‹ Guillaume Raynal, historien du CanadaChapitre 27 sur 62 · Ai-ch. col. Canada. Corr. géa. 93. 1749, fol. 1Û · texte numérisé non relu

Ai-ch. col. Canada. Corr. géa. 93. 1749, fol. 1Û

7. Salo.nb. La colonisaticn 4/! la NùuvulU-F rance , p. 3.Ô3.

36 eoiLLAUJite raïnal

<le Giff'aîd, de Maisonneuve, des colons de Colbert. Mais cette fécondité de la race qui est pour Vauban^ et pour f.a Galiààonnière^, la principale raison d'avoir foi dans les destinées de TAmérique française, Raynal ne la connaît pas.

La paix a rendu les colons aux vrais travaux de la colonisation. Aussi bien qu'en hommes la Nouvelle-France croit en richesses. Ces progrés d'ordre économique intéressent vivement Raynal. Ils lui fournissent le thème des meilleurs chapitres qu'il ait consacrés au Canada français.

Sur le développement agricole de la colonie Raynal ne s'en tient pas, comme il le. fait trop souvent, aux généralités. Il dit comment la nature elle-même y « dirige les travaux du cultivateur », comment elle lui apprend « à dédaigner les terres aquatiques et sablonneuses » où « le pin. le sapin, le cèdre, cherchent un asile isolé ». La bonne terre c'est celle que couvrent, en taillis serrés, l'érable, le chêne, le hêtre, le charme, le meribier. C'est à elle que l'habitant peut demander des récoltes abondantes de froment, de seigle, de maïs, d'orge, de lin, de chanvre, de tabac, de légumes, d'herbes potagères^.

Si Raynal n'attend pas grand chose des toisons des moutons canadiens, il apprécie à leur valeur ces petits bœufs dont la chair est exquise, ces petites vaches qui sont si bonnes laitières, ces chevaux qui manquent d'élégance, mais sont " durs à la fatigue et propres à faire sur la neige des courses prodigieuses*».

Voilà qui est exact, intéressant. Quelques chiffres pourtant feraient beaucoup mieux notre affaire. Raynal aurait pu

1. Vadba?!. Ojxhtlé.i, -184-3, t. IV, pp. 1-49. — Desohamps. Eistoir»! de la question coloniale en France, pp. 224-228.

2. La GauS3<.»\nière, 2S octobre 1717. Arrh. col. Canada ('.uw. gon. 87, 17i6. fol. 264; Curr. go». 91. 1748, loi. 116.

3. Édu. 178.3, Ntucbàtel et Genève, t. VII, iiv. XVI, p. 266.

Page 1