Id., p
aux jeunes filles de la haute société de Québec qui u sont tous les jours eu grande toilette autant que pour une réception à la cour^ » et qui cherchent un peu trop à plaire-, voici en quels termes il juge les femmes et les filles des habitants : <( Ici les femmes en général sont belles, elles sont très bien élevées et vertueuses et ont un laisser-aller qui charme par son innocence même et prévient en leur faveur. Elles s'habillent beaucoup le dimanche, mais les autres jours elles s'occupent assez peu de leur toilette... En fait d'économie domestique elles surpassent grandement les Anglaises des plantations qui ne se gênent pas de jeter tout le fardeau du ménage sur leurs maris, tandis qu'elles se prélassent toute la journée, assises, les bras croisés. Les femmes en Canada, au contraire, sont dures au travail et à la peine, surtout parmi le bas peuple; on les voit toujours aux champs, dans les prairies, aux étables, ne répugnant à aucune espèce d'ouvrau-e... » Plus loin, il nous montre «les filles du meilleur monde, avec celles du gouverneur (probablement les filles du baron de Longueil, gouverneur de Montréal) habillées pour l'occasion, aller dans les cuisines et les celliers pour s'assurer que tout était en ordre ^ ».
Évidemment Kalm n'a point célébré la science agricole des Français d'Amérique. Mais aux descriptions flatteuses qu'il donne des campagnes autour de Québec, au long paragraphe qu'il consacre aux procédés de culture employés au Canada^, on voit combien il est loin de partager l'opinion de Raynal sur la paresse des Canadiens. Encore un point où il trouve qu'ils l'emportent sur les Anglo-Américains. Ceux-là il les juge avec sévérité; Il leur reproche de « s'attarder dans l'ornière de la routine, d'épuiser leurs terres^ ».