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Il ne se rend pas compte quelle est, au carrefour des voies tluviales, la situation privilégiée de la cité de Maisonneuve, et pourquoi elle doit détrôiier Québec.
Ce qui est bien venu, bien vivant, c'est sa description de la région colonisée sur les deux rives du Saint-Laurent entre Québec et Montréal, u Rien de plus délicieux à voir que les riches bordures de ce long et- vaste canal. Des bois jetés çâ et là, qui décoraient des montagnes chevelues, des prairies couvertes de troupeaux, de^ champs couronnés d'épis; des ruis-seaux qui se perdaient dans le fleuve; des églises et des châteaux que l'on découvrait de distance en distance à travers les arbres; tout cela formait une continuité de paysages que l'cail ne se lassait pas d'admirer' ».
Cette fois, il semble i)ien que le charme est rompu, qu'à travers ce paysage enc'nanteur Raynal voit enfin ceux qui l'ont créé, qu'il va faire amends honorable aux colons du Canada. Pas du tout. Le charm^^* ne sera jamais rompu. Tout de suite R,aynal revient à la critique.
Il déplore que ce « spectacle touchant » ne s'étende pas au delà du Saint-Laurent, lise demande pourquoi la colonisation n'a point pénétré dans l'intéri^^ur des terres. Ici, l'historien est mal renseigné. Il n'est pas exact que la colonisation française soit encore, au milieu du xvni^ siècle, limitée aux deux rives du grand fleuve. Elle a commencé à remonter ses principaux affluents : l'Ottawa juscju'au lac . des deux Montagnes, le Saint-Maurice jusqu'aux Forges, la Chaudière jusqu'à ses sources, le Richelieu jusqu'à sa sortie du lac Champlain-. On n'en convient pas moins que le peuplement et la mise en valeur de !a Nouvelle-France n'ont point fait les