Édit. 1783, Neuchâtel et Genève, t. VH, liv. XVI, p
3 Mémoire pour faire connaître à Me^ Colbert les désordres causés par les coureurs des bois. — Duchesneau, 13 novembre 1681. Arch. col. Canada. Corr. gén. 5, 1679-1681, fol. 320.
4. 1.791 on 1685; 2.138 en 1692; 2.600 en 1698; 2.876 en 1706; 3.042 en 1714; 3.816 en 1719. Censures of Canada, 1665 to 1871, Ottawa, 1876, vol. IV, pp. 16, 29, 41, 49, 52.
5. Arpents en culture : 11,448 en 1667, 24,827 en 1681, 28,663 en 1688, 26,669 en 1692, 28,110 en 1695, 32,524 en 1698, 43,671 en 1706, 63,032 en 1719. Id., pp. 7, 13, 23, 29, 35, 41, 48, 52.
ment que les Français font à l'Ile Royale* (île du Cap Breton) après le traité d'Utrecht. Cette Ile Royale suscite tant d'espérances. Pour échapper à la domination anglaise, les Acadiens doivent s'y réfugier en masse. Surtout on s'imagine qu'en dépensant, sans compter, aux fortifications de Louisbourg, on élève à l'entrée de In Nouvelle-France un boulevard inexpugnable, on assure la liberté du passage, on annule les effets désastreux de la cession de l'Acadie et de Terre-Neuve.
Ce fut un échec lamentable. Les Acadiens n'immigrèrent pas à l'Ile Royale. A la vérité, cela ne dépendit pas de leur volonté, et RaynaLleur fait une injure gratuite en prétendant « qu'ils aimèrent mieux garder leurs possessions sous la domination de l'Angleterre que de les sacrifier pour des avantages équivoques à leur attachement pour la France'^. » Si les colons de Port-Royal, des Mines, de Beaubassin et de Chipady n'ont point franchi le Bras-d'Or, c'est que, malgré les ordres qu'ils recevaient de Londres, les gouverneurs de la Nouvelle-Ecosse, Nicholson, Vetch, Caulfield, Philipps les ont retenus 3. Quant à Louisbourg, mal défendue en 1745, hors d'état de se défendre en 1758, la ruineuse forteresse sera, chaque fois, pour l'assaillant anglais une proie facile *.
L'Ile Royale n'est qu'un rocher stérile. Elle ne peut subsister sans les secours qui lui viennent continuellement de la France, du Canada, et surtout de sa voisine l'île Saint-Jean, aujourd'hui Tile du Prince Edouard, Raynal marque bien le contraste entre les deux îles. D'un côté, une terre qui se
1. Edit. 1783, Neuchâtel et Genève, t. VIT, liv. XVI, pp. 203-211.