‹ Guillaume Raynal, historien du Canada; étude critiqueChapitre 55 sur 68 · Id., p · texte numérisé non relu

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5. La Révolution de l'Amérique est-elle réellement de Raynal 7 II est vraiment difficile de ne pas se prononcer pour l'affirmative avec M. Aulard. « Dans l'article Raynal, de la Biographie Michaud, on nie que cet ouvrage soit l'œuvre de Raynal. et Quérard fait chorus, mais sans donner aucune raison. C'est le style, ce sont les idées de Raynal. Le livre fut publié sous son nom. Thomas Payne en fit paraître une réfutation, Raynal n'en désavoue pas la paternité, et aucun contemporain, que je sache, ne mit en doute que Raynal n'en fut l'auteur. » Aulard. Histoire politique de la Révolution française^ p. 4, note 1.

torieuse. La Révolution de r Amérique provoque une vigoureuse réfutation de Thomas Payne^

Raynal n'a été écouté ni en Amérique ni en Europe. Les Américains ont pris les armes. Ils ont proclamé leur indépendance. Ils ont obtenu Talliance de la France et de l'Espagne, et dès les débuts de la guerre, il semble bien que la coalition soit assurée de l'emporter. Faut-il réclamer le Canada? Faut-il le donner aux Américains? Faut-il le laisser aux Anglais ?

Très nettement Raynal se prononce contre le retour à la France de la colonie perdue. Il s'efforce de convaincre les Français de la nécessité, d'une politique d'absolu désintéressement. Il les adjure de ne pas oublier « que tout domaine séparé d'un état par une grande distance est précaire, dispendieux, mal défendu et mal administré... que renoncer à une contrée que diverses puissances revendiquent, c'est communément s'épargner des dépenses superflues, des alarmes et des guerres et que le céder à l'un de ceux qui l'envient, c'est lui faire présent des mêmes calamités 2. »

Mais que fera-t-on du Canada après la victoire? Raynal accepterait à la rigueur que l'on abandonnât aux Américains l'ancienne Nouvelle-France. Mais, et c'est le conseil qu'il donne à Versailles et à Madrid, la solution la plus heureuse demeure pour lui de laisser subsister, dans le nord de l'Amérique, (( deux puissances qui s'observent, qui se contiennent, qui se balancent 3. » Raynal réclame le maintien de la domination anglaise au Canada.

1. Thomas Payne. Lettre adressée à l'abbé Raynal sur les affaires de l'Amérique septentrionale oii l'on relève les erreurs dans lesquelles est tombé cet auteur en rendant compte de la Révolution de r Amérique, traduite de l'anglais.... Recueil des diverses pièces servant de supplément à l'histoire philosophique et politique des établissemens et du commerce des Etiropéens dans les deux Indes, par Guillaume-Thomas Raynal. Genève, J.-L. Pellet, 1783.

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