De 1684 à 1698 : de 1703 à
colonie ^ Mais, en toute justice, il n'y a pas lieu démettre les colons en cause. L'erreur fondamentale de l'historien, c'est qu'il ne croit pas que le Canada ait eu jusque-là de vrais colons. Voyez comme il juge les Français du Saint- Laurent ! « La plupart s'étaient contentés de courir les bois. Les plus raisonnables avaient essayé quelques cultures, mais sans choix et sans suite. Un terrain où l'on avait bâti et semé à la hâte était aussi légèrement abandonné que défriché» ^. D'un bout à l'autre, le jugement est à reviser. Il n'est pas vrai que la plupart des Canadiens se soient contentés de courir les bois.
Cinq cents coureurs de bois, chaque année ^, entre 1670 et 1715, c'est une déperdition considérable de forces, mais cela laisse pourtant, pour les travaux de la colonisation, en ne tenant pas compte de la participation des femmes et des enfants, de deux à quatre mille hommes*. Et malgré l'Iroquois et malgré l'Anglais, ces colons-là ont, de 1667 à 1719, accru la superficie des terres mises en culture de cinquante mille arpents ^.
Le quinzième livre de V Histoire philosophique s'arrête à la paix d'Utrecht. Le seizième va nous mener jusqu'à la perte de la colonie.
On conçoit très bien que Raynal s'étende sur l'établisse-
1. La Compagnie de la colonie fondée en 1700 fait banqueroute en 1704. — RiVEniN. Mémoire historique à Monseigneur le comte de Pontchartrain sur les mauvais effets de la réunion des castors dans une seule main. Aî'ch. col. Canada. Corr. gén. 22, 1704-1705, fol. 356.