‹ Guillaume Raynal, historien du Canada; étude critiqueChapitre 54 sur 68 · Édit. 1774. La Haye, t. VII, liv. XVIII, pp · texte numérisé non relu

Édit. 1774. La Haye, t. VII, liv. XVIII, pp

fardeau ^ ? » Il reconnaît, d'autre part, que « si le Nouveau Monde a refusé du secours à l'ancien c'est qu'on exigeait de lui ce qu'il suffisait de lui demander » et que, dans la circonstance, « ses refus n'étaient point caprice, mais jalousie de ses droits 2 » .

Dans tous les cas, au contraire de tant de Français qui voient avec satisfaction naître et grandir un conflit dont ils attendent le démembrement de l'empire britannique, Raynal se désole à la pensée ques les Insurgents puissent « embrasser un système absolu d'indépendance. » Il se persuade « qu'un divorce éternel avec la Métropole serait un très grand malheur pour les colonies anglaises 3. » Il prévoit encore, mais ceci est surtout à l'adresse de l'Espagne, que le schisme des Treize colonies doit entraîner, dans les deux Amériques, l'émancipation générale des colonies européennes. Et c'est pourquoi, au nom de leur intérêt bien entendu, il engage les nations rivales de l'Angleterre à ne pas précipiter la révolution « par leurs insinuations ou par des secours clandestins*». Si l'on veut, au reste, pénétrer la pensée véritable du philosophe ce n'est pas dans VHistoire des deux Indes qu'il faut la chercher. Il la donne tout entière, sans réticences, sans concession à l'opinion courante, dans un livre qui a été publié à Dublin en 1781, c'est-à-dire pendant son exil, sous le titre de La Révolution de V Amérique^. Raynal y fait de sombres prophéties. Il voue à l'anarchie l'Amérique vic-

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