‹ Guillaume Raynal, historien du Canada; étude critiqueChapitre 56 sur 68 · Édit. 1780. Genève, in-4, t. IV, liv. XVI, pp · texte numérisé non relu

Édit. 1780. Genève, in-4, t. IV, liv. XVI, pp

3. « Quelle doit être la politique de la maison de Bourbon si elle est victorieuse ? » Id., liv. XVIII, pp. 452-455.

Au surplus, si Raynal est le seul, parmi les philosophes français, à ne pas embrasser chaleureusement le parti des Insurge nts contre les Anglais, quand il préconise le renoncement à toute revendication territoriale dans l'Amérique du Nord, il faut bien reconnaître qu'il est en bonne et nombreuse compagnie. Avec Choiseul qui assure <( que la Corse est plus utile, de toutes manières, à la France que ne Tétait où ne l'aurait été le Canada^ », avec Turgot qui professe qu'il n'y a plus d'intérêt à posséder aucune espèce de colonies^, beaucoup d'hommes de valeur pensent que nous n'avons rien à gagner à nous étendre en dehors de l'Europe.

Voici un excellent officier qui a été un des défenseurs de la Nouvelle-France, l'ingénieur militaire Desandrouins. Dès qu'il apprend que le roi va envoyer un corps expéditionnaire en Amérique il sollicite l'honneur d'en faire partie, et il envoie à Montbarrey et à Sartines un long mémoire où il fait voir combien il importe de soustraire le Canada à la domination anglaise et comment on pourra reprendre Québec 3.

Le lieutenant-colonel Desandrouins est bien renseigné sur l'état d'âme des Canadiens. Il sait quelles sont leurs dispositions (( contre le gouvernement tyrannique de l'Angleterre ». Il ne doute pas de leur fidélité à l'égard de leur ancienne mère-patrie. Il fait état, à l'avance, des nombreux détachements que les habitants fourniront pour l'investissement de Québec. Tout au plus pense-t-il qu'il faudrait déjouer les intrigues de l'évêque que Carleton « a su corrompre » et qu'on serait peut-être forcé, pour rassurer leur conscience, en les dégageant de toute obligation à l'égard de George III, de faire prêter un nouveau serment aux sei-

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