ Ce qui est juste, c'est que les Acadiens s'y sont portés en masse après la paix d'Aix-la- Chapelle, et surtout après le « grand dérangement ». Mais Raynal reste au-dessous de la vérité quand il fixe le maximum atteint par la population de l'Ile à trois mille cinq cent cinquante-quatre âmes. En ilôl, l'évéque de Québec l'évalue à six mille ^.

La longue période de paix qui suit le traité d'Utrecht est pour le Canada français la période la plus heureuse de toute son histoire et c'e^t aussi naturellement celle où le progrès de la colonie est le plus considérable. Raynal le voit très bien et il a raison de constater que le Nouvelle-France est enfin tirée de l'engourdissement où elle a été si longtemps plongée. Mais ici le philosophe découvre mieux les résultats que les causes. Il a tort lorsqu'il s'imagine que « le bon esprit qui se répand alors dans une grande partie du globe ^ » soit pour quelque chose dans cet essor. Si Louis XV a des

1. Édit. 17S3, Neuchàieî et Genève, t. VTl, liv. XVI, p. 207. 2 Id., p. 212.

3. Charlevoix. Eisfoire de la Nouvelle-France, 1744, in-12, ditTart, t. IV, liv. X.\. pp. 143-149.

4. Dix-neuf familles en 1721, quatre-vingt-une en 1735, six cent cinquante-trois habitants en 174-8. Caschain. Une seconde Acadie, pp. 30, 59, 270.

5. Lettre dé l'évéque de Québec à l'abbé de Villedieu. 30 octobre 1757. Id. p. 3.?0.

Page 1