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La préférence de Kalm pour les Canadiens se manifeste si fortenaeat qu'elle exaspère son traducteur en langue anglaise. John Reinhold Forster, un Allemand qui a été cher- . cher fortune à Londres ^ Forster ne peut se faire â cette idée que des Français puissent être, en quoi que ce soit, supérieurs à ses compatriotes d'élection-. Il se donne beaucoup de mal pour infirmer le témoignage de Kalm, pour le convaincre de partialité.
« L'auteur de ce récit, dit-il dan? sa préface, qui est un Suédois, a une manière de penser toute particulière à l'égard des Anglais en général et des premiers colons et habitants de Philadelphie en particulier. Les Français, ces ennemis naturels (les Anglais, étant depuis plus d'un siècle, les alliés des Suédois, on comprend que ceux-ci se sentent plus d'inclination pour eux que pour les Anglais. D'ailleurs, notre auteur s'est complètement laissé fasciner par la politesse extérieure des habitants du Canada, qui l'ont circonvenu et lui ont inspiré toutes sortes de préventions injustes contre les Anglais ^ » .
Mais, parmi les lecteurs de Raynal, combien ont pu lire le voyage de Kalm, on ne dit pas dans le texte suédois, ou dans la traduction allemande des frères Murray, mais même dans la traduction anglaise de Forster !
Aussi bien que l'auteur de V Histoire philosophique traitât si mal les colons du Canada et si bien ceux des Treize Colonies cela n'est pas fait pour déconsidérer les premiers auprès des Français d'Europe autant qu'on pourrait le croire aujourd'hui. Depuis Voltaire cela est entendu, les Anglais, les Prussiens, tous les peuples méritent d'être proposés comme
1. Jolm Reinold Forster a accompagné Cook dans son second voyage. Il est le ptîre de John-Georg-Adain Forster, qui fut député de .Maj^ence à la Convention nationale. — Article Forster (John-Georg-.-Vdam), Jjidionury of IS'aliomil Biographj, pp. 15-16.